Dimanche 26 février 2012 à 8:37

Notre cerveau : intelligence; langage

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            J'ai fait en janvier 2010 des articles sur l'intelligence et le QI que j'avais complétés par un article du 11 septembre 2011.
            J'ai reçu quelques mails de questions, surtout à propos du QI et vous me parlez aussi du "facteur G". Vous vous interrogez aussi sur la part génétique et la part acquise. Vous me demandez aussi quels sont les endroits du cerveau qui contribuent à l'intelligence.
            Ce sont effectivement des problèmes complexes et je vais essayer d'y répondre au moins en partie, principalement à partir de publications faite par l'Ecole Normale Supérieure de Paris (Institut d'étude de la cognition).

            Lorsqu'on observe les personnes et qu'on se demande si elles sont intelligentes, on constate que les capacités et les talents peuvent être multiples; celui qui excelle dans le maniement du langage peut utiliser moins bien le raisonnement abstrait, alors que tel autre brillant en mathématiques est incapable de gérer sa vie au quotidien.
            Cependant les psychologues considèrent qu'il existe une "intelligence générale", car les données recueillies depuis un siècle sur les tests d'intelligence, un test complet comportant en général plusieurs « sous-tests », montrent que, quels que soient le nombre et la variété des sous-tests utilisés, les performances des individus à tous ces tests sont liées (on dit qu'elles sont corrélées), c'est à dire que les individus qui ont de bons scores à quelques tests réussissent à tous les autres, et inversement.
            Des analyses statistiques plus poussées ont montré qu'un facteur statistique unique pouvait expliquer la majeure partie des différences individuelles de performances. C'est cela qu'on appelle le "facteur G", le QI étant au départ une construction d'Alfred Binet sur le développement de l'intelligence des enfants autour de 10 ans, qui s'est ensuite généralisée, notamment aux adultes.
            Cela dit les nombreux tests qu'on trouve un peu partout, ne reposent pas forcément sur une étude statistique valable et donc sont critiquables.

            Cette notion d'intelligence générale est souvent critiquée  : d'une part, les tests d'intelligence ne mesurent qu'une partie des capacités intellectuelles utiles et, d'autre part, le QI ou le facteur G ne semblent être que des indices statistiques sans réalité biologique.
            Il est exact que le QI ne mesure qu'une partie de nos capacités intellectuelles.
            Parmi les compétences de raisonnement, il tient très peu compte les capacités de planification, d'adaptation ou encore d'inhibition (se retenir d'agir ou de parler par exemple dont j'ai en partie parlé dans mon précédent article), qui jouent pourtant un rôle important dans la vie quotidienne.
            Plus grave encore il néglige totalement les capacités de communication et de relations sociales. Aucune place n'est faite à l'expression et la maîtrise des sentiments et des émotions.
            Howard Gardner, de l'Université Harvard aux États-Unis, a proposé la notion d'intelligences multiples dont j'ai parlé dans mon article du 11/9/2011, et un test notamment complète le QI : le quotient émotionnel, QE.
           Le QI n'est donc pas inutile et sans validité : il a ses limites et ses défauts.

           La notion de facteur G repose donc sur le fait qu'en général celui qui a de bons résultats à un des sous-tests de mesure du QI, a aussi de bons résultats aux autres sous-tests et inversement.
           On peut d'ailleurs expliquer cette corrélation entre les sous-tests : bien que les différents sous-tests semblent chacun mesurer une capacité intellectuelle donnée, en fait chaque test fait appel à de multiples capacités cognitives du cerveau, qui sont utilisées dans des proportions différentes pour chaque test.

            Par exemple le test d'assemblage de formes spatiales pour réaliser des figures ou des objets demande des capacités visuo-spatiales, d'analyse, d'imagination, de coordination visuo-motrice, d'adresse manuelle si c'est un test en vraie grandeur, de rapidité, de décision, d'attention....
           Certaines facultés agissent sur les scores de tous les tests : attention, concentration, observation, compréhension du test....

            L'esprit humain est formé d'un grand nombre de fonctions cognitives, mais aucune n'a vraiment un centre unique du cerveau qui la représente, car c'est le cerveau tout entier qui y participe.
            Certes le cortex frontal et préfrontal a une part prépondérante, puisque c'est lui le chef d'orchestre, mais de très nombreux centres participent à la mémorisation, l'attention et la concentration sont des phénomènes complexes et mal connus, les centres du langages sont mieux connus, mais participent à de nombreux raisonnements et calculs, nos sens sont indispensables pour prendre de l'information, et tout le cerveau émotionnel participe à la vie sociale et à nos sentiments.
            De plus des phénomènes plus généraux comme la myélinisation des fibres nerveuses qui augmente considérablement la vitesse des transferts d'influx nerveux, accroît sensiblement les performances cérébrales.
            C'est donc tout le cerveau qui participe à l'intelligence.

            Les études faites par des chercheurs sur des familles et notamment des jumeaux semble montrer que la part d'innéité est de l'ordre de 50%. Ce n'est pas seulement l'hérédité, mais l'arrangement des neurones au moment de la formation du cerveau dont la dernière étape est en partie due au hasard des connexions ultimes entre axones et dendrites.
            Mais en fait ce chiffre est très fallacieux, car l'innéité ne crée pas un cerveau intelligent. Elle donne une potentialité de le devenir. S'il n'y a pas apprentissage du bébé, éducation de l'enfant, instruction de l'adolescent, perfectionnement et expérience de l'adulte, il n'y a pas d'intelligence.
            Un cerveau qui aurait reçu des possibilités extraordinaires d'intelligence, ne donneraient pas un être intelligent si on ne lui apprend pas à parler, à lire et écrire, si on ne forme pas sa mémoire, et si on le laisse former seul son expérience.
            J'aurais tendance à faire cette réflexion absurde : L'intelligence, c'est 50% d'inné (une potentialité) et 100% d'acquis par la suite.
C'est dans cet acquis qu'on peut trouver 50% d'inné.

 

Par alyane le Dimanche 26 février 2012 à 8:51
L'intelligence est multiforme, les tests ne semblent pas en montrer toutes les facettes.
Par jazz le Dimanche 26 février 2012 à 11:31
bonjour jean-pierre
un coucou musical jazz (pianiste-jazz th.maillard---)
. bon dimanche et A+ du troubadour Emmanuel
 

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