Samedi 5 mai 2007 à 18:42

Scarification, suicide



        Pour terminer ces articles sur la scarification, je voudrais aborder le problème des réactions de vos proches : parents, amis, petit ami.
        Beaucoup d'entre vous qui se scarifient ont peur du regard des autres. Il faut dire que ce regard est souvent, soit un jugement sévère, soit une compassion humiliante.

    
        Voici le témoignage d'une jeune sur ce problème :

“ ....Lorsque je me mutilais, je crois que mes amis me prenaient pour une folle. C'etait alors un cercle vicieux. Mon petit ami de l'époque faisait comme si mes marques étaient invisibles. Peur de sa part, d'affronter le problème ou tout simplement pas envie de le faire? je me suis toujours posé la question.
     Comment réagissent les amis ? Ils désapprouvent, mais ils ont appris à se taire, je connais leur point de vue, je préfère qu'ils ferment les yeux.
     Aujourd'hui l'envie est toujours là, mais j'essaie de ne plus y répondre, de ne pas suivre cette envie. Les marques laissées ne sont pas graves en soi, c'est l'état d'esprit qui peut être inquiétant que l'on se mutile ou pas. Elles font tout simplement peur et posent des problèmes dans le quotidien; elles donnent l'impression que vous n'êtes pas fréquentable alors qu'au fond, vous êtes simplement plus sensible que les autres et vous avez des problèmes .... “

         Les parents ne comprennent pas, ils sont à la fois scandalisés et affolés : “comment peux tu faire cela, toi !”. Ils vous prennet souvent pour une enfant difficile en train de couver une folie ou une dépression et parlent tout de suite d'hôpital.
         En fait ce qu'il faudrait c'est qu'ils essaient de comprendre quel est le problème sous-jacent.

         Le petit ami, soit ignore le problème comme le dit ma correspondante, soit ne cesse de dire à son amie qu'elle doit cesser cela immédiatement sinon il ne l'aimera plus, chantage bien inutile, qui montre bien l'incompréhension.
         Là encore son amour devrait lui dicter d'essayer de comprendre, de provoquer des confidences. Mais sans doute est il trop jeune !
        Ce qui est sûr, la scarification n'est pas le bon moyen d'attirer l'attention d'un garçon : cela le fait au contraire fuir.

         Quant aux copines, certaines essaient de comprendre, d'aider, mais ce n'est pas facile. On essaie de persuader, on jette cutters et compas, on essaie de faire peur ou honte. Là encore, ce n'est pas efficace ou cela culpabilise encore plus. Ou alors on ignore et on se tait ce qui n'est pas mieux.

         Et celui qui se scarifie, comment voit il cela ?  Voici encore un témoignage :

 “...Comment vivez vous le regard des autres ? Je n'en ai rien à foutre. Enfin presque!!...
 Les gens n'ont pas intérêt à poser la question, la réponse ne leur plaira pas, qu'elle soit sincère ou pas.
 Quand les gens demandent, je me vante plus qu'autre chose,.
 Si je suis d'une humeur de dogue, j'enverrai la personne au diable, en disant : ce n'est rien, et si je suis triste, j'aurai tendance à cacher. Récemment, j'ai vu quelqu'un se pencher vers ma table de cours, je ne sais pas pourquoi, puis en baissant les yeux, j'ai vu mon bras exposé à la lumière. Et je l'ai caché, avec un sentiment, de «  j'aurai préféré que tu n'aies pas vu cela »....”

         Quels que soient les problèmes, même si la scarification est un appel au secours, ceux qui la pratiquent n'aiment pas que les autres voient les cicatrices, comme s'ils avaient honte, ou par peur de faire de la peine aux proches et de choquer ceux que l'on ne connaît pas.
         Se vanter, c'est pour se faire croire à soi-même que l'on est courageuse, c'est pour ne pas perdre la face. mais au fond de soi c'est l'inquiétude, la peur, même si sur le moment cela soulage.

         Alors finalement,  se scarifier, est ce grave?

       Ce qui est grave, ce n'est pas le geste en tant que tel. Ce qui est grave, c'est d'avoir à le faire, c'est de ne plus pouvoir se contrôler.
         Ce qui est grave, c'est d'y avoir pensé une première fois.
         C'est la première erreur de toute personne qui s'automutile.
         La deuxieme est sans aucun doute d'avoir apprecié le geste et de ne pas résister a l'envie de recommencer.
         Et plus le temps passe sans résistance, plus il devient difficile de cesser.

