Lundi 27 octobre 2014 à 7:15

Enseignement, école, fac

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    On reparle beaucoup à la télé des enfants surdoués et de leurs échecs scolaires.Cela me surprend toujours car c’est vraiment un phénomène récent. Quand j’étais enfant ou que mes enfants étaient petits, on parlait simplement d’un enfant intellectuellement précoce, (EIP), c’est à dire qu’il était provisoirement plus doué que les élèves de son âge.
    Quand j’étais jeune, en sixième les élèves passaient des tests et on établissait leur QI; étaient dits EIP ceux qui avaient un QI supérieur à 130.
    En fait ils n’étaient pas intrinsèquement plus intelligents que les autres, mais leurs parents et leurs professeurs avaient su les intéresser suffisamment pour qu’ils apprennent plus vite plus vite à lire à écrire, des rudiments de mathématiques, avaient su les motiver pour lire et consulter des livres qui décrivaient le monde et finalement ils avaient acquis plus tôt que d’autres, non seulement des connaissances, mais aussi l’habitude de raisonner et surtout une grande curiosité intellectuelle.
    Cela faisait que c’étaient de bons élèves et que si leurs habitudes ne changeaient pas, ils continuaient à se montrer relativement doués. Mais s’ils perdaient l’habitude de travailler, leur avantage provisoire cessait et les autres élèves les rattrapaient.
    Cependant pour certains d’entre eux, le fonctionnement de leur cerveau était un peu différent de celui des autres enfants. Ils étaient plus attentifs et comprenaient plus vite les explications. Les chercheurs pensent que peut être la myélinisation de leurs axones était plus précoce et meilleure, et que donc, les transferts entre centres du cerveau étaient plus rapides (la myéline est une substance blanche graisseuse qui entoure les axones, les isole et accroit considérablement la vitesse de l’influx nerveux).
    Une autre caractéristique était celle de leur mode de raisonnement : d’une part ils étaient relativement logiques, et d’autre part ils n’appréhendaient pas les données pas à pas et successivement. Ils avaient tendance à raisonner en arborescence, en « feux d’artifice », en envisageant simultanément de nombreuses ramifications et en les explorant, ce qui donnait l’impression qu’ils sautaient « du coq à l’âne », et de ce fait leur pensée était parfois difficile à suivre, car on n’arrivait pas à suivre leur arborescence d’idées.
    Mais lorsque je préparais les concours des grandes écoles, j’ai connu des dizaines de jeunes qui étaient ainsi « surdoués », et aucun n’était malheureux, et par ailleurs, très rares étaient ceux qui estimaient être des prodiges.

    Je crois que si certains dits « surdoués » sont aujourd’hui malheureux et en échec, c’est à la fois la faute de leurs parents et de leurs professeurs et, par la suite d’eux mêmes.
    Les parents se sont persuadés que leur gosse était un génie et ils le lui ont tellement dit que l’enfant a fini par le croire. A partir de là, il est persuadé qu’il peut réussir sans rien faire, et même, pour certains d’entre eux plus fragiles, ils se sentent anormaux, et en souffrent. L’âge affectif ne suit pas toujours l’âge intellectuel et certains enfants, en avance intellectuellement, n’ont pas la maturité émotionnelle correspondante.
    En classe ces enfants s’ennuient car ils comprennent beaucoup plus vite que les autres et, s’ils sont consciencieux, font leur travail plus vite. Par ailleurs l’enseignement est devenu trop théorique, trop déconnecté du réel, notamment en mathématique et en physique, et les enfants, trop attirés par ailleurs par l’ordinateur, les jeux, internet, les réseaux sociaux et le téléphone, ne s’intéressent plus à ce qu’ils apprennent.
    Il est certain qu’autrefois, les « IEP » ne pouvaient s’ennuyer : les professeurs leur donnaient des travaux supplémentaires, leur prêtaient des livres sur la nature ou la physique de la terre, leur demandaient d’aider ceux qui suivaient plus difficilement, et parfois, les envoyaient au tableau, refaire une partie du cours à leur place.
    Surtout l’enseignement était beaucoup plus en rapport avec les choses pratiques et les professeur avaient eu une formation pédagogique, et ils savaient nous intéresser à ce qu’ils enseignaient.
    Les gouvernements successifs ont, pour des raisons budgétaires, supprimé les écoles normales et demandes aux professeurs des diplômes trop élevés par rapoport à ce qu’ils enseignent. De ce fait ce sont de bons théoriciens, mais une partie d’entre eux ne sait ni enseigner de façon intéressante, ni faire en sorte que les élèves ait de la curiosité intellectuelle et aiment la classe.
    On voit parfois des méthodes bizarres, comme le professeur de maths d’un de mes petits enfants, qui leur demandait de faire des exercices sur des sujets dont il n’aavit pas encore fait le cours, sous prétexte de « développer leur créativité ». C’est pédagogiquement absurde, d’autant plus que la créativité, c’est l’art de rapprocher certaines notions qui ne le sont pas habituellement, à partir de choses connues ou en mémoire, mais ce n’est jamais de créer ex nihilo.

    Bref je suis étonné de voir des « surdoués » en échec scolaire. Je ne susi pas sûr que ce soit parce qu’ils sont surdoués. Je pense qu’il y a d’autres raisons qu’on n’a pas vu ou qu’on ne veut pas voir. En général les jeunes en échec scolaire le sont, soit parce qu’ils ne sont pas doués intellectuellement, mais surtout parce qu’ils ne sont ppas motivés pour travailler, et/ou qu’on n’a pas su les intéresser à ce qu’on leur demandait d’apprendre, et qu’on avait oublié de les persuader de l’intérêt des études.
    Il est par ailleurs évident que chacun ne peut suivre toutes les orientations possibles et là encore, les professeurs étaient autrefois formés pour aider les jeunes à s’orienter dans leurs études et leur futur métier.
    Il faut reconnaître aussi que la tâche des professeurs est plus difficile aujourd’hui, d’une part en raison de la mauvaise éducation des enfants, et malheureusement de celle des parents, et du fait qu’ils n’ont pas été formés pour se trouver dans de telles difficultés.
    Enfin je constate qu’alors qu’autrefois l’élève doué était respecté par ses camarades qui avaient besoin de lui pour les aider, alors qu’aujourd’hui, on le traite bêtement « d’intellectuel » et on se moque de lui. Evidemment les jeunes qui se livrent à ce jeu méchant ne sont pas eux, très intellectuels.
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