Vendredi 12 septembre 2014 à 10:00

Zoologie, botanique, évolution

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    J’ai lu récemment un article qui m’a amusé, bien qu’il soit très sérieux, puisqu’il concerne des recherches de biologie.
    Elles ont lieu sur un ver « rond » très particulier, au nom un peu snob de « Caenohabditis elegans ».
    Il y a des vers annelés, comme le lombric que vous voyez dans la terre, (voir mon article du 24 juin 2010 « la girafe et le ver de terre »), des vers plats qui si on les coupe en morceaux donnent autant de nouveaux vers et les vers ronds cylindriques.

    Le Caenohabditis elegans est transparent et ne mesure qu’environ un millimètre de longueur. La plupart des individus sont hermaphrodites et produisent à la fois des œufs et des spermatozoïdes. Il y a néanmoins quelques rares mâles. Ce nématode se reproduit environ tous les trois jours, et sa durée de vie est d'environ trois semaines.
    C’est un animal qui, depuis 1970 a été étudié en génétique et c’est un des premiers animaux dont on a connu de façon complète le génotype : 97 millions de paires de bases puriques de l’ADN, réparties en six chromosomes, codant 19.099 gènes et 40% d'entre eux auraient des équivalents dans le patrimoine génétique humain.
    Une équipe de Boston, dirigée par le professeur Robert Horvitz a déterminé comment les divers gènes produisaient des protéines et l’effet de certaines mutations.
    Ce ver est intéressant car c’est un organisme simple, qui , lorsqu’il naît ne comporte qu’un peu plus d’un millier de cellules (1090) et il y a ensuite réduction du nombre de cellules, comme cela se produit chez presque tous les organismes vivants sur certains types de cellules : certains gènes contrôlent la mort « programmée » de 131 cellules et le ver adulte n’en comporte plus que 959 cellules.
    Des mutations provoquées sur ces gènes donnent des vers anormaux qui conservent leurs cellules initiales.

    L’article que j’ai lu s’intéresse à un autre aspect : le cerveau de ce petit être bizarre.
    En effet le cerveau de ce ver est démesuré puisqu’il comporte 302 neurones, situés dans le pharynx. C’est très peu par rapport aux 100 milliards de neurones du cerveau humain, mais énorme par rapport aux 959 cellule du corps (le tiers environ).
    Les chercheurs sont particulièrement intéressés par l’étude d’un cerveau aussi simple, d’autant plus qu’il est possible de mesurer des signaux électriques à l’aide d’un appareil adapté, qui donne des électroencéphalogrammes, comme pour l’homme. (j’avoue que je voudrais bien voir le chercheur en train de mettre des micro-électrodes sur le cerveau d’un ver de 1mm de long !!) .
    L’équipe du professeur Jean Jacques Rémy, à Marseille, a mis en évidence un intéressant phénomène d’apprentissage olfactif chez ces vers. Si on soumet ces petites bêtes, durant leur vie larvaire, à certaines odeurs particulières (divers produits chimiques bien identifiés), on développe chez eux une appétence particulière pour ces produits.
    Les chercheurs ont trouvé que deux neurones servent de récepteurs et relient ensuite deux populations de neurones, que codent des gènes particuliers. Ces gênes codent l’identification par les neurones des substances et la réaction du ver.
    Ils ont ainsi créé des vers qui avaient une attirance et développaient une certaine résistance à l’alcool. Ils ont également pu les sensibiliser à certains psychotriopes ou à des neuromédiateurs telle la sérotonine.
    Les chercheurs pensent que l’on peut, peut être, mieux comprendre l’action de ces substances sur le cerveau humain, en étudiant les propriétés génétiques qui agissent sur le cerveau du Caenohabditis elegans
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