Jeudi 30 janvier 2014 à 8:19

Contraception, condition féminine

http://lancien.cowblog.fr/images/Images2/pictoonzoom1.jpg

     Des correspondantes m’ont demandé ce que je pensais de la modification de la loi sur l’IVG. Je vais donc essayer de faire un petit historique, 39 ans après l'adoption de la loi Veil.
    Le 17 janvier 1975, madame Veil avait réussi, après un long combat, à faire adopter une loi légalisant l’l’interruption volontaire de grossesse, considérée jusque là comme un délit, tant pour la femme que pour le médecin qui la pratiquait.
    Toutefois la loi était encore imparfaite car elle avait eu beaucoup de difficultés à être adoptée.
    Elle imposait trois conditions :
        - que l’IVG soit fait dans les 12 premières seamines de grossesse, ce qui correspond biologiquement au passage de l’embryon, à un foetus doté d’un cerveau qui assure sa vie (mais non sa viabilité, le foetus ne pouvant vivre extérieurement avant au moins 22 semaines).
        - des entretiens préalables avec la mère pour s’assurer qu’elle était bien décidée à avorter et pourquoi, et qu’elle n’était pas sous la contrainte du père.
    Il m’arrive d’essayer d’aider des jeunes en difficulté, et donc j’ai pard-fois recueilli les confidences de jeunes filles qui ont dû subir un IVG. Je peux vous dire que c’est assez pénible et notamment ces entretien étaient très éprouvants.
        - l’IVG était autorisé pour un e femme « en situation de détresse », mais cette clause, faite pour rassurer les opposants était très vague, puisque la loi précisait que c’était aux femmes d’apprécier cette situation, après un examen par le conseil d’Etat en 1980.
    Mais certains médecins et personnes chargées des entretiens essayaient de se servir de cette notion pour dissuader leur patiente.

    Plusieurs étapes ont amélioré la loi :
    En 1992, la réforme du code pénal a enfin mis ce code en conformité avec la loi Veil, en supprimant le fait que l’IVG était considérée comme une dérogation à un délit.
    En 1982 un remboursement partiel a été mis en place, mais il a fallu attendre 2013 pour que ce remboursement soit remboursé à 100 % à toutes les femmes.
    En 2001, les entretiens préalables très pénibles moralement,  ont été supprimé, du moins leur obligation, qui retardait l’opération, ce qui était très dommageable car si l’IVG peut être pratiquée par voie chimique (une pilule analogue à la pilule du lendemain, qui a été mise en vente en 1999), pendant les 7 première semaines, il faut ensuite une petite opération chirurgicale, au de la de ce délai.
    La suppression de la notion de détresse ne change pas grand chose en pratique, mais c’est symbolique et cela empêche de mal utiliser cette clause. En fait les partisans anti-IVG ont fait beaucoup de bruit pour peu de chose, ce qui montre bien leur manque d’objectivité.

    En fait si le nombre d’IVG a augmenté légèrement de 1990 à 2006, il est actuellement stable.
    Il y a environ 220 000 IVG pratiqués chaque année en France dont 15 000 sur des mineures, avec une proportion maximale de la population de 2,7 % pour les femmes de 10 à 24 ans.
    Toutefois on estime qu’environ 1/3 des femmes ont recours à l’IVG durant leur vie.

    Personnellement je pense que l’amendement est une bonne chose, mais qu’il ne résout pas les problèmes.
    Certes l’IVG est un progrès par rapport au avortements clandestins qui mettaient la vie des femmes en danger, mais il reste une opération pénible physiologiquement, et beaucoup plus éprouvante qu’on ne croit, psychologiquement. J’ai eu plusieurs fois l’occasion de le constater.
    Je trouve donc que la loi ne met pas assez en avant que l’IVG ne devrait être un recours que lorsque la contraception a échoué, et il n’y a pas assez d’effort fait en faveur de la contraception.
    D’une part, il est indispensable que la contraception soit gratuite pour les mineures (visite médicale + médicament) sans passer par les parents s’il y a problème avec eux. La question se pose aussi pour les étudiantes qui doivent financer leurs études (bourse ou travail) et pour les chômeuse.
    Mais surtout l’information est extrêmement mal faite, tant pour les filles que pour les garçons, notamment au collège ou au lycée, et il existe des croyances totalement aberrantes. Il n’y a pas non plus assez de lieux de conseil , car la pilule n’est pas toujours le moyen le mieux adapté et les autres moyens sont peu connus.
    Je crois que l’on devrait montrer aux jeunes (filles et garçons, lesquels n’ont aucune idée du problème), que l’IVG n’est pas un moyen de contraception, mais une opération pénible lorsqu’on ne peut faire autrement, mais que la contraception lui est bien préférable.
    Enfin il est anormal que les médecins, même catholiques, aient des réticences à conseiller les femmes en matière de contraception.

    Quant aux détracteurs de l’IVG, qui sont souvent les mêmes que ceux du mariage pour tous, j’estime qu’ils ont parfaitement le droit de penser qu’on ne doit pas être homosexuel, ni utiliser l’IVG ou la contraception, si leurs valeurs les en empêchent, mais qu’ils appliquent cela à eux mêmes, et qu’ils laissent les autres libres d’avoir d’autres valeurs et une conduite différente, tout en respectant la loi de la République.
    Quelque soit leur religion, les intégristes qui veulent imposer à tous leur principes, sont des gens intolérants et des égoïstes, et dans bien des cas, des gens dangereux dénués de scrupules et recherchant le pouvoir sur les autres, ou des gens qui sont dénués d’une « intelligence sociale », complément indispensable de l’intelligence classique (QI).
Par maud.amigo le Jeudi 30 janvier 2014 à 15:14
Pour avoir subit une IVG, je confirme qu'il s'agit de quelque chose de psychologiquement marquant... Mais c'est une chance qu'on a de pouvoir rattraper une erreur faite. Quand un enfant n'est pas désiré, on a le droit de reprendre son destin en main et l'IVG le permet. Je l'ai pris comme une leçon, et mon choix de ne pas aller au bout de ma grossesse était largement motivé. Le père ne comptait pas assumer, j'étais étudiante, je ne pouvais pas l'assumer financièrement, pas d'emploi stable, pas de logement fixe. Comment offrir un avenir à son enfant comme ça? J'adore les enfants et j'ai refuser d'imposer ça au mien et de risquer que les services sociaux me l'enlèvent, car il faut aussi penser à cela. Aujourd'hui ça va très vite pour enlever la garde des enfants. L'IVG est un droit que l'on doit garder et respecter.
Par maud96 le Jeudi 30 janvier 2014 à 22:19
Position très équilibrée et surtout ouverte, sur un pbm difficile... Maud A., dans son témoignage ici, raconte un fait de vie fréquent chez chez les étudiantes de tous pays...
 

Ajouter un commentaire









Commentaire :








Votre adresse IP sera enregistrée pour des raisons de sécurité.
 

La discussion continue ailleurs...

Pour faire un rétrolien sur cet article :
http://lancien.cowblog.fr/trackback/3260112

 

<< Page précédente | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | Page suivante >>

lancien

sortir de la tristesse

Créer un podcast