Dimanche 22 février 2015 à 8:16

Sciences et techniques

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     Vous avez sûrement, dans la presse ou à la télé, vu des images d’accidents d’avions, plus ou moins graves.
     Mais savez vous ce qu’est le Bureau d'Enquêtes et d'Analyses (BEA) pour la Sécurité de l'Aviation civile. Probablement pas, alors je vais vous l’expliquer aujourd’hui et demain, je vous montrerai comment il fait une enquête.

     Le BEA est un organisme de la Direction Générale de l’Aviation Civile, implanté sur l’aéroport du Bourget, qui emploie une centaine d’ingénieurs et techniciens, dont la moitié sont des enquêteurs de haut niveau, et dispose de moyens importants d’une part dans le domaine de l’examen d’appareillages aéronautiques et d’extraction de leurs données enregistrées ou transmises, et d’autre part d’examens mécaniques et métallurgiques de morceaux de structures d’aéronef.
     Son directeur, l’ingénieur général Rémi Jouty, est un pilote émérite et un technicien qui possède des connaissances aéronautiques et une expérience remarquables.
     Le BEA est amené à faire chaque année de l’ordre 170 enquêtes en France et 200 environ à l’étranger. Il y a en France, de l’ordre de 40 accidents mortels par an et environ 70 morts. La plupart concernent de petits aéronefs
     Ses rapports sont publics et il émet en outre entre 10 et 80 recommandations visant à améliorer la sécurité du transport aéronautique, soit au niveau des appareils soit au niveau de la formation des pilotes et des contrôleurs du ciel, soit quant aux règles de circulation aérienne.
     Son rôle est en effet la prévention des accidents futurs grâce à l’examen des incidents de vol et accidents, et cela sur les gros avions commerciaux ou de transport, sur les petits aéronefs certifiés ou non, les hélicoptères, les ULM, les planeurs, (et les drones si un accident se produisait un jour).
C’est un expert indépendant qui analyse incidents et accidents, non pas dans le but d’établir des responsabilités (ce rôle est dévolu à la justice), mais dans celui de rechercher les causes en vue d’un « retour d’expérience destiné à améliorer la sécurité future des transports aériens.
     Il collabore avec des organismes étrangers en cas d’accident hors de France.
     C’est en importance et notoriété, le second organisme de ce type dans le monde, après son homologue américain.
     Les rapports du BEA sont publics, mais ils ne donnent que les éléments indispensables pour comprendre les causes de l’incident ou l’accident. L’enquête nécessite de rassembler de très nombreuses autres données techniques ou de constat des circonstances, qui sont conservées par le BEA en archives, leur interprétation étant trop complexe pour des personnes non spécialisées, et leur diffusion pourrait donc ensuite amener à des erreurs de jugement.
     Vous pouvez sur le site du BEA,   http://www.bea.aero/fr/publications/rapports/           lire des rapports d’enquêtes, mais ils sont difficiles à suivre, car beaucoup de termes relatifs aux instruments de vol et à leur emploi, sont inconnus pour les non-pilotes d’avions.
Vous verrez que ces rapports peuvent concerner des accidents graves avec des victimes, mais aussi des incidents qui ont provoqué des difficultés à l’équipage - et probablement des sueurs froides -, mais qui heureusement, n’ont pas empêché l’avion d’arriver à bon port. Mais ces difficultés auraient pu entraîner un accident et il faut donc essayer d’en connaître la cause, pour éviter qu’elles ne se reproduisent.

     Je vous dirai demain comment procède techniquement le BEA.
     Aujourd’hui je me contenterai de souligner l’aspect délicat de son travail sur le plan de la communication, et de la coopération avec la Justice et les médias, ainsi que dans les rapports avec le monde politique et les familles d’éventuelles victimes, assistées de leurs avocats.
     Ne sont donc associées à l'enquête que des personnes susceptibles de contribuer à son avancement.  Selon la loi, elles sont soumises au secret professionnel parce que des informations confidentielles ou non validées y sont échangées au cours de l'enquête et que les discussions indispensables à son déroulement ne peuvent être mises sur la place publique.
     En principe le BEA est le seul à devoir rassembler les faits et les preuves et la loi lui donne le pas sur la justice. Mais c’est contraire aux habitudes françaises en matière de recherche des responsabilités pénales, et les rapports avec notamment les juges d’instruction, sont parfois délicats.
     Les politiques ont souvent leur mot à dire d’autant plus que l’opinion publique est pour eux un facteur important, et donc les problèmes d’information des médias sont très délicats, car ils peuvent entraîner des supposées conclusions inexactes.
     Les familles ont droit, en priorité, aux explications du malheur qui les a frappé, mais on ne peut leur donner trop tôt des renseignements non avérés, car l’interprétation d’éléments pour lesquels elles n’ont pas la compétence nécessaire, risque d’entraîner ensuite des difficultés au plan juridique.
     De plus des éléments économiques peuvent être en jeu au niveau des constructeurs et des compagnies aériennes ou des responsables de navigation. (pilotes, contrôle aérien…).

     La tâche du BEA est donc encore plus délicate en matière de relations extérieures que sur le plan technique, pour lequel il est remarquablement outiullé et où il est son seul maître.
Je vous parlerai demain de ces enquêtes techniques.

Par alyane le Dimanche 22 février 2015 à 18:01
Très intéressant.
Plusieurs petits documentaires en ligne expliquaient les causes de tel ou tel accident d'avion!
 

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