Jeudi 24 septembre 2015 à 8:54

Biologie, santé.

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   Une étude très originale vient de paraître ces derniers jours (In-depth study of Mollivirus sibericum, a new 30,000-y old giant virus infecting Acanthamoeba. M. Legendre et coll. PNAS, 7 septembre 2015.).
   
    Les virus que nous connaissons et qui déclenchent des maladies ont en général une taille de 20 à 200 nanomètres, alors qu’une cellule mesure de l’ordre de 20 µ. (100 à 1000 fois plus). Toutefois certains virus sont plus gros comme le virus Ebola qui mesure entre 0,5 et 1 µ de long, car il est très linéaire.   
    En 2003 les chercheurs ont découvert un « virus géant », si gros qu’il était observable au microscope optique : baptisé Mimivirus.
    D’abord pris pour une bactérie, présent au sein d’une amibe dans une tour de climatisation industrielle, en Angleterre, il a été reconnu comme virus par une équipe de l’Université de Marseille, et la séquence complète de son génome a été publiée en 2004.
    Officiellement, le professeur de microbiologie Didier Raoult a baptisé ce microbe du nom de Mimivirus parce que cela signifie « Mimicking Microbe Virus » (« virus imitant un microbe »). Officieusement, c'est en souvenir des aventures de « Mimi l'amibe », un héros de son enfance sorti de l'imagination de son père qui lui racontait de la sorte l'histoire de l’évolution.
    Ce virus mesure 0,4 µ  et contient 1262 gènes et de l’ordre de 1 200 000 bases dans son ADN et il contient une trentaine de gènes qui ne sont pas présents dans les autres virus, mais le sont dans les organismes cellulaires, comme ceux codant des protéines de réparation de l'ADN ou de la traduction de l'ARN en protéines, qu’il fabrique lui même (alors que les autres virus se servent du matériel génétique de la cellule hôte).. Il a en particulier un processus de réplication unique et différent des autres virus.
    Il pourrait être considéré comme un être vivant, mais néanmoins il a besoin d'une cellule hôte pour se répliquer, mais avec son propre matériel génétique, sans utiliser celui de la cellule.
    A titre de comparaison le virus Delta, le plus petit des virus, ne comporte qu’un seul gêne et ne vit qu’en colonisant un autre virus : celui de l’hépatite B. La plupart des virus ont quelques centaines de gênes au plus. Celui du VIH ne comporte que 10 gènes.
    On n’a pas démontré qu’il était pathogène, mais rien ne s’y oppose; il colonise bien une amibe et donc peut coloniser une cellule et il semble que sa présence ait été constatée dans certaines pneumonie.

    D’autres virus géant ont été trouvé au Chili,  dans les années 2010. On les avais appelé « Mégavirus ».
    En 2013 un virus géant a été découvert par l’équipe de chercheurs de Marseille, dans un étang en Australie et au Chili : le « Pandoravirus » (allusion à la « boite de Pandore »), qui comporte 2000 à 2500 gènes.
Il apparaissait, au microscope, sous forme de points noirs d’origine inconnue dans des amibes (la photo ci dessus au début de l’article montre une amibe infectée).
    Ces pandoravirus n’ont pas de capside, l’enveloppe protéique protectrice qui entoure normalement les virus,
    En 2014 dans le permafrost (le sol recouvert de glaces polaires), dans une carotte vieille de 30 000 ans, à 30 m sous la surface de sédiments de la fin du Pléistocène, des virus encore plus gros ont été mis à jour : les « Pithovirus » qui comporte 467 gènes et mesure environ 1,5 μm de longueur et 0,5 μm de diamètre, ce qui en fait le plus grand virus connu. Sa structure ressemble à celle d'un nid d’abeilles.
    Le nom de « Pithovirus » fait référence à de grands conteneurs de stockage de la Grèce antique connus sous le nom de « pithos ». Les auteur

    Une étude a été publiée ce 7 septembre 2015 dans les Comptes-rendus de l'Académie des sciences américaine concernant un nouveau virus géant vieux de 30.000 ans, trouvé dans le pergélisol (sols gelés en permanence) sibérien. Il a été baptisé « Mollivirus » et possède plus de 500 gènes. Il se présente comme une coque oblongue de 0,6 micron de long et, pour se multiplier, il a besoin du noyau de la cellule hôte.
    Après avoir établi l'absence de pathogénicité de Mollivirus sibericum pour la souris et pour l'homme, l’équipe de Marseille à pu réaliser un "réveil" en laboratoire en se servant d'amibes (organisme unicellulaire) comme cellules hôte.

    Ces virus géants sont particulièrement intéressant car ils constituent un « pont » entre les virus (qui ne vivent pas seuls) et les bactéries, qui sont des organismes autonomes, vivants, comme les cellules.
    L’équipe de Marseille de Chantal Abergel et Jean-Michel Claverie, sont les grands spécialistes à l’origine de ces découvertes.

    Cela dit cette découverte dans les glaces, montre que les virus s’y conservent très bien et il faudra prendre des précautions, avec le réchauffement climatique, car on court le risque de réveiller un jour des virus comme celui de la variole que l'on pensait éradiqués.

    On ne sait pas quelle est l’origine de ces virus géants. Les principales hypothèses considèrent que ces virus descendraient d’anciennes cellules, qui auraient parasité les cellules existantes, et que par simplification du génome, elles auraient perdu certaines de leurs capacités intrinsèques de reproduction et de production d’énergie. Ces parasites auraient seulement conservé les caractères leur permettant de survivre aux dépens de leur hôte.
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