Mercredi 30 novembre 2011 à 8:18

Violence

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        Parmi les problèmes les plus difficiles que j’ai rencontrés auprès de mes correspondantes, je n’ai, je crois, jamais parlé dans mon blog, des viols
        J’ai toujours pensé que c’était trop personnel et trop délicat à traiter autrement que dans l’intimité.
        Mais deux de mes correspondantes m’ont demandé de faire un article à ce sujet, et je vais donc essayer de faire quelques constatations générales.

   
        Tout le monde sait en théorie ce qu’est un viol, mais peu savent vraiment les ravages et les traumatismes qu’ils peuvent causer.
    C’est aussi ce qui m’a incité à écrire cet article, mais malheureusement ce ne sont pas des violeurs potentiels qui le liront.

        Le viol qu’il soit l’objet d’un seul - que cette personne soit ou non connue de la victime - ou pire encore en groupe - ce que l’on qualifie de l’affreuse expression de “tournante”, - c’est un crime et la justice a raison de le qualifier ainsi, car c’est pour une femme et à fortiori une ado, la pire des agressions.
        Mais certains actes ne sont pas qualifiés de viols et sont presque aussi traumatisants : je pense à des soirées très arrosées avec consommation d’alcool et de cannabis, à l’issue desquelles les garçons comme les filles, ne raisonnent plus normalement, et les jeunes ados sont dans un état tel qu’elles ne peuvent plus opposer aucune résistance. Il n’y a pas viol manifeste, mais il n’y a pas consentement non plus, et dans certains cas, il arrive même que personne ne se rappelle de façon précise ce qui est arrivé exactement.
        Il n’empêche que de telles circonstances sont par la suite, presque aussi traumatisantes psychiquement pour une jeune fille que les viols réels. Je les considère aussi comme une agression au même titre que les viols, même si, aux yeux de la justice, ce n’est un crime que dans la mesure où l’on pourrait prouver que l’on a forcé la victime contre son gré, et cette preuve est en général difficile.

        Aujourd’hui je parlerai des séquelles des viols et dans mon prochain article de la façon dont on peut aider leurs victimes.

       J’ai été amené, depuis six ans, à essayer d’aider une vingtaine de jeunes qui avaient subi de telles agressions.
       J’ai plusieurs fois essayé de  rassurer des personnes, ados, jeunes femmes ou personnes plus âgées qui avaient subi une agression non sexuelle : vols à l’arracher, brutalités, voire une fois une blessure sérieuse.
       Même dans le cas de blessures, le traumatisme était moindre que celui d’un viol , non sur le plan physiologique, mais sur le plan psychologique et sentimental à moyen terme.

        Le plus souvent, sauf quand il y a eu des violences physiques importantes, des coups ou une sauvagerie dans le viol entraînant des blessures locales, les victimes ne ressentaient pas de traumatisme et de souffrance physiologiques.
        Par contre, toutes les jeunes qui avaient subi de telles agressions, avaient d’abord un sentiment de honte, non seulement vis à vis des autres mais aussi vis à vis d’elles mêmes, l’impression d’être salies.
        Ce sentiment est sûrement une réaction de l’inconscient car il n’y a aucune réalité physique et aucune d’entre elles n’a pu m’expliquer la raison de ce sentiment extrêmement fort et stressant, qu’il est difficile de combattre.
    Bien sûr elles avaient aussi un haine vis à vis des auteurs de l’agression, mais on l’aurait à moins, et finalement ce sentiment est plutôt salutaire, car il est possible de s’appuyer sur lui pour remonter la pente.

        L’agression  entraîne un  traumatisme d’autant plus important que l’on n’ose en parler à personne et que l’on garde la blessure pour soi longtemps, 
        Le souvenir de la scène est lancinant, revient en permanence et vous obsède et peut mener peu à peu, à la dépression.
        La jeune voit - à tort -, tout avenir condamné pour elle, presque comme si elle avait contracté une maladie incurable.

        Troisième séquelle, qui dure en général longtemps, ces agressions entraînent chez les victimes une peur des hommes.
    Peur évidement de circuler dans la rue , les transports en commun, les lieux publics, de crainte d’une nouvelle agression.
    Mais peur du contact avec n’importe quel homme, voire même des garçons amis. Là encore c’est une réaction de l’inconscient contre laquelle il est difficile de lutter, une obsession, une phobie.
    C’est une répulsion difficile à surmonter mais qui finit par s’atténuer.    Mais il subsiste ensuite en général, une horreur instinctive de toute relation sexuelle et donc une crainte de toute relation amoureuse, qui dure parfois longtemps.
        Il est très difficile de sortir seule de ces pièges; et même si par la suite; un amour sincère et une confiance s’établit avec un “petit ami”, il faudra à celui ci beaucoup de patience et de délicatesse, pour arriver à faire disparaître cette répulsion.

    La plupart de celles que j’ai pu aider n’avaient parlé à personne de ce qui leur était arrivé ou parfois à une amie mais qui n’avait su comment les aider, si ce n’est par son amitié.
    Certains parents n’avaient pas non plus su comment aider leur enfant et en général avait fait appel à un psy et je dois constater que ce recours n’avait la plupart du temps, fait qu’ajouter à la honte ressentie par la victime et les médicaments antidépresseurs administrés rajoutaient plutôt au malaise de l’adolescente.
    C’est donc très difficile d’aider celles qui ont subi de telles agressions et je n’ai réussi à aider à remonter complètement la pente que certaines d’entre elles.
    Le plus difficile c’est d’arriver à surmonter l’état de dépression, de désespoir ou au mieux de grande tristesse, qu’entraîne le choc et aider ne suffit pas, il faut une grande volonté à la victime pour remonter la pente, et l’environnement familial et scolaire est également un facteur important.
   
Et évidement dans cette volonté de s’en sortir, la personnalité de la jeune fille est un facteur prépondérant.

    Nous reparlerons de ceci dans mon prochain article.
Par autresrimes le Mercredi 30 novembre 2011 à 10:15
bonjour Jean-pierre
très bon article sur un sujet pas toujours simple à aborder.

après un viol j'imagine pour celles qui l'on vécu, y'a toute une humaine reconstruction interieure sur le chemin de la vie pour reaprendre à retrouver confiance et avancer vers un mieux être,
mais tout en ne pouvant oublier ,donc surement loin d'être facile.

A+ du troubadour Emmanuel
Par Promis.A.L-Echec le Mercredi 30 novembre 2011 à 20:29
Alors disons simplement que je me focalise sur mes défauts puis que je suis parallèlement perfectionniste, ce qui n'arrange rien. Merci pour l'adresse.
 

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