Samedi 21 juin 2014 à 7:36

Enseignement, école, fac

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    Il me reste à parler des sujets de ES
    Ils étaient horriblement « bateaux », mais le premier était à mon avis très difficile parce que trop philosophique.
        « Suffit-il d'avoir le choix pour être libre ? »
        « Pourquoi chercher à se connaître soi-même ? »

    Je traiterai aujourd’hui le premier sujet.


    La liberté est un sujet qu’adorent les profs de philo, car c’est une notion aux facettes multiples où l’on peut mettre ce que l’on veut, de la thèse la plus matérialiste à celle la plus métaphysique.
    "Tu dois donc tu peux", a écrit Kant. Selon le philosophe, la liberté chez l'homme, c'est de choisir la loi que l'on se donne à soi-même.  C’était un moraliste et un idéaliste rationnel. La liberté est celle de la raison.
    « Aime et fais ce que tu veux » disait Saint Augustin.

    Le sens originel de liberté est celui de l’homme libre qui n'appartient pas à autrui, qui n'est pas un esclave.
    Pour le commun des mortels aujourd’hui, l’homme libre est celui qui n’est pas soumis à un régime outrageusement autoritaire ou qui n’est pas en prison : il n’est pas « enfermé » sans pouvoir agir comme il le souhaiterait, physiquement et en pensées.
    De façon générale, la liberté est un concept qui désigne la possibilité d'action ou de mouvement. C’est l’action sans contraintes.
    En philosophie et en sociologie elle désigne l’aptitude des individus à exercer leur volonté et leurs choix, mais ce n’est pas aussi simple que cela.

    Les philosophes parlent souvent de la « liberté du vouloir » : on est libre quand on a pu décider et faire une action sans contraintes extérieure. Une action faite par pulsion interne est libre si on part de cette définition. La justice adopte cette position quand elle estime que la personne ivre ou sous l’empreinte d’une drogue est quand même responsable, car elle avait la liberté de ne pas absorber ce qui a troublé sa raison momentanément.

    Mais en fait c’est un peu une utopie, car il y a toujours des contraintes extérieures qui influent sur nos actes. Un  gouvernement ayant la majorité et même un tyran ont finalement peu de marge de manoeuvre, car de nombreuses contraintes existent au plan économique, climatique, démographique, et surtout financier.

    Cela se complique encore quand on fait intervenir des contraintes issues d’autorités divines. Le Destin, chez les Grecs guidait le cours des événements.
    Dans la religion musulmane, le fatalisme est important. Les événements ne se produisent que si Allah l’a voulu. Au 17ème siècle les discussions ont été vives sur la prédestination, autour de Pascal et des Jansénistes. Encore maintenant on compte sur Dieu pour modifier le cours des choses. On n’a plus de liberté si tout est écrit d’avance.

    Le déterminisme est hérité des sciences expérimentales : c’est la conformité aux lois de la nature, aux lois qui régissent le fonctionnement de l’univers et des sciences.
On est donc obligé de respecter ces lois. Mais, pour certains comme Leibnitz, l’homme peut ainsi apprendre à connaître ce qui est possible et décider en fonction de ces lois et, à la limite, s’il connaissait le fonctionnement de son cerveau, et donc de ses passions et de ces désirs, il pourrait par la même, les surmonter.

    Mais la science moderne a transformé ce déterminisme. L’étude de l’infiniment petit, les nanotechnologies, la physique quantique et celle proche du zéro absolu (-273 d°C), ont introduit une certaine indétermination, seule une approche statistique de groupe étant possible. L’univers comporte une certaine indétermination.
    Par ailleurs la relativité a bouleversé la notion de temps, donnée presque métaphysique et le temps est devenu aussi malléable que l’espace, au moins en théorie.

    Les philosophes ont l’art de parler de choses importantes de façon incompréhensible. Je me souviens d’un cours sur Descartes et la « liberté d’indifférence » pour lequel nous nous demandions si le prof l’avait lui même compris !
    C’était pourtant simple, mais très théorique : l’indifférence est « l’état dans lequel est la volonté lorsqu’elle n’est pas poussée d’un côté plutôt que de l’autre par la perception du vrai et du bien ». C’est un peu comme une sphère soumise à la pesanteur en équilibre instable sur le sommet d’un cône de révolution vertical : elle peut tomber selon n’importe qu’elle direction. C’est le plus bas degré de liberté, mais je doute que l’être humain le rencontre dans ses propres décisions.
    Mais Descartes en déduisait qu’il y avait un autre cas de « liberté éclairée », dans laquelle une contrainte incitait à choisir une direction pour nos décisions, et où nous choisissions de décider autrement : aujourd’hui, on appelle cela le « libre arbitre ».

    Je me souviens peu des cours que nous avons eu sur les conceptions matérialistes de la liberté d’Hegel et de Marx, liées évidemment à leurs idées sociales et politiques et à l’histoire. La liberté politique doit garantir les libertés individuelles.
    Tout aussi difficile à retenir à long terme les idées de Bergson qui essayait de définir la liberté par la psychologie, en montrant que les circonstances avant décision n’étaient jamais exactement les mêmes et que donc nous n’étions pas soumis psychologiquement au déterminisme, ou celles de  « l’Etrre et le Néant » de Sartre (très difficile à lire pour un pauvre scientifique !), qui pensait que l’homme était obligé de se construire lui même, qu’être c’était se choisir, mais qu’il était abandonné dans cette tâche et que c’était ce néant qui était la liberté. (J’ai relu un vieux cahier de philo et je ne sais toujours pas si j’ai compris; mes correspondantes philosophes, aidez moi !!!).
    Et par la suiteFreud ne parlait pas de liberté, mais ses thèses sur l’inconscient la mettait fort en doute.

    Pour moi j’avoue, que jeune, je m’intéressant à la philo, puisque ayant passé le bac S en juillet (il s’appelait maths-élem), je suivais en plus les cours de psycho des L (c’était le même prof) et j’ai aussi passé le bac L en septembre, mais que, par la suite, j’ai préféré le domaine plus concret des sciences.
    Alors je ne me pose pas de questions existentielles sur ma liberté.!
    Quand j’ai une décision à prendre, je rassemble des données, j’écoute des avis, puis je me décide, souvent en conformité avec certains des avis que je trouve pertinents.
    Et même si je sais que j’ai donc été influencé par ces données extérieures, comme je l’ai aussi été par mon inconscient, j’ai l’impression d’avoir choisi ce que je voulais : j’ai dit oui ou non à diverses solutions.
    Mais après, il faut que j’en assume les conséquences !!
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