Samedi 28 février 2009 à 8:46

Notre cerveau : mémoire; inconscient; Freud

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    Hier je vous disais que l’un des problèmes qui affecte les souvenirs, c’est leur rappel en mémoire.
    Bien entendu il faut d’abord que le souvenir existe, conscient ou non, et qu’il n’ait donc pas été éliminé, soit rapidement, soit au cours de notre sommeil.

    Pour rappeler un souvenir c’est comme sur le disque dur de votre ordinateur où il faut une adresse. Il faut d’abord la connexion qui mène à un premier groupe de neurones et cette première connexion en entraîne d’autres jusqu’à reconstituer la scène complète.
    Lorsqu’il s’agir d’un souvenir récent peu consolidé encore, c’est l’hippocampe, dans notre cerveau émotionnel qui va faire ce rappel.
    Ensuite si ce souvenir est souvent volontairement rappelé, donc par le cortex frontal qui demande à l’hippocampe de le faire, peu à peu les connexions se renforcent mais aussi celles avec le cortex. . Au bout d’un certain nombre de connexions, le souvenir est relativement stable et de longue durée, et le cortex frontal peut le rappeler sans passer par l’hippocampe.
    C’est notamment très vite le cas pour tous les souvenirs qui ne sont pas des souvenirs de scènes chronologiques (la mémoire épisodique), mais qui sont des souvenirs de connaissances liées au langage (la mémoire sémantique).
    Ces connaissances liées à notre instruction et notre expérience sont très vite directement rappelées par le cortex et sont reliées entre elles par des liens logiques de langage : par exemple le prénom de mon frère, son âge, tout ce qui le concerne, son épouse, ses enfants, sa maison, son métier.....
    Vous avez sûrement déjà dû vous trouver “en panne” d’un mot par exemple, du nom d’une personne que vous rencontrez.... C’est ce premier chaînon qui vous fait défaut. Et puis tout à coup vous vous rappelez un endroit où vous êtes allé avec cette personne, et ce nouveau chaînon vous permet alors de vous rappeler son nom et beaucoup d’autres détails la concernant.

    Voyons rapidement les mécanismes de ce renforcement des connexions.
    A l’origine c’est un neurone particulier qui va agir sur la connexion à renforcer en envoyant un influx au moment où l’on sollicite cette connexion et diminuer le potentiel nécessaire pour la décharge du neurone à l’origine de la connexion désirée. Cette action d’un neurone sur la connexion d’un second, lorsqu’on les sollicite tous deux en même temps, est ce qu’on appelle une “synapse de Hebb”.
    Mais ce renforcement est fragile. Le stade suivant est une augmentation dans les synapses des neurones qui doivent être connectées, de la quantité de neurotransmetteur stocké dans des capsules protéiniques. Et au stade supérieur des dendrites supplémentaires peuvent être créées et permettre ainsi une connexion beaucoup plus forte.
    J'ai décrit le processus de renforcement qui utilise le "cycle de Papez" dans mon article sur les mémoires du 1er février
    Mais le cerveau est plastique et ces transformations sont réversibles.

    Voyons donc le mécanisme de l’oubli :
    Les connexions se renforcent par la répétition du rappel du souvenir. Si nous utilisons souvent un souvenir, une “donnée” (par exemple un numéro de téléphone) le rappel sera de plus en plus facile. Mais supposons que nous changions d’environnement de travail et que nous n’utilisions plus certains numéros de téléphone, nous n’aurons plus l’occasion de les rappeler et  les connexions correspondantes vont s’affaiblir avec le temps. Un jour nous n’arriverons plus à nous souvenir de ces numéros, et notre cerveau aura privilégié les connexions concernant les nouveaux numéros souvent utilisés.
    Mais si une personne nous dit : “tu sais bien c’était tel numéro”, alors tout à coup vous vous souvenez et vous dites “mais oui, c’est vrai !!”. Le souvenir n’était pas encore totalement détruit, mais le rappel en était presque supprimé, comme une adresse d’une information de votre disque dur que vous auriez mise à la corbeille.
     Par contre certains souvenirs qui nous ont marqués sont suffisamment renforcés pour que l'essentiel n'en soit jamais oublié (mais seuls certains détails).
     Il est certain que si vous êtes préoccupée par un sujet, le cerveau facilite les connexions qui lui sont relatives, et le rappel d’autre notions sont plus difficiles.
    Si vous vous détendez il sera plus facile de faire ce rappel.