  Voici encore un  témoignage :

“.... Le fait est que l'auto mutilation n'est pas un choix que l'on fait délibérement.
  Je crois qu'elle représente plusieurs choses. dans mon esprit le fait de me mutiler me déculpabilisais, je me punissais. Je me sentais en securité ... ces marques, javais l'impression d'exister; ma souffrance s'en allait l'espace d'un instant.
     Parfois, quand je ne me sens pas bien, regettée de tous, énnervée, ou triste, je me scarifie, avec nimporte quoi (du moment que c'est pointu et que ça coupe...).
     Je sais ce n'est pas bien, car je cors de gros risques en faisant cela...
 Mais j'ai besoin de le faire. Quand ça ne vas pas, quelquefois, j'essaye de me retenir, mais Le  C'est pour moi un manque!....”

      C'est le même phénomène qu'avec par exemple le cannabis : il existe dans le cerveau un mécanisme que l'on appelle “le mécanisme de récompense”, qui se déclenche quand une action nous satisfait et qui entraîne à la répéter de plus en plus.
      Des rats soumis à une tentation, actionnent sans arrêt la pédale qui dans leur cage, leur prodigue cette action agréable.
      Alors voulez vous être ces rats?



Par Meme-Pas-Morte le Samedi 5 mai 2007 à 18:53
Je n'ai jamais su me prononce sur la scarification....
certain ont besoin de la cigarette, d'autre de l'alcool, et d'autre de la scarification...
Tous aussi destructeur les uns que les autres...
On attribue généralement la scarification a un mal être... Parfois à une provocation... Peut êter est elle plus mal vu pour cela?

A propos de mon article... Oui humour noir mais sans contest véridique malheuresement.
Et merci du compliment :)
Par globz38 le Dimanche 6 mai 2007 à 11:33
Pour ma part, je m'efforce de comprendre les raisons de ses actes, de savoir pourquoi elle fait ça. Je trouverais idiot de la blâmer, ça n'arrangerait en rien les choses. J'essaye, quand je suis au téléphone avec elle, de la faire résister à cette envie, mais ce n'est pas simple... Je me sens impuissant face à cela, l'acte en lui même n'est pas si terrible, quoique dangereux, mais ce qui m'inquiète surtout ce sont les raisons qui la poussent à faire ça. A tous : si vous connaissez des personnes se scarifiant dans votre entourage, essayez de les soutenir, et de comprendre pourquoi elles font cela, au lieu de les blâmer, car cet acte révèle selon moi un mal-être certain...
Par pin-pon le Dimanche 6 mai 2007 à 19:52
Il y a un moment de ma vie ou j'ai eu cette "maladie", être obliger de se mutiler pour se sentir mieux et libérer. Mon ami m’a aidé, il m’écoutai, essayer de m’aider à résoudre tous mes problèmes. Il m’aidait à faire le point. Il a toujours été la pour moi. Mes cicatrices, il ne les ignorait pas, il considérait cela comme un bout de moi, de mon caractère, de ma vie, de ma sensibilité. Il a été très présent et c’est cela qui m’a aidé. Maintenant, je ne m’auto mutile plus. J'aide une amie a moi qui est dans cette situation. Ca fait maintenant 1mois qu'elle ne s'est plus auto mutiler.
Par Nachka le Mercredi 27 février 2008 à 23:03
... J'aurai préféré y voir une autre fleur sur ce thème
c'est une ancolie non ?

Récemment, au début de l'année j'ai vu en cours les bras d'une camarade de classe, les marques étaient familières, j'ai ressenti énormément de douleur. Après tout, je connaissais... Mais je voulais pas la juger, alors je lui ai posé la question cash à la fin du cours, quand personne ne pouvait nous entendre, et j'ai été surprise par son naturel à en parler.

Le petit ami dit d'arrêter... j'ai tenter pas par amour, mais pour voir si ca marchait... résultat c'est mes chevilles que j'ai ouvert suffisemment pour pouvoir en caresser encore les cicatrices aujourd'hui.

peut être est ce un besoin de protection ?
après tout si ma petite amie se mutile encore après tout l'amour que je lui offre c que je suis pas assez bien non ?
parfois ca l'attire, si c un besoin de protéger ? ou un besoin d'avoir un être qu'il croit faible à ses côtés ?

... ca me fait bizarre de lire mes mots...
surtout un passage
j'en ai reparlé à l'interressé, il m'a dit avoir vu mes bras, mais pas pensé forcément à des scarifications.

Je suis pas d'accord avec toi
pour moi, on se contrôle.^^ On contrôle le geste, la lame, tout... c'est le but non ? garder le contôle et le perdre quand on veut.

on choisit d'être un rat et on en est fier

Nachka
 

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