Dimanche 16 juin 2013 à 10:59

Notre cerveau : plaisir et apprentissage

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            Certaines de mes correspondantes me disent qu’elles ont de mauvaises habitudes et qu’elles aimeraient s’en débarrasser.
            Elles prennent de bonnes résolutions dans ce sens, et font des efforts. Elles ont tout à fait conscience de l’intérêt d’agir ainsi (par exemple ne plus grignoter en regardant la télévision leur éviterait de prendre du poids !). Et pourtant elles n’arrivent pas à leurs fins et leurs habitudes persistent, ou si elles diminuent un temps reviennet ensuite à peu près identiques.
            Pourquoi. ?
 
            D’abord entendons nous sur le mot habitude. Il ne s’agit pas d’automatismes, tels faire du vélo, nager, conduire une voiture ou écrire un SMS. Ces automatismes, acquis au départ en réfléchissant pour faire l’action (avec notre cortex frontal), deviennent peu à peu réalisable sans réflexion (du moins s’il ne se passe rien d’anormal), et sont pris en charge par le cervelet, comme marcher et garder son équilibre.
            Ces automatismes sont pratiquement indélébile, si on sait nager et si on tombe à l’eau, le réflexe de nager est immédiat, même si on ne l’a pas fait pendant 10 ou 20 ans.
 
            Par habitude, j’entends les comportements que nous avons acquis dans un contexte donné et qu’effectivement nous répétons presque inconsciemment. Je ne parle pas de tics physiologiques, mais de comportements complexes dans lesquels il y a une part psychologique importante. En général , à l’origine, les actions correspondantes ont été acquises, soit parce qu’elles étaient nécessaires, soit parce qu’elles procuraient un certain plaisir.
            Certaines de ces habitudes peuvent être bénéfiques le plus souvent : manger certains produits bons pour la santé, faire du sport, avoir une activité cérébrale importante….
            D’autres peuvent être néfastes : certaines habitudes alimentaires, aller trop sur internet, garder le téléphone portable près de soi la nuit, attendre le dernier moment pour faire son travail, se scarifier …
           
            Les neurobiologistes ont constaté deux choses :
            - d’abord si, à l’origine les actions correspondantes sont surveillées voire organisées par le cortex frontal, peu à peu ce sont des centres du cerveau central qui prennent le relais.
            Le thalamus est évidemment concerné puisqu’il coordonne toutes nos perceptions, et l’hippocampe aussi car nos actions font appel à la mémoire.
            Mais ensuite ce sont la substance noire et les ganglions de la base qui sont concernés (voir schéma ci dessous).

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            Il semble qu’en matière de mémorisation l’hippocampe engendre des comportements flexibles et le striatum des comportements rigidifiés (les chercheurs l’ont montré en bloquant l’activité de chacun de ces éléments à tour de rôle), y compris lors de comportements simples provoqués par l’environnement ou alors dan s des apprentissages complexes nécessitant une très longue expérience des événements (la prévision météorologique, par exemple).
            - ensuite que beaucoup de ces habitudes ne correspondaient pas à l’intention initiale qui les avaient entraînées. Les actions initiales étaient ainsi motivées, mais cette intention avait peu à peu disparu, lorsque ces actions étaient devenues un rituel.
            Dès lors il n’est pas étonnant que malgré de bonnes résolutions on ne se débarasse pas aussi facilement des habitudes prises, puisque les intentions originelles n’en sot plus les causes. Les intentions de s’en débarrasser, si bonnes soient elles ne sont pas plus actives au bout de peu de temps.
 
            Alors comment faire ?
            Les observations des neurobiologistes montrent que finalement les habitudes sont davantage liées au contexte, à l’environnement. On ne les a pas dans un but donné, mais à un certain moment, dans un certain lieu, dans certaines circonstance..
            C’est donc sur l’environnement qu’il faut agir. Les psychologues ont par exemple montré qu’on perdait facilement des habitudes après un déménagement, un changement d’établissement scolaire ou de travail …
            Donc si vous voulez vous débarrasser de vos habitudes essayez d’éviter les circonstances dans lesquelles elles se produisent, et changez cet environnement, car c’est lui qui déclenche l’habitude prise.
            De la même façon, si vous voulez éviter de prendre de mauvaises habitudes, faites varier les circonstances qui les déclencheraient. Elles auront peu tendance à s’imposer.
.
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Par alyane le Dimanche 16 juin 2013 à 14:23
C'est vrai qu'elles se reproduisent toujours dans des circonstances identiques.
 

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