Mercredi 17 mars 2010 à 8:27

Enseignement, école, fac

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   Comme je le disais à Maud, un "J" qui veut maîtriser les événements, écrit plusieurs articles d'avance, mais s'adapte ensuite, car parfois heureusement il réagit aussi en "P", lorsque l'actualité vient lui suggérer un article, et il est heureux de faire ainsi.
    J'ai rédigé une journée entière tous mes articles sur les préférences cérébrales (il faut avouer que je faisais un "cours" sur ce sujet à la DASS la semaine suivante), et je les publie peu à peu.
    Mais de même qu'hier j'ai voulu rendre hommage à Jean Ferrat, aujourd'hui je veux réagir à une information entendue à la télé, qui a fait me poser des questions par certain(e)s de mes correspondant(e)s.

    Remplacer les professeurs et instituteurs absents par des étudiants et des retraités, est ce possible ?
    Il est certain que ce n’est pas possible de laisser les élèves sans professeur, dès qu’il s’agit d’une durée importante dépassant quelques jours.
    Je conçois ausi que le remplacement n’est pas simple, car on ne peut pas avoir sur place en permanence quelqu’un capable de faire ce remplacement (il y a beaucoup de matières), et  si on prévoit un certain nombre de professeurs dans ce but, ils vont être sans cesse à se déplacer loin de leur domicile pour effectuer ces remplacement au fur et à mesure des absences.
    Certaines absences cependant sont prévisibles et de lkongue durée comme certaines maladies ou surtout les départs en retraite et les congés maternité.
    On ne peut pas non plus remplacer provisoirement par un professeur sur place en plus de son cours. Chacun a sa spécialité (je ne vois pas un prof de gym enseigner le latin ou le français), et ce serait une charge trop importante si elle durait.

    J’ai cependant été étonné de voir le ministre envisager de remplacer les professeurs absents par des étudiants (en quoi?) ou des retraités (de quel métier) et un peu choqué que le ministre n’ait pas parlé de la rémunération de ces personnes. J’espère qu’on ne demande pas du bénévolat !.
    Je fais personnellement beaucoup de bénévolat, mais parce que personne ne me l’impose et parce que cela me plaît et que par ailleurs ce n’est as u travail très pénible. Rien de comparable avec des cours nombreux à faire à des élèves chahuteurs.

    Je suis persuadé qu’il existe des jeunes étudiants compétents et dynamiques, pleins de bonne volonté et qui ne demanderaient pas mieux que de gagner un peu d’argent. Ce serait faire des corrections de copie, je pense qu’ils sauraient le faire. Des cours de rattrapage à de petits groupes motivés, sûrement aussi.
    Mais les lâcher dans la cage aux fauves sans aucune formation pédagogique me paraît assez hasardeux. Un médecin n’est pas confronté seul après sa quatrième année D2. Il va encore faire quatre ans d’externat et/ou d’internat pour apprendre peu à peul’exercice de son métier. Certes un prof peu formé est moins dangereux pour les élèves qu’un médecin, maisil a aussi besoin d’apprendre son métier qui ne s’improvise pas.

    Pour les retraités, si c’est un ancien prof ou instituteur et qu’il est encore très valide, bien sûr il serait compétent.
    Un retraité non prof pourrait être techniquement compétent (je pourrais sans problème faire des cours de maths ou de physique chimie jusqu’en terminale). Au plan pédagogique, je pense que je n’en aurais pas non plus car l’expérience du métier et de nombreux cours que j’ai faits à mes petits enfants ou autres jeunes m’ont montré que j’étais relativement efficace. Par contre je ne sais pas si je saurais jouer le rôle d’un institt qui apprend à lire à ses élèves.
    Et surtout,  saurais je me faire respecter d’une classe de jeunes chahuteurs d’aujourd’hui. Je ne le sais pas. Et si cela m’amuserait d’essayer, je ne sais pas si cela tournerait bien ou mal et si je tiendrais le coup facilement, car c’est beaucoup plus fatigant qu’on ne le croit..

   
Bref vous qui m’avez demandé ce que je pensais sur cette question, vous me voyez assez réservé sur ce problème, mais je pense qu’il vaudrait mieux l’avis d’un prof esseur ou d’un instituteur que le mien.


Nota : Excusez moi, pour une raison inconnue la fin de l'article avait été supprimée; je l'ai rétablie.

   
Par MiMiNe le Mercredi 17 mars 2010 à 9:04
c'est pas des retraités de l'éducation national ? j'ai cru entendre ça...
par contre ils existent des professeurs qui font que des remplacements non ? je sais plus comment ça s'appelle... de plus c'est sûr qu'ils peuvent pas compter sur leurs collègues pour les remplacer même quelques heures vu qu'on remplace plus ceux qui partent en retraite donc ils sont déjà surchargés... mes professeurs d'atelier nous ont expliqué ça... le bac pro passe en 3 ans deux profs partent en retraite on remplace pas y'a bien assez... ;/ pourtant faut toujours apprendre le même bac !
et mes professeurs de matière générale eux pour certains comme mon prof d'histoire géo fessait Reims/Chalons en champagne plusieurs fois par jours juste pour donner quelques heures de cours, jusqu'à ce qu'il est un accident de la route, on a eu le droit à un monsieur assez âgé (on s'est réellement demandé si il était pas à la retraite on a jamais su) puis un deuxième puis un troisième... je sais pas trop ce qui est le mieux ne pas avoir de prof ou avoir trop de profs et au final ne rien apprendre... (si le dernier a bien fais son boulot) donc à voir !
Par MaxenceM le Mercredi 17 mars 2010 à 11:42
Oui, il me semble bien qu'il existe des profs qui remplacent uniquement d'autres profs et vadrouillent un peu d'un établissement à l'autre. Il me semble d'ailleurs que cette catégorie d'enseignants a été plus touchée que les autres par les suppressions de poste de ces dernières années. Il me semble me rappeler, du temps où j'étais un lycéen engagé, que certaines personnes se plaignaient qu'il y ait autant de profs qui soient payés sans travailler (forcément, tant qu'il n'y a pas d'absent). Donc voilà, on les supprime puis, quand on se rend compte qu'ils sont en réalité nécessaires, on appelle étudiants et retraités, sûrement payés mais de façon moindre. Scandaleux !
Par Jiminy le Mercredi 17 mars 2010 à 12:18
Ma prof de géo vient de Bordeaux pour enseigner en amphi ET en TD. Ca fait du boulot, de la route, et quand elle est pas là, on le sait que le jour même, à 8H.
Je pense qu'on devrait augmenter le nombre de profs, et constituer une 'réserve' en cas d'absence imprévue, bien que je sache que là, c'est de l'utopie.

