Jeudi 13 mai 2010 à 9:01

Politique, économie, religion.

Vous m’avez demandé un avis sur la crise actuelle, de la Grèce, de l’Europe et de l’Euro.
    J’ai peu de connaissances en économie, surtout au niveau des nations et de la bourse. Je ne peux donc que vous donner mon opinion personnelle, mais je ne sais pas si elle est pertinente.

    Même si la plupart de mes lectrices et lecteurs ne sont pas encore dans la vie active, vous avez un âge où vous savez qu’on ne peut pas dépenser plus que ce que l’on gagne de façon systématique et pendant longtemps.

    On peut prendre un crédit pour faire des achats importants et en principe, les banques qui vous prêtent, regardent, avant de vous prêter, si vous gagnez assez pour pouvoir ensuite rembourser prêt et intérêts.
    Pour la plupart des particuliers, ce contrôle est simple : on contrôle leurs salaires sur leurs fiches de paye.
    Mais vous avez sûrement entendu parler de personnes qui ont pris plusieurs crédits dans des banques différentes, sans qu’elles aient vérifié l’existence de ces prêts multiples et il arrive un moment où elles ne peuvent plus rembourser capital et intérêt. Ce sont les problèmes de surendettement.
   
    Pour une entreprise, c’est un peu la même chose. Ses dépenses obligatoires (fonctionnement, salaires, frais financiers) sont assez régulières, mais le rentrées d’argent, liées aux paiements des clients le sont moins.
    Une entreprise recherche donc auprès des banques des crédits pour lisser ces problèmes de trésorerie.
    Elle emprunte aussi pour faire des investissements importants qui devraient ensuite permettre des rentrées d’argent en augmentant son chiffre d’affaires.
    Si elle s’endette trop et ne peut rembourser ses dettes, et que le banquier ne veut plus lui prêter d’argent, elle est en cessation de paiement, et si elle ne redresse pas rapidement la situation, elle est mise en faillite;
    C’est plus difficile pour les banques de savoir si l’entreprise peut rembourser ses dettes, mais en principe les bilans et comptes de résultats, ainsi qu’un examen des commandes en cours et futures permet de se faire une assez bonne idée de la question.

    Normalement ce devrait être la même chose pour les états. Mais la comptabilité publique est quelque chose de très complexe et trop détaillée pour se faire une idée précise.
    Alors on a recours à l’examen des budgets, de leur déficit, et de la dette globale du pays par rapport à des des critères tels que le Produit Intérieur Brut (PIB) qui est censé mesurer le revenu provenant de  la production d’un pays.
    Mais ces données sont difficiles à mesurer et donc la précision de ces mesures n’est pas excellente, et de plus on peut plus ou moins falsifier ces données au nveau gouvernemental.

    En fait tous les pays vivent au dessus de leurs moyens c’est à dire que leurs dépenses sont plus fortes que les rentrées d’argent venant des impôts de toutes sortes.

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     Pour vous donner un aperçu voici les recettes de la France en 2007, environ 370 milliards d’euros.(dont 175 grâce à la TVA)









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    Et voici l’évolution de la dette publique de la France pour les 30 dernières années en milliards d’euros et en pourcentage du PIB. C’est inquiétant !
    Cela représente 20 000 euros par français.
   


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C’est vrai pour tous les pays Européens dont la dette en % du PIB était fin 2009 (article du Monde) donnée dans ce tableau.
    A titre de comparaison elle serait de 64% pour les USA et de 197 % pour le Japon.
    Cela dit on trouve dans la littérature des chiffres qui diffèrent selon la façon de le calculer. (notamment dette publique brute et nette ou l’on déduit les actifs)



    Les créanciers de cette dette sont très divers : les ménages (impôts, emprunts), les sociétés, des établissements de crédits, banques, assurances caisses de retraite, des administrations, des pays étrangers et plus généralement le marché financier.



    Pourquoi la Grèce : parce que c’est le pays européen le plus endetté, mais surtout parce qu’il semble que les comptes aient été falsifiés et que l’on se soit rendu tout à coup compte d’un déficit presque double de celui annoncé officiellement poar le gouvernement grec.
    Personne ne voulait plus prêter à la Grèce qui, pour rembourser ses dettes, devait recourir à des taux d’intérêts tels que le remboursement ultérieur était impossible.






