Mardi 31 janvier 2012 à 8:36

Politique, économie, religion.

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On me demande évidemment ce que je pense des discours de Hollande et de Sarkozy.
     Je ne suis, ni expert en politique, ni en économie, donc tout ce que je peux dire n'est guère guidé que par mon bon sens, qui d'ailleurs n'est ni de droite, ni de gauche, mais prêt à approuver toute mesure qui ne serait ni sectaire ni injuste, et qui soit si possible réaliste et efficace. Ce dont j'ai horreur c'est qu'on me raconte des histoires à dormir debout.
 
     Ce qui m'agace aussi c'est que les gens sont de mauvaise foi ou n'écoutent pas l'adversaire et déforment ses paroles volontairement ou pas.

     De toutes façon mon opinion est faite en ce qui concerne Sarkozy, ce qui d'ailleurs ne préjuge pas des mesures qu'il propose.
     C'est quelqu'un de pas assez intelligent pour le poste qu'il occupe, très arriviste, qui de ce fait, a peur des gens efficaces et compétents et s'entoure très mal. Il est peu cultivé, ignorant du passé français et de ses valeurs et a un langage de charretier, ce qui est choquant dans une fonction de représentation de la France.
     Il n'a jamais mis les pieds dans l'industrie et ne sait pas ce que c'est.
     Paraître et se vanter est son habitude;  il joue en permanence à Zorro et au sauveur de la France et de l'humanité, il a une fâcheuse tendance à prendre les autres pour des imbéciles et il est hypocrite sous de faux airs de sincérité courageuse et apitoyée.
     De plus, un bon chef doit déléguer, certes contrôler et aider ses subordonnés, mais surtout ne pas vouloir faire tout tout seul, et écouter les autres et éviter de changer tout le temps d'avis et de se contredire trop souvent, sans avoir des raisons convaincantes. C'est un hyperactif ultra-extraverti, qui parle et réfléchit après. Il me rappelle souvent Louis de Funès dans ses films.
     Bref Hollande n'est pas pour moi l'idéal, mais rien ne pourrait être pire que Sarkozy!
     Mais cela ne veut pas dire que je trouverai forcément ses propositions idiotes : j'ai horreur d'une opposition purement négative.
     De son action, je pense qu'il a voulu dès le départ favoriser uniquement les riches et ceux qui votent pour lui, qu'il a eu raison d'entamer la plupart des réformes qu'il a voulu faire mais que malheureusement, à chaque fois, il n'a pas pris les bonnes solutions, qu'il n'a pas compris l'importance de l'emploi et du chômage et n'a rien fait pour le résorber.
     La crise a bon dos et permet de rejeter la faute sur les autres. Il a bien compris les problèmes des finances internationales mais ne veut pas y toucher car cela choque ses copains des banques et des grandes entreprises. Il récolte ce qu'il a semé.

Venons en à ses mesures :

     La TVA antisociale : j'ai déjà dit ce que j'en pensais dans un article du 10 janvier et je n'ai pas changé d'avis. Certes il faut essayer que nos entreprises soient plus compétitives. Mais ce n'est pas aux salariés seuls de payer la facture et l'augmentation de TVA va encore augmenter la misère des plus pauvres.
     Je ne pense pas que les entreprises embaucheront. Elles sont aujourd'hui dirigées par des financiers, qui, du fait qu'elles auront moins de charges, accroîtront les bénéfices.
Et je suis certain qu'elles répercuteront la hausse de la TVA sur les consommateurs.
Sarkozy a déjà jeté par la fenêtre 5 milliards pour la restauration et bien rares ont été ceux qui ont joué le jeu, soit du consommateur, soit du salarié, ou même fait des investissements.
     Si les employeurs devraient profiter de cette hausse de la TVA, les salariés, les fonctionnaires et les allocataires seront les perdants de cette mesure.
Toutefois, tous les employeurs ne gagneront pas de la même façon selon les charges qui seront finalement abaissées. Les salariés au smic sont actuellement largement exonérés de cotisations patronales, et ces exonérations sont dégressives jusqu'à 1,6 du smic. Si le scénario du transfert de la branche famille devait se confirmer, les employeurs qui versent des salaires plus élevés seront donc plus gagnants que ceux qui n'emploient que des "smicards". C'est injuste.
     Certes on nous démontrera que cela n'augmente pas, mais bien sûr on mélangera toujours dans les indices, ce que nous devons acheter tous les jours et notamment l'énergie (essence, gaz fioul taxés à 21,2%) et ce qu'on achète de temps à autre (TV, ordinateur, automobile).
     De plus quand on me dit que cela favorisera les exportations et pénalisera les importations, à l'instar d'une déflation (puisque le franc n'existe plus, on ne peut en faire), là je ne comprends pas, car la TVA augmentant de la même façon sur les produits français et étrangers, le rapport des prix n'est pas modifié comme dans une déflation.

     L'augmentation du COS : Il ne l'a pas dit ouvertement, mais sa mesure, c'est augmenter partout le coefficient d'occupation des sols de 30%. Alors, à qui cela profitera t'il?
     Un peu à l'industrie du bâtiment, mais cela compensera sa hausse de TVA de 5,5 à 7 %. Sinon : aux vendeurs de terrains car, comme on pourra davantage construire dessus, ils pourront les vendre plus cher, aux promoteurs, à ceux qui peuvent construire des bâtiments neufs, bref aux riches.
Mais ceux qui n'ont pas beaucoup d'argent,ceux qui sont au chômage, cela ne leur apportera rien.
    De plus la plupart des maisons individuelles ne peuvent être rehaussées (pas prévues pour cela, ou à grands frais); quant aux immeubles c'est impossible souvent sur le plan technique et surtout parce qu'il faut en général l'unanimité en assemblée générale, impossible à obtenir (il y a toujours des absents !). Et puis allez vous rehausser votre maison individuelle pour en louer l'étage et créer des logements pour d'autres que votre famille? J'espère que Sarkozy va faire un étage de plus à l'Elysée pour loger des SDF.
    Et si tous faisaient 30% de plus de logements à un endroit donné, y aurait il 30% de plus de routes, d'écoles, de commerces....?

     Les accord de compétitivité : quelle belle dénomination destinée à nous flouer.
     L'assouplissement des accords de compétitivité consiste, en clair, à permettre aux chefs d'entreprise de négocier plus facilement sur les salaires et le temps de travail, pour s'adapter à la conjoncture. Cette mesure, déjà expérimentée en Allemagne, sera très compliquée à mettre en œuvre et va plutôt à l'encontre du slogan phare de M. Sarkozy en 2007 : le "travailler plus pour  gagner plus". Maintenant, c'est "travailler moins pour gagner moins". Cela sauvera t'il des emplois, les expériences passées sont contradictoires.
     C'est par ailleurs, la fin des 35 heures et des heures supplémentaires défiscalisées.
     Cette dernière mesure a coûté en 2010, 22 milliards de rentrées fiscales à l'Etat. En période de crise je comprends qu'on la supprime et cela favorisera un peu l'embauche, mais ce sont encore une fois des salariés modestes qui vont payer la note. La puissance publique se trouve dans un paradoxe : elle subventionne d'un côté la réduction du temps de travail, et de l'autre, un dispositif conçu pour en atténuer les effets. Au fond on sort d'une situation absurde.
 Ce dispositif rétablit le « chômage partiel » (qui a coûté 600 millions à l'Etat en 2009), qui peut aider à passer un cap dans la crise, mais il n'est pas rare que des salariés passent en quelques semaines du chômage partiel aux heures supplémentaires, au gré des fluctuations du carnet de commandes. Cela fait pagaille.

     Taxe sur les transactions financières :  Je n'en parlerai pas aujourd'hui, j'ai l'intention de faire dans quelques jours des articles sur la finance.

     Création d'une "banque de l'industrie" : Nicolas Sarkozy a annoncé la création dès février, avec une dotation d'un milliard d'euros de fonds propres, d'"une banque de l'industrie", filiale d'Oséo, (un service d'Etat très utile, qu'il a privatisé), car "les banques ne prêtent pas assez". Cette banque sera créée parce que "les établissements de taille intermédiaire qui sont le coeur de l'économie n'ont pas assez de crédit", a-t-il justifié. Là je ne ferai aucune critique, mais il copie sur Hollande. Pourquoi n'y a t'il pas pensé plus tôt?

     Des sanctions pour favoriser l'apprentissage : Nicolas Sarkozy a enfin annoncé le relèvement à 5 % du quota de jeunes en apprentissage dans les entreprises de plus de 250 salariés pour faire face au chômage des actifs de moins de 25 ans, qui est supérieur à 20 % en France, selon l'Insee, soit nettement plus que le taux de chômage moyen (9,3 % au troisième trimestre 2011).
D'accord il faut favoriser l'emploi des jeunes. Mais que croyez vous que feront les entreprises pour éviter les sanctions ? : elles vireront les plus de 55 ans pour embaucher des jeunes qu'elles paieront évidemment moins cher. Tout bénef, sauf pour l'emploi globalement.

     Et ne croyez pas, après avoir lu cela, que je sois un anti-sarkoziste primaire, j'ai dirigé de gros établissements industriels, seulement voilà, j'étais ingénieur, et l'entreprise était encore  faite il y a 20 ans, certes pour gagner de l'argent, mais aussi pour donner des emplois, ce qui est aujourd'hui, le dernier souci des financiers et de la plupart des actionnaires. Les ingénieurs savent qu'il faut s'occuper aussi des hommes, et que pour que le travail soit bien fait, il faut être motivé et ce n'est pas en traitant les gens comme des pions qu'on leur donne le goût de leur travail. Autrefois RH voulait dire "relations humaines" et pas "ressources humaine" : c'est une grande différence.
Par alyane le Mardi 31 janvier 2012 à 9:45
Je crois que manière de présenter les faits de manière objective, sont appréciés par tous.
Par coldtroll le Mardi 31 janvier 2012 à 10:04
je partage à ton point de vue.
ta conclusion montre à quel point le "capitalisme" se fourvoie : un pays ne peut plus s'appuyer sur ses entreprises pour maintenir son économie, son emploi, sa santé... puisque les entreprises ne jouent pas le jeu et ne s'intéressent qu'à leur profit et plus du tout à l'intérêt commun, malgré le nombre d'aides qu'elles ont pu recevoir ces deux dernières décennies.
Par LEPENSEURDUJOUR le Mardi 31 janvier 2012 à 11:23
Et dans le temps le directeur des relations humaines gérait un service du personnel, c'est à dire une équipe qui était au service du personnel, alors qu'aujourd'hui tout cela est gérer comme on gère un stock de pièces détachées, la dégringolade a commencé en 1977 et ne fait que s'aggraver au fil des ans, depuis cette époque on maintient la pression sur les salariés en accusant une crise qui ne devrait pas durer mais qui entre aujourd'hui dans sa 35 ième année, il y avait de temps à autre une année ou un semestre d'accalmie, mais depuis 2007 pas un jour de relâche et rien de prévu pour 2012, il serait temps de ce poser des questions sur ce système électoral qui ne permet pas à des hommes qui veulent oeuvrer pour leur pays de se faire connaître
amicalement
Claude
Par maud96 le Mardi 31 janvier 2012 à 13:47
Je ne connaissais pas ce changement, très significatif en effet, des termes qui se cachent sous le terme "RH". Quand les hommes ne sont plus que des "ressources" et donc évalués à la seule aune de leur "profitabilité" pour l'entreprise, on peut penser que le "pays" où est "localisé" l'entreprise est lui aussi jugé sur ce seul critère de "profitabilité" et on s'explique les "délocalisations" sans état d'âme ! La TVA sociale, ce sera donc pour les entreprises qui le veulent un magot de plus pour pouvoir délocaliser !
Quant au petit matou-voleur qui nous sert de président et ne veut pas se déclarer candidat, sauf au dernier moment, il est entrain de se payer sa campagne de propagande aux frais de la République et sur le dos des citoyens ! çà me dégoûte !
 

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