Etudiant en deuxième année, ça me plairait d'enseigner ponctuellement, pour dépanner, à des petits groupes en histoire, par exemple pour remonter un niveau faible. Mais j'avais jamais entendu parler de ce genre de dispositif.
Quant à employer des retraités, ça leur fait de l'argent en plus, j'imagine qu'ils crachent pas dessus, mais si c'est au détriment de profs encore en âge d'enseigner et qui ont pas de poste fixe, c'est quand même dommage...
Par kaa le Mercredi 17 mars 2010 à 12:45
Encore une fois, on privilégie les heures supplémentaires ou les vacations au détriment des postes d'enseignants qui fondent à vue d'oeil ces dernières années.
Le problème du remplacement a toujours existé : On remplace par un TZR (titulaire sur zone de remplacement) à partir de 15 jours. On demande aux médecins de ne pas mettre d'arrêt de travail de plus d'une semaine (quitte à le renouveler ensuite) ... cherchez l'erreur !
Si de plus on sait qu'il y a de moins en moins de ces TZR, le problème ne fait que de s'accentuer.
Pour les remplacements de courte durée, un sollicite les professeurs de l'établissement à qui on demande encore de faire des heures sup. On leur en demande déjà plus pour compenser les suppressions de postes, pour assurer l'accompagnement éducatif mis en place depuis 3 ans ... Il y a un moment où ils saturent et refusent, ce que je peux très comprendre.

la suppression de postes est en cours, elle va continuer, et les problèmes ne vont que s'accentuer dans l'avenir.
Donner des classes à des retraités, à des étudiants non formés, ça assurera peut être des heures de cours, mais je ne pense pas que la pédagogie y gagne. On aura juste mis des adultes en face des élèves et on aura la conscience tranquille.
Par maud96 le Mercredi 17 mars 2010 à 12:55
A mon avis, un système voulu et inavoué de désorganisation de l'enseignement public français, le but étant de pousser les parents à inscrire leurs enfants dans l'enseignement privé, où les choses se passent mieux. Ainsi, on pourra "diminuer" le nombre de classes dans le public et réserver celui-ci à des classes plus pauvres ou marginales. Exactement le modèle US ou Canadien...
Au Canada, où il n'existe aucune université à scolarité non payante (en sus des droits d'inscription, tout "module" est payant, et les corrections aussi), il est question d'augmenter fortement ces "fees".
Par orchidee le Mercredi 17 mars 2010 à 15:35
Ce qu'il y a de malheureux, et qui me donne presque envie de pleurer, c'est de voir qu'on veut remplacer les professeurs absents par les retraités et les étudiants, alors que l'on supprime des postes, ferme des classe et limite le nombre de prétendants au titre de professeur. A côté de ça, il est évident qu'un étudiant n'est pas prêt à assumer la responsabilité d'une classe, c'est d'ailleurs pour cela qu'on le forme (pitoyable également la réforme qui touchera bientôt à leur formation : moins de stages sur le terrain, plus de théorie : doit-on en rire ou en pleurer?).
Je ne conteste absolument pas la capacité des retraités à ré-enseigner, mais ces derniers en ont-il:
1 : réellement envie?
2: les moyens? Je prends l'exemple d'un Docteur en Chimie qui s'est retrouvé devant 35 élèves de ZEP...
Et comme beaucoup, je me pose la question de la rémunération de ces personnes... impossible en ce qui me concerne de ne pas m'inquiéter de l'avenir de ceux qui me suivent dans leur scolarité...
Par alyane le Jeudi 18 mars 2010 à 9:08
J'ai vu des plaquettes publicitaires à la fac cette semaine à ce sujet, mais il n'était pas mentionné de salaires quelconques,je les ai peut être mal lues.
Les enseignants sont mal formés pour la pédagogie, tandis qu' en Allemagne, ils ont des cours...Nous, on apprend sur le tas...
Par alesia le Jeudi 18 mars 2010 à 12:50
Il manque la fin de votre article =)

Pour ma part, je corrige des copies d'élèves, et je ne suis pas prof... C'est possible de le faire à partir d'un niveau Master 1 (ou équivalent) dans la matière où on étudie, et c'est très enrichissant (et très mal payé également, mais bref !)

Par contre, il faut se méfier des raisons données par l'éducation nationale quand au remplacement par les étudiants ou les retraités. Bien souvent, il serait possible de mettre un "vrai prof" en fonction, seulement, cela coûte beaucoup moins cher de mettre en poste quelqu'un qui n'est pas titulaire du diplôme du CAPES/Agreg...
 

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