    Dans la nuit de dimanche à lundi, à Bruxelles, à l'issue de plus de onze heures de tractations, les ministres des Finances de l'Union Européenne se sont mis d'accord sur la mise en place d'un fonds d’intervention pouvant aller jusqu'à 750 milliards d'euros pour aider les pays de la zone euro en difficulté. (Ce sont des prêts et garanties des pays de la zone euro, à un pays en difficulté ainsi que des prêts du Fonds monétaire international - FMI).
    De plus, la Banque centrale européenne (BCE) a annoncé des "interventions" sur le marché, en achetant des titres obligataires qu’émettraient les pays pour couvrir leur dette.
    Ces diverses actions ne sont faites que contre un intérêt sur les sommes prêtées, mais à des taux moindres que ce que ces pays trouveraient devant un marché réticent..
    En outre, six grandes banques centrales, dont la Banque centrale européenne, la Réserve fédérale américaine  et la Banque du Japon , ont décidé de pouvoir échanger des devises entre elles pour tenter de calmer les tensions sur les marchés.

    Lundi les places boursières ont réagi positivement et les indices boursiers ont remonté de 5% environ, de même que la valeur de l’euro.
    Ce qui prouve une fois de plus que les cours de la bourse n’ont rien à voir avec la véritable valeur des choses, mais correspondent à des données psychologiques des traders et autres responsables des transactions, qui jouent au poker avec les placements, pour essayer de gagner le plus possible d’argent.
    D’autre part le taux des obligation grecques diminuait de moitié, ce qui veut dire que la Grèce retrouvait un crédit moitié moins cher.

    Et le pauvre ministre des finances autrichien, s’est cassé un pied (et non les pieds !) en arrivant à Bruxelles ! C’est un métier dangereux !!

    Dernier point, comment les pays peuvent ils rembourser leur dette ? : trois solutions :
    - Enprunter à nouveau; cela s’appelle de la “cavalerie” et pour une entreprise cela finit par une faillite. Pour l’état grec on en était là.
    - Augmenter les recettes : augmenter les impôts et prélévements, ou compter sur la croissance qui permet sans augmenter le pourcentage des impôts de faire rentrer plus d’argent. Mais en période de crise, cela ne fonctionne pas.
    - Diminuer les dépenses, mais ce n’est ni facile ni agréable, et cela pose des problèmes et finalement les économies possibles sont assez limitées.
   
    J’avoue que je n’aimerais pas être à la place de nos dirigeants.
    Dans une entreprise les règles sont plus claires et on voit mieux où l’on va (ce qui n’évite pas les catastrophes forcément), et on a plus de moyens d’action.
    Les problèmes d’un état sont plus lourds et moins maniables
    Et puis les problèmes politiques électoraux s’en mêlent.et orientent aussi les décisions.

    Ce qui me choque le plus dans ces problèmes, c’est que l’économie des nations et le sort des personnes qui les composent, dépendent de ceux qui, dans les banques, assurances et grosses sociétés multinationales décident des placements d’argent, qui doivent rapporter beaucoup, et qui vont donc orienter le marché pour faire baisser les cours pour pouvoir acheter, puis les faire remonter pour pouvoir vendre.
    Ce sont en particulier les banques américaines qui ont fait exprès baisser l'euro par l'orientation de leurs capitaux, en ont acheté au plus bas et le revendent maintenant en faisant des milliards de profits.

