Mardi 13 août 2013 à 8:31

Eveil, sommeil, rêves

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            Certaines de mes correspondantes sont étonnées quand elles se rappellent avoir entendu des bruits réels pendant leur sommeil.
            Ceci n'a rien d'étonnant car le sommeil ne nous coupe pas complètement du monde, pour des raisons de sécurité.
 
            Bien entendu, nos yeux étant fermés, nous n'avons pas de signaux visuels, et comme nous ne mangeons pas, notre goût n'a pas l'occasion de fonctionner..
            Par contre nous avons, pendant le sommeil, une certaine sensibilité aux sons et aux odeurs.
 
            L'odorat est peu sensible pendant le sommeil. Si on soumet une personne endormie à une odeur relativement neutre, la personne n'a aucune réaction. Par contre si on la soumet à une odeur âcre, irritante, des réactions se produisent, pouvant aller, lorsque la concentration est suffisante jusqu'au réveil dans la moitié des cas, si le sommeil est léger et dans un tiers des cas dans un sommeil paradoxal.
 
            Par contre la personne endormie est relativement sensible aux sons. Soumis à un son de 80 décibels (le bruit d'un moteur de voiture), les dormeurs sont réveillés dans 82% des cas.           
 
            La douleur est le signal le plus perçu. Au même niveau que les sons en cas de sommeil léger, par contre la douleur reste encore perçue en cas de sommeil paradoxal et même de sommeil profond.
 
            Les signaux des odeurs sont analysés par le bulbe olfactif, puis sont transmises via le cerveau émotionnel éventuellement au cortex préfrontal. Elles atteignent aussi le thalamus par une voie parallèle.
            Les sons par contre passent directement par le thalamus qui les envoie ensuite (comme les signaux de vision) vers les centres d'interprétation. C'est le thalamus qui ensuite alerte éventuellement le cortex préfrontal.
            Les signaux d'odeurs et de sons sont donc déformés par une certaine filtration, mais ils peuvent cependant parvenir atténués, jusqu'à la conscience, au point de réveiller l'individu, en cas de danger supposé.
            Lorsque l'on parle à un dormeur dont on relève les signaux électriques et magnétiques transmis dans le cerveau, on constate des impulsions dans certains cas particuliers : par exemple quand on prononce le nom ou le prénom du dormeur.
            Pourtant le thalamus fonctionne très différemment pendant le sommeil, car au lieu de transmettre des signaux à une fréquence de 40 hertz, il ne fonctionne plus qu'à une fréquence de 4 hertz environ (voir mon article du 6/2/2013).
            Malgré ce fonctionnement au ralenti, le thalamus laisse passer des signaux de sons, même s'il les déforme légèrement.
 
            Un autre phénomène est l'influence sur nos rêves des perceptions que nous pouvons avoir lors de micro-réveils, ou de réveils plus importants. On m'en parle de temps à autre, et c'est toujours un problème que d'en comprendre l'origine.
 
         Enfin pour répondre à la question “est ce qu'un stimulus sensoriel peut provoquer un rêve”, il faut bien distinguer les sensations passées mises en mémoire que l'on élimine et qui sont le matériau des rêves (dont on a ou non conscence) et les stimuli pendant le sommeil.
         Pour les stimuli extérieurs qui se produisent pendant le sommeil, la réponse est oui dans la mesure où ce stimuli nous réveille pendant au moins un court instant. Ce peut être aussi un stimulus dû au fonctionnement de notre corps.
         Je vais prendre trois exemples un peu extrêmes pour me faire comprendre :
 
    - je dors et on fait tomber un gros objet par terre dans la chambre voisine qui me sort quelques secondes de mon sommeil au moment où j'éliminais des images dérangeantes vues la veille au journal télévisé, sur les guerres en Afrique. Mon cortex qui se réveille essaie de raccorder un grand bruit au images et il me “raconte” que je suis au milieu des combattants et qu'un obus est tombé pas loin.
 
    - je dors et il y a de grands coups de vent qui mugissent dans ma fenêtre entrouverte, alors que j'élimine des images d'une sortie en mer la veille, images inutiles parce que non extraordinaires. Ce bruit me réveille quelques secondes et mon cortex me suggère qu'un coup de vent arrive sur mon bateau et qu'il faut se dépêcher de déborder les voiles et de me mettre au rappel.
 
    - je dors et je me suis trop tourné la tête presque dans mon oreiller, alors que je suis légèrement enrhumé. J'ai beaucoup de mal à respirer et cela me réveille un peu.
         Je rêvais que j'étais au bord de la plage en train de regarder la mer. Mon cortex réagit et d'une part veut expliquer mon étouffement et d'autre part le cerveau veut que je respire. alors il va chercher en mémoire des images d'une grande vague qui arrive et me suggère que je suis en train de me noyer. Je me débats (ou je pense que je me débats), je me retourne et du coup je me réveille en sursaut en respirant une grande bouffée d'air.
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