Lundi 9 mars 2015 à 8:12

Informatique, médias, internet

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    J’ai fait il y a quelques mois un article sur les « bitcoins » (16 et 17 juin 2014).
    Je vous avais montré que c’était une « monnaie numérique », sans support matériel et que les transactions étaient faites par les utilisateurs, sans le concours de banque, à travers un réseau très sûr et ramifié donc toujours en service, le support étant des ordinateurs en réseau dans le monde.
    La sûreté était assurée grâce à des « clés privées », sorte de mot de passe, mais qui est en réalité un algorithme complexe, et qui représente la « signature électronique » de la personne, et grâce à un  « hachage » des données afin de ne pas pouvoir les intercepter, mais qui restent associées aux clés, pour pouvoir les recoller ensuite.
    La diffusion est universelle grâce à des « clés publiques », sorte de numéro de compte, que l’on peut communiquer à des tiers.
    La validation des transaction se fait automatiquement par certains ordinateurs et les résultats doivent concorder pour que la validation soit faite.
    Il n’y a pas de transfert réel, mais seule une information partagée de la transaction, qui modifie les avoirs des comptes.
    Et tout paiement est irréversible, une fois validé.
    Le bitcoin n’a pas connu une grande réussite comme l’espéraient ses créateurs, car comme une monnaie étrangère, il n’a pas un cours fixe, mais celui ci varie en fonction de son utilisation et donc au gré des spéculateurs, comme pour la bourse.
    Mais ce qui est intéressant ce sont les programmes existant et leur fonctionnement au sein d’un réseau.

    Supposez une énorme banque de données où chacun pourrait écrire ce qu’il veut, mais serait alors définitif et infalsifiable. que votre « droit d’auteur » soit protégé par une clé privée, mais que tout le monde ait accès à la banque de données par des clés publiques.
    Mais également la clé publique permet de retrouver l’auteur et donc de publier n’importe quoi, des insultes par exemple, d’autant plus que les données infalsifiables peuvent servir de preuve devant des tribunaux.
    Supposez les mêmes contrôles de validité que pour le bitcoin.
    Qu’en outre un moteur de recherche permette de rechercher les diverses catégories de données (comme dans Google).
    On pourrait certes y déposer des textes, des poèmes et des chansons, des faits que l’on veut rendre « historiques » pour ses descendants, mais par exemple des contrats d’acquisition, de travail ou d’association, des reconnaissances de dettes qui resteraient valables tant que le remboursement n’a pas été inscrit, des inventions et brevets etc….
    Une telle base de données si elle était libre d’accès, infalsifiable, indestructible, et gratuite, (ou du moins moyennant un abonnement, comme internet), aurait sûrement beaucoup d’applications. On peut évidemment penser à plusieurs banques de données spécialisées.
    Par exemple une banque de donnée commerciale entre particuliers pourrait remplacer e-bay, le bon coin, Priceminister etc… Les programmes correspondant prévoient une mise sous séquestre des bitcoins (ou de la monnaie qui s’y substituerait sur cette base de données, jusqu’à l’envoi certifié des marchandises achetées, ce qui garantirait la vente.
    Bien sûr il faudrait des règles et des vérifications pour qu’on n’y mette pas n’importe quoi et ce serait sans doute le plus difficile à organiser, car techniquement le réseau informatique des bitcoins est capable de gérer de telles données.

    Une telle application est révolutionnaire et on l’appelle une « blockchain ».
    L’informaticien canadien Jon Evans pense que nous sommes au début d’une ère nouvelle où les blockchains révolutionneront le monde, par le canal d’internet.
    C’est évidemment une vue d’avenir, mais est elle utopique ou réaliste?
    Un concurrent de Twitter, Twister, fonctionne sur ce modèle de diffusion et de contrôle que l’on appelle « pair à pair ». car ce sont les ordinateur des utilisateurs qui font les contrôles et non ceux des noeuds de réseau ou des fournisseurs d’accès comme sur internet et la messagerie actuelle. Un système concernant les contrats est en cours d’étude : « Ethereum ». Il existe aussi un réseau de partage de musique.

    Il faut être conscient que ce système fonctionne sans une autorité ou un opérateur central. Les données et les contrôles sont effectués par des utilisateurs du réseau, qui ont un ordinateur puissant et acceptent de le faire faire automatiquement par cet ordinateur, moyennant évidemment une rémunération. Il faut qu’il y ait suffisamment de ces machines pour que le réseau fonctionne.

    J’avoue être un peu sceptique
    Je sais qu’il y a eu peu de falsifications sur le réseau bitcoin, mais il y en a eu.
    Je crains que, parmi les utilisateurs contrôleurs (on les appelle les « mineurs »), il y ait quelques hackers doués qui arriveront à trouver quelques failles.
    Et puis si on pousse à l’extrême, on supprime les notaires, les huissiers, les cabinets de brevets et même la plupart des commerçants et agences de vente et même s’il faut beaucoup plus d’ordinateurs et de gens les servant, cela ne compensera pas.
    Et comment empêcher de mettre n’importe quoi sur la banque de données ?
    Par ailleurs quand il y aura des milliards de données, écrites par des milliards de personnes, comment trouver la bonne que vous cherchez? Quand on voit la difficulté pour trouver sur Google les informations pertinentes (si vous en cherchez une très précise, mais que vous ne savez pas qui l’a émise) et le nombre d’informations inadéquates auxquelles on accède, la tâche me paraît bien difficile.
    C’est vrai que ce système sans contrôle central, où chacun fait ce qu’il vaut, la seule contrainte étant l’organisation et la programmation du système, c’est un peu une « anarchie numérique ».
    C’est ainsi d’ailleurs que l’appelle JP Delahaye, professeur et chercheur en informatique à l’université de Lille, qui a fait d’intéressants articles sur ce sujet.
   
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