    Je me demande aussi ce qu’il adviendra lorsque des pays, qui ont un taux de croissance très élevé, comme la Chine, laquelle n’est pas gênée par la crise, a une main d’oeuvre à bas coût  et dispose donc de capitaux, lorsque elle aura prêté aux autres nations, aura acheté de nombreuses entreprises et exigera un jour sa dette. Ce jour là le monde appartiendra aux chinois !
    Souhaitons que je me trompe.
Par kaa le Jeudi 13 mai 2010 à 12:05
Ce que beaucoup n'ont pas forcément compris, c'est que sauver la Grèce revient à sauver l'Europe et surtout sa monnaie. Laisser tomber ce pays revenait à favoriser l'écroulement des pays l'un après l'autre, y compris la France.
Par MDFR le Jeudi 13 mai 2010 à 13:15
Ce qui est inquiétant et qui apparaît bien à la fin de l'article, c'est qu'aujourd'hui l plupart des crises proviennent de la spéculation. Après les subprimes, la Grèce, et si une solution n'est pas trouvée pour endiguer ce phénomène, je crains qu'il n'y en ait encore beaucoup d'autres.

Cerise sur le gâteau, les spéculateurs gagnent sur les deux tableaux avec la crise grecque. D'abord grâce aux taux d'intérêts exorbitants pratiqués sur les obligations grecques. Ensuite, et c'est beaucoup moins connu du grand public, grâce à des Credit Default Swaps ou CDS. Ce sont des sortes d'assurances contractées par le créancier lors du prêt. Le prix de cette assurance augmente donc lorsque la confiance dans le titre assuré diminue (défaut de paiement plus probable. Les spéculateurs ayant contractés un CDS sur les obligations grecques ont donc profité de la diminution de confiance dans les titres hélennes pour faire une plus value sur les CDS, en les revendant une fois leur cours parvenu assez haut. Et tout ça dans le feutré bien entendu.
Par Lamatsu le Jeudi 13 mai 2010 à 13:40
Je viendrais lire toute cela dimanche, j'ai peu de temps avant
Par maud96 le Jeudi 13 mai 2010 à 23:08
L'Euro baisse fortement, le dollar canadien lui montre fortement... Je vais payer cher le billet d'avion pour revenir en France !
Ce sont tous les Européens qui vont se serrer la ceinture !
Par Lamatsu le Dimanche 16 mai 2010 à 15:09
Il est intéressant d'avoir un autre point de vue , je dois dire que tout ceci me laisse perplexe.. Et j'ai un peu de mal à me faire mon avis sur la chose.

Concernant la Chine, je suis assez mitigée.. Nous avons analyser sa croissance en Cours d'éco internationale, et il est vrai que le jour où elle exigera sa dette , nous serons plutôt mal..
Mais ( d'après ce que j'ai compris) si l'on analyse le déficit des Etats Unis, on peut se rendre compte qu'il est égal à l'excédent commercial de la Chine (75%) + celui de l'Allemagne( 25%)
On peut en effet imaginer que la Chine réclame le paiement , mais on peut aussi imaginer que les Etats Unis ait se discours : " Certes nous vous devons beaucoup d'argent, mais sans nous, jamais vous n'auriez eu une telle croissance." Et op les comptes seraient remis à zéro.

Certains parlent de créer une troisième monnaie internationale, qui serai la monnaie Chinoise, et cela dans le but que les monnaies s'autorégulent, mais je pense que cela ne résoudra rien, d'autant plus que la Chine n'a aucun intérêt là dedans, puisque pour le moment sa monnaie et sous évaluée malgré le taux de change flottant, il semblerait que sa valeur soit 30% trop faible. Et cela favorise leur croissance..

Concernant l'euro,la france et compagnie, si l'on en es arrivé là, je pense que c'est une responsabilité partagée, tant de la part des politiques , que des électeurs, Ils ont tout deux un comportement d'Homo œconomicus: Les politliques ont pour seul but de se faire ré-élire, donc il ne feront jamais de réforme sérieuse concernant la dette. Puisque sinon électeurs pas contents.

Quand à la Grèce et l'augmentation de la TVA je trouve ça simplement idiot, cette augmentation va perdre tout son sens, et ne va générer qu'une hausse de l'économie souterraine.
Par lancien le Dimanche 16 mai 2010 à 15:39
Je suis assez d'accord avec Lamatsu et elle est plus compétente que moi, compte tenu de ses études.
La baisse de l'euro n'a pas que des inconvénients, cela rend notre commerce plus compétitif et les plans de rigueur peuvent avoir pour conséquence de tuer la croissance, notamment augmenter la TVA.
 

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