Jeudi 17 juillet 2014 à 8:55

Biologie, santé.

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    L'anesthésie générale est un acte courant. Chaque année, 9 millions sont faites en France, soit près de 25 000 anesthésies générales par jour.
    Le risque zéro n'existe pas mais les risques de décéder pendant une anesthésie générale sont très faibles : la mortalité directement imputable à l'anesthésie est désormais inférieure à 1 pour 100 000 anesthésies. Il peut y avoir des effets indésirables, mais globalement, ils sont de mieux en mieux contrôlés, à la fois parce quelles produits anesthésiques ont fait des progrès, mais surtout parce que l’état du patient est mieux contrôlé avant (consultation préalable), pendant, et après l’opération (salle de réveil).       
     Pendant l’anesthésie, de nombreux paramètres sont surveillés : fréquence cardiaque, respiration, pression artérielle, saturation des gaz du sang, surtout l’oxygène, température…
    Les produits anesthésiques ont une durée d’action plus courte, on les dose au minimum en fonction de l’opération, et on renouvelle au besoin l’administration pour que le patient ne se réveille pas. On peut éventuellement être allergique à certains de ces produits, mais cela est en général détecté lors de l’entretien préalable, et la surveillance est particulièrement fite dans ce domaine en début d’anesthésie.
    Des systèmes d’assistance respiratoire et d’intubation sont prêts à être mis en place pour aider éventuellement à respirer.

    Certains effets de l’anesthésie sont possibles, mais pas forcément graves.
    L'équipe du docteur Laure Pain (Hôpitaux universitaires de Strasbourg) a montré qu’il pouvait y avoir une perturbation par l'anesthésie des rythmes circadiens, ces horloges biologiques qui régulent l'alternance veille-sommeil sur une durée d'environ 24 heures. (chez les mammifères, ils dépendent d'un noyau situé dans l'hypothalamus et sont synchronisés par des stimuli environnementaux, principalement la lumière du jour. voir mes articles de ).
    Le « propofol », anesthésique hypnotique à effet bref et réveil rapide, qui est très utilisé dans des examens comme la gastro ou coloscopie pour une durée brève de quelques dizaines de minutes, entraînerait un décalage d’une heure, si l’injection est proche de l période de transition entre activité et repos.
    Plus sérieux, parce que non réversibles, des neurones pourraient être détruits dans l’hippocampe, le « professeur de la mémoire », ce qui pourrait entraîner des difficultés passagère de mémoire. Ce phénomène serait beaucoup plus marqué chez les enfants de moins d’un an, dont le cerveau n’est pas entièrement mature. Chez les adultes, il faudrait subir plusieurs opérations successives dans un temps restreint pour que le phénomène soit sensible.

    D'autres effets indésirables se font parfois ressentir après l'opération, mais disparaissent rapidement, comme la raucité de la voix, des difficultés de déglutition, des nausées et vomissements, ou des problèmes de miction (évacuation de l'urine).
    La position prolongée sur une table d’opération peut entraîner la compression de certains nerfs avec apparition d’engourdissement ou, exceptionnellement, la paralysie d’un bras ou d’une jambe. En général, ces atteintes guérissent complètement en quelques jours ou semaines.
    De petites blessures de faible durée peuvent résulter de la mise en place du cathéter d’injection ou d’un tube d’intubation dans la trachée.
    Pour traiter la douleur post-opératoire, l'anesthésiste dispose d'un large choix de médicaments et de techniques. Il les administre en fonction des besoins du patient. Ce sont le plus souvent des opiacés.

    Par contre quelques semaines avant une opération, il est recommandé d’arrêter de fumer ou de boire de l’alcool, et il est impératif d’être à jeun le jour de l’opération, pour éviter le passage de liquide dans les poumons, les réflexes habituels qui empêchent ce risque étant bloqués par le produit myorelaxant (des dérivés du curare).
Par MissPa le Vendredi 18 juillet 2014 à 14:46
Merci pour toutes ces explications. ^^ Etant passée sur le billard un petit nombre de fois maintenant (quatre fois ou cinq fois en fait, dont trois récentes), je dois dire que ça s'est toujours globalement bien passé. ^^
Et maintenant, je fais même les aides op à mon père, et je dois dire que ça fait toujours étrange de regarder les gens s'endormir parce que je sais précisément ce qu'ils ressentent à chaque fois... l'impression de "scènes coupées au montage" au réveil, et parfois aussi un petit moment pour se souvenir qu'on nous a enlevé quelques morceaux durant le sommeil. ^^
 

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