    Disons donc quelques mots de l’hypnose. C’est un sujet qui ne semble pas passionner les neurologues, et ses mécanismes sont mal connus.
    Pour approcher ce phénomène, rappelons nous comment nous sommes lorsqu’une activité nous passionne ou mobilise toute notre attention (lecture, cinéma, création, sport, passage difficile de conduite automobile, ...), toute notre attention est concentrée sur ce sujet, le temps n’a plus cours, et nous sommes à la fois très attentifs, mais en même temps relativement décontractés, relaxés.
    L’hypnose est un phénomène analogue, mais plus élaboré, utilisée en médecine, et en psychothérapie, qui semble efficace pour lutter contre la douleur, se libérer de certaines dépendances ou mauvaises habitudes (le tabac, le grignotage…), l’anxiété, les troubles de la sexualité et les phobies, même si beaucoup de scientifiques évoquent l’effet placebo..
    La méthode pratiquée par Freud est basée sur la suggestion. La personne face à l’hypnotiseur subit des injonctions verbales, visuelles et corporelles et cette technique part du postulat suivant : “si l’on suggère à un patient de guérir, il peut guérir”.
    La seconde méthode, plus récente et due à Erikson, sollicite la participation active du patient. Il s’agit plus d’un état de profonde relaxation, pendant lequel le patient va pouvoir s’exprimer librement. Le thérapeute utilise des métaphores, c’est-à-dire un langage symbolique, pour guider l’inconscient du sujet et l’amener à trouver lui-même les solutions à ses problèmes.           
    L’hypnose est un état de demi-sommeil ou de sommeil éveillé dans lequel la personne hypnotisée se trouve totalement relaxée, mais ce n'est ni une forme de sommeil, puisque l'on reste toujours conscient, ni une méthode de relaxation, même si cette technique est souvent ressentie comme un état très agréable.
    Il semble que son action se produise essentiellement au niveau du cortex cingulaire antérieur dans le cerveau émotionnel, respondsable notamment des mécanismes d’attention, et par une diminution de l'activité dans les lobes pariétaux et dans le tronc cérébral et des distinctions entre le corps et l'extérieur, donc la délimitation du soi. (étude parue en 2008).
    L’action sur la douleur s’explique car le patient sous hypnose libère davantage d’endorphines qui bloquent les synapses de la douleur au niveau de la moelle épinière et agissent sur l’hypothalamus.
    Il semble que l’hypnose, proche de la relaxation, diminuerait rapidement l’impact des agents stressants et agirait sur la production de cortisol, hormone qui est notamment associée au stress.
    Pour les dépendances, le processus est plus contesté : le praticien va essayer de susciter les suggestions les plus fortes, par exemple l'association tabac-nausées et d'agir sur la dépendance psychologique en y substituant d'autres comportements.
  
  Il semble donc que l’hypnose augmente la relaxation, diminue attention et concentration et diminue les obstacles que pourarit créer ke cerveau émotionnel lorsqu’on veut rappeler un souvenir
    Encore faut il que ce souvenir soit véritable et pas un souvenir “reconstitué”.

    On connaît aussi des cas où le thérapeute a, par ses interrogations orientées, fait se "remémorer" son patient d'un souvenir qui n'a jamais existé d'un événement qui n'a jamais eu lieu !

Par Ruth Bally le Mardi 27 août 2019 à 19:59
Vous faîtes du travail super , c’est pour ça que je suis un grand fan de ce site
 

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