Mercredi 24 juin 2015 à 7:51

Enseignement, école, fac

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     Il y a huit jours j’avais lu les sujets du bac philo des séries générales et cela m’avait inspiré quelques réflexions.
    Depuis j’ai aussi eu connaissance des sujet de philo du bac technologique, non moins intéressants que les précédents, et puis il y a eu les sujets de français en première.
    Alors je recommence cet inventaire des réflexions que cela m’inspire.

Sujet de philo série technologie : « Peut-on être heureux sans être libre? »

  Si je suis libre je décide ce que je vais faire, je fais des choix;
certains vont réussir, mais d’autres connaîtront l’échec. Je regretterai de ne pas avoir fait certaines actions et j’aurai des remords d’en avoir fait d’autres, qui se sont avérées néfastes pour moi ou pour autrui.
    La liberté n’implique donc pas toujours le bonheur, car liberté implique responsabilité.
    Elle est compatible avec lui, si elle n’apporte pas tracas et souffrances physiques ou psychiques. Il est certain que nous tirons satisfaction de nos réussites et nous pouvons être heureux et être libres dans certaines circonstances.
    Liberté et bonheur ne s’excluent pas, mais ne peuvent coexister lorsque le fait de choisir librement a abouti à des erreurs et des souffrances.
  
 On pourrait croire que celui qui est riche et a un pouvoir absolu est heureux puisqu’il a une liberté presque totale, mais les faits montrent que ce n’est pas vrai, et qu’il voudrait avoir encore plus, et surtout, a peur de perdre cette toute puissante liberté.

    Peut on être heureux si on n’est pas libre ?
    
Il est certain que le jeune enfant qui ne décide rien d’important, est heureux au sein de sa famille, si celle-ci est unie et s’il a l’amour de ceux qui la composent.
    Une des clés du bonheur est de jouir de l’instant présent, des petites joies de tous les jours. Ce sont effectivement des situations dans lesquelles on est peut être libre, mais on ne se sert pas de cette liberté. On tire le bonheur de situations, de personnes, de notre environnement, sans tellement réfléchir, mais en profitant de nos émotions positives et de nos sentiments. On ne fait alors pas d’autre choix que d’être heureux …. provisoirement.
    Ce qui est également certain c’est que la privation de liberté est une souffrance, que ce soit lors de persécution d’un groupe par un autre, de l’emprisonnement - même si on l’a mérité -, de la mise sous tutelle d’un adulte, même s’il ne pourrait s’administrer seul.
    Il ne semble donc pas que l’on puisse être dans un état de satisfaction totale et durable, dans lequel nous aurions éradiqué toute souffrance, donc de bonheur, si on n’est pas libre physiquement et en pensée.
  
 La liberté de penser, à laquelle nous sommes très attachés, est effectivement une condition de notre bonheur, notamment dans le monde actuel, où l’intolérance règne dans certains pays et où des intégristes trop nombreux, de tous bords, ne tolèrent pas que l’on ne pense pas comme eux et qu’on puisse le dire (ou le dessiner).

    Faut il choisir entre bonheur et liberté ?
  
 Nous sommes donc devant un dilemme. Nous ne pouvons être heureux durablement si nous ne sommes pas libres, mais la liberté peut engendrer des situations dans lesquelles nous ne sommes pas heureux. Il semble donc y avoir en partie incompatibilité.
    Alors s’il faut choisir, selon quels critères.?
    Le bonheur est une préoccupation générale, mais personnelle, presque égoïste.
    De plus il est incertain, fluctuant, empirique, sans possibilité de l’obtenir pragmatiquement.
    Choisir d'être heureux sans être libre, c'est se satisfaire d'une situation de satisfaction immédiate, instinctive et matérielle, qui nous éloigne de tout idéalisme, voire d’altruisme, c’est renoncer à cette liberté qui nous est si chère, c’est ouvrir la porte à l’anarchie ou à la tyrannie.
    Renoncer à la liberté