Mardi 25 septembre 2012 à 8:51

Scarification, suicide

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           J'ai, ces derniers temps, été confronté à 3 cas de scarification, ce qui ne m'était pas arrivé depuis longtemps, tous les trois à la rentrée des classes, à l'aide de la pointe d'un compas. J'ai pensé qu'il était utile de refaire un article à ce sujet.
(nota : je ne parle pas de la scarification "artistique" qui s'apparente à un tatouage, mais d'automutilation).
 
            Je voudrais d'abord rappeler que c'est d'abord une question de société (pour ne pas dire de mode) dans ce domaine. Ni quand j'étais ado, ni quand mes enfants l'étaient, les jeunes n'auraient jamais songé à se scarifier, car c'était une action inconnue, qui s'est répandue il y a une dizaine d'années.
            Cela dit, le jeune qui se scarifie a un problème et sa scarification exprime sa souffrance, et donc il ne faut pas prendre son action pour un caprice, mais essayer de comprendre ce qui lui arrive.
 
            Traitons d'abord le problème du risque.
            Il y a un risque grave, mais rare, c'est d'atteindre une veine ou une artère. On risque une hémorragie importante et cela se termine à l'hôpital.
            Un autre risque plus courant est celui de l'infection. La pointe d'un compas notamment, qui a traîné dans une trousse, est relativement sale et peut donc contaminée l'écorchure.
            Une infection non soignée peut être grave, et il est recommandé de désinfecter les olaies provoquées par une scarification.
            La conséquence la plus importante est la trace que laisse la scarification sous forme de cicatrices assez peu esthétiques. Je connais quelques jeunes qui, ainsi auront des cicatrices pendant plusieurs années, sur les bras ou sur les jambes et l'été, quand il fait chaud, à la plage, ou à la piscine, ce n'est pas beau et cela se remarque.
            Par contre la scarification n'est ni un signe de dépression, ni celui d'envies suicidaires. Il est rare que ces états soient associés, mais c'est un signe précurseur d'alerte de mal être, qu'il faut prendre au sérieux.
 
            Pourquoi se scarifie t'on ?
             Dans beaucoup de cas c'est un appel à l'aide, c'est montrer qu'on a un problème auquel les autres n'ont pas fait attention, qu'on est seul(e), face à ce problème, démuni(e). C'est souvent le cas face à un traumatisme, un conflit, la peur d'un certain avenir ou des conséquences d'un acte. Le divorce des parents, un deuil, un conflit avec les parents, les professeurs ou les camarades de classe, une déception amoureuses sont des origines courantes.
            Dans des cas plus grave où le jeune souffre vraiment, c'est essayer d'oublier sa souffrance, en s'infligeant une souffrance physique qui vous fait oublier la souffrance morale.
            Dans quelques cas où on se reproche quelque chose, c'est alors une punition qu'on s'inflige.
            Chez de jeunes adolescentes, qui à la suite de la puberté n'aiment pas leur corps, se trouvent souvent trop grosse, car la formation leur a fait prendre quelques kilos (ce qui est normal d'ailleurs et pas une raison de surpoids), c'est aussi une réaction pour dire à ce corps qu'on le méprise et qu'on peut l'enlaidir sans le regretter.
            Enfin dans quelques cas particuliers où la jeune souffre d'un certain sentiment d'infériorité ou de non reconnaissance, surtout de ses camarades c'est un défi : "je suis capable de m'infliger cela !
            Mais hormis ce dernier cas, l'ado est en général honteuse de son geste et culpabilise.
 
            Que faire face à cette situation.?
            Surtout ne pas sévir, ne pas fustiger l'acte, cela ne fera qu'aggraver les choses en culpabilisant l'ado un peu plus.
            Il faut essayer de créer un dialogue et de connaître peu à peu la raison de cet acte.
            Puis il faut discuter de ces raisons
                        - d'une part au plan sentimental, car la scarification est en général une action subjective et liée à des émotions.
                        - d'autre part au plan logique, car les raisons n'étant pas au départ objective, il faut redonner à la situation ses aspects objectifs et logiques que l'ado n'a pas envisagés. Il arrive parfois qu'au bout de la discussion on puisse montrer que le ou la jeune a fait une montagne d'une situation finalement banale, car elle n'en n'avait ni les clés, ni les éléments.
            Si l'on arrive à expliquer la cause et à la ramener à de justes proportions, comme on a aidé l'ado à comprendre son problème, qu'on s'est intéressé à son cas et qu'il ne se sent pus abandonné, en général la scarification cesse.
            On peut alors lui parler des risques pour l'inciter à ne pas recommencer.
 
            Ce qu'il ne faut pas faire c'est surtout ignorer le problème et ne pas en parler. Car le problème et la souffrance restants présents, l'ado continuera à se scarifier et cela peut devenir un besoin une addiction, comme l'alcool, la drogue ou le jeu, et si on arrive à ce stade, ce sera beaucoup plus difficile à cesser, comme lorsqu'on veut arrêter de fumer.
            En effet si la scarification apporte sur le moment, un certains mieux être, les problèmes ne sont pas supprimés pour autant et deviennent ensuite encore plus insupportables; on est donc incité à recommencer pour apaiser sa souffrance et peu à peu, l'addiction s'installe ainsi.
            Et dans le cas de traumatismes graves, on peut aller vers la dépression.
           
            Je constate que malheureusement les parents ne font pas assez attention au comportement de leurs ados et ont beaucoup de mal à créer le dialogue. L'ado n'aime pas se confier à ses parents qui ont l'autorité parentale et donc le jugent.
            Souvent l'ado se confie mieux à quelqu'un qui n'est pas de son entourage, qu'il ne rencontrera jamais dans ce cadre.
            C'est la raison pour laquelle des jeunes qui se scarifiaient m'ont souvent raconté leurs problèmes et qu'on les a ramené ensuite à des proportions plus raisonnables.
            Je suis prêt à aider encore des jeunes qui se sentent perdus dans cette galère de la scarification, et/ou au milieu de leurs problèmes, mais s'il m'écrivent ou mettent un com sur mon blog, qu'ils pensent que, avec leur seul pseudo, je ne peux leur répondre et qu'il faut me laisser soit une adresse de blog, soit une adresse électronique, qu'on peut toujours créer avec un pseudo pour l'occasion.
Par alyane le Mardi 25 septembre 2012 à 9:38
Mais souvent, ils préfèrent parler à des membres extérieurs.
Par Vicente le Mardi 25 septembre 2012 à 11:44
C'est aussi une façon de se réapproprier son corps, d'en percevoir les contours par la douleur. De ce fait c'est une façon de se donner l'illusion d'une reprise de contrôle de ce corps et par prolongement de sa vie que d'autres veulent contrôler dans un monde où on exige, impose et attends de plus en plus de choses des gens. Où "réussir sa vie" devient quelque chose de primordiale qu'on est supposé décider/mettre en place à l'adolescence, qu'il faut à tout prix ne pas louper. Alors que relativement on ne leur explique pas trop comment faire. Ils doivent choisir telle ou telle voie sans vraiment savoir ce que ça va donner en se disant qu'il n'y aura pas de retour en arrière possible et ce choix va définir leur vie future. Enfin, c'est ce qu'on leur répète sans arrêt et donc ce qu'ils intègrent alors qu'au final plus tard tu te rends compte qu'il y a toujours moyen de bifurquer. Pour "réussir" quelques voies sont mises en avant. En gros le message c'est un peu "si tu ne passes pas par là tu loupes ta vie à coup sûr, t'es qu'une pov merde, mais bon tu ferras avec, comme d'autres". Certains se mettent quand même la pression pour réussir dans ses voies qui ne correspond en rien à leur goûts, aspirations, ou même "capacités" (il y a plusieurs forme d'intelligence, d'habilité, tous le monde est différents etc, etc) et s'entaillent pour se dire malgré tout ils peuvent exister en dehors de ce qu'on les force à être. L'adolescence c'est quand même LA PERIODE de la quête de l'identité. Et là on peut me dire "wé c'est bien gentil tous ça, mais A MON EPOQUE Y AVAIT PAS TOUT CA" sauf que relativement le concept d'adolescence est plutôt nouveau, avant on passait plus ou moins de l'enfant à l'adulte et les pressions étaient moins forte. Il y avait d'autres priorités que de réussir ou de valoir quelque chose, à savoir la guerre qui laissait un peu penser dans l'inconscient collectif qu'il n'y avait pas d'avenir à préparer et dans l'après guerre l'idée c'était plus de profiter et il y avait du boulot pour tout le monde. Là c'est pu le cas il faut vraiment assurer, être comme-çi ou être comme ça, mais pas trop comme cela pour avoir sa place, pour "valoir" quelque chose. Méga fun pour des gosses qui ont l'impression de marcher à l'aveugle et qu'on aimerait optimiser sans leur laisser la possibilité de faire de mauvais choix, des erreurs alors que c'est ce qui permet de se poser des question sur ce qu'on veut, sur ce qu'on est, blablabla. Donc bon voila, je ne pense pas que ça soit un phénomène de mode qu'un gamin (et ils sont de plus en plus jeunes ou même de plus en plus vieux d'ailleurs) décide de se se planter un compas ou autre dans le corps, de se faire mal dans un monde ou il faut être beau, jeune, heureux et en bonne santé. Le fait de l'associer à une mode illustre bien une certaine façon qu'on les adultes de percevoir les adolescents et leurs différents maux, une façon un peu condescendante quand même. "Ils sont mignons, ils font des drames pour pas grands chose, mais bon, il faut les écouter quand même ! Enfin jusqu'à ce que ça passe quoi sauf si on se lasse avant".
Il y a pas mal à dire sur tout ça, et il y a plusieurs raison qui peuvent mener quelqu'un à se scarifier. Notamment les victime de violence sexuelle ou autre pour qui il devient nécessaire de se réapproprier et ressentir son corps. C'est un peu un acte auto-thérapeutique par défaut parce qu'ils n'ont rien trouvé d'autre, enfin c'est un peu ce que tu dis.
Par Vicente le Mardi 25 septembre 2012 à 11:46
(et ça ne concerne pas que les filles, même si pour des raisons d'identité de genre elles sont plus sujette à l'auto-culpabilisation).
Par the-log-lady le Mercredi 26 septembre 2012 à 8:05
je ne pense pas que se soit un phénomène de "mode".. étant ado.. j'ai eu le "besoin" de me "mutiler" pour me réapproprier mon corps.. je ne sais pas comment expliquer ça.. mais après une "expérience traumatisante".. il me fallait passer par là pour me "libérer".. et ce fut le cas.. l'auto mutilation n'a duré que deux ans.. et le fait d'en parler à quelqu'un de tout à fait "extérieur".. m'a permis d'arrêter totalement.. bref.. en tout cas, la scrafication "existe" depuis un bail.. sauf qu'il y a vingt ans, on n'en parlait pas du tout..
Par Jeanne9 le Jeudi 11 octobre 2012 à 13:04
Je lutte depuis 6 mois contre les scarifications de ma fille. Impossible de savoir le problème qui l'a incite a faire ça. Ok son père est alcoolique, mais elle vit chez moi et je suis attentive a ses problèmes. Peut être trop car elle se cache "pour me protéger". C'est vrai que ça a été un sacre choc. Jamais je n'aurai imagine un truc pareil. Et elle a arrête mais elle m'a dit en avoir souvent envie. Elle est suivie par une addictilogue mais je n'ai aucune infos ...
Par lancien le Jeudi 11 octobre 2012 à 14:13
J'aimerais bien discuter avec vous, mais je n'ai aucun moyen de vous joindre
Par Sorbienn le Lundi 29 octobre 2012 à 14:26
Quand la douleur dans la tête est trop forte on a besoin de la reporter sur le corps, car c'est plus "concret", on le sent vraiment, on le voit, c'est rassurant, et puis sur le coup ça soulage. Les cicatrices sont comme des témoins contre l'effet de culpabilisation : voilà j'ai été mal mais ce n'était pas un simple caprice, puisque ça m'a quand même conduit à faire ça.
Par Xelane le Mercredi 23 janvier 2013 à 22:08
Hello,

Je tombe sur ton blog par hasard en surfant sur le net, enfin pas si par hasard quand meme je cherche des gens qui s'automutilent ou se sont mutiler.
J'ai crée un forum ya pas mal de temps qui parle du sujet, qui donne des conseils pour camoufler les cicatrices, pour soigner les plaies, pour comprendre l'AM ou en parer, apporté son témoignage, son aide...
Bref, pour s'exprimer sans tabou ni jugement.
Donc si ca te tente ;) ou si tu connais d'autre personne qui le font ca peu les aider ^^

Avoir des conseils pour cacher ces cicatrices:
http://libre-de-s-exprimer.xooit.com/t1092-Camoufler-les-cicatrices-d-automutilation.htm

Pour soigner ces plaies:
http://libre-de-s-exprimer.xooit.com/t43-Les-coupures.htm

Des témoignages divers sur e début de l'automutilation des membres:
http://libre-de-s-exprimer.xooit.com/t109-Pourquoi-l-AM.htm
Par _fateful_ le Dimanche 9 mars 2014 à 11:13
j'ai besoin d'aide
claps1@outlook.fr
Par Casablanca le Jeudi 17 avril 2014 à 2:33
Saviez-vous que les victimes d'abus sexuels choisissent leur vocabulaire en fonction de ce qu'elles veulent exprimer ?
Question stupide ?
Et bien oui et non !
Lorsqu'une victime en parle en terme de scarification, les psy (toutes spécialités confondues)en parlent en terme d'autodestructions/tentatives de suicide...et un dialogue de sourd, un mur d'incompréhension s'installent entre la victime et les psy.
S'ensuit ensuite des diagnostiques aussi farfelus que dangereux pour la santé de la victime qui est alors considérée pour ce qu'elle n'est pas mais qui devra quand même l'accepter bien malgré elle parce qu'elle devra obéir à l'autorité psychiatrique alias la médecine institutionnalisée !
Et là c'est une descente aux enfers qui commence où comment de victime d'abus sexuels elle devient victime de la psychiatrie !
Les psychiatres dont les spécialistes du choc post-traumatique me font rire...jaune.
Je suis perplexe quant à leur capacité à écouter et à entendre raison.
Et sidérée qu'un pays se disant civilisé, moderne et démocratique soit aussi ignorant et toujours si peu enclin à se pencher sérieusement sur ce qui restent encore deux sujets tabous : le viol et la psychiatrie(viol des consciences).
Tous les ans de jeunes victimes de viol se retrouvent face à ce mur d'incompréhension.
La société doit changer, progresser et pour ce faire doit être informée et formée.
Par lancien le Jeudi 17 avril 2014 à 10:27
Casablanca : Je connais bien ces problème; une partie de mes correspondantes avaient été suivie sans succès par un psy. Une de mes petites filles aussi. Effectivement ils jugent trop d'après leurs théories psychologiques, Freud notamment, et n'ont pas le temps d'écouter, de chercher à comprendre et d'avoir un peu d'affection pour ceux qu'ils écoutent quand ce sont des enfants, ados ou très jeunes. Moi j'essaie de les aider comme si j'étais leur grand-père. J'ai fait remonter la pente à une quinzaine de jeunes qui avaient été violées et j'ai discuté avec une bonne soixantaine de jeunes qui se scarifiaient et ont arrêté, parce qu'on a résolu au moins en partie, les problèmes qui les y poussaient.
Les psychiatres sont des médecins et sont donc utiles pour soigner les maladies mentales. Ils ne sont pas adaptés pour les problèmes complexes que rencontrent les jeunes et les bourrer de médicaments ne rime pas à grand chose. Je suis d'accord avec vous, mais ce n'est pas facile, car notre société est celle actuellement de la libre entreprise et en fait un suivi de ces personnes demande beaucoup de temps et donc ne peut pas être facturé au coût d'une personne qui en fait son métier.
Je pense aussi que pour certains le fait de s'adresser à quelqu'un par mails et de ne pas le connaître "en chair et en os" , c'est à dire en face de quelqu'un de réel, facilite les choses et la confiance (à condition qu'on ne juge jamais).
Par Depassage le Vendredi 6 juin 2014 à 12:06
Juste pour corriger un petit truc, même si l'article date...vous dites que la dépression ou le risque suicidaire sont rarement associés, ce qui est faux. D'après une enquête de Xavier Pommereau , "chez les adolescents ayant fait au moins une tentative de suicide, près des trois quarts avaient une histoire de blessures auto-infligées", et le risque de suicide est multiplié par 3 chez les ados qui se scarifient.

Je faisais partie de ces ados là, ayant connu dépression, crises de panique, phobie sociale et comportements autodestructeurs en tout genre. Une TS à 21 ans. Je suis maintenant diagnostiquée état-limite et stabilisée grâce à une faible dose de neuroleptique (et un psy évidemment).

Je signale aussi que de nombreux ados n'ont aucune envie d'être démasqués...j'allais même jusqu'à gommer mes cicatrices à la pierre ponce pour qu'elles semblent moins caractéristiques quand j'avais rendez vous chez le médecin. Dans mon cas, ça n'avait rien d'un phénomène de mode, j'ai commencé à 11 ans et je ne savais pas que ça existait, je me croyais dingue, mais j'en avais besoin...Aujourd'hui, je n'utilise plus de lames mais il m'arrive encore de me frapper, de me mordre, ou de me taper la tête contre les murs lors de grosses crises. C'est un comportement assez répandu lors des crises de rage ou d'angoisse violentes des personnes borderline. Certes, on ne peut pas dire que tous les ados qui se scarifient souffrent de ce genre de problème, mais il y a un vrai risque.
Par lancien le Vendredi 6 juin 2014 à 18:26
Je suis d'accord avec la deuxième partie de votre commentaire mais pas avec la première. En effet la population statistique d'un psychiatre est biaisée, car il a très peu de malades qui se scarifient seulement et il vagit par contre ceux en dépression et ceux qui ont fait une TS. C'est vrai que beaucoup de ceux qui ont fait une TS se scarifient, et le plus souvent après leur TS et pas avant.
Par contre, depuis 8 ans, 'j'ai correspondu avec plus de cent jeunes qui se scarifiaient, et ceux qui étaient en dépression ou avaient fait une TSA étaient très peu nombreux (<10). Seulement peu d'entre eux étaient suivis par un psy, car effectivement, ils se cachaient de leurs parents.
Ma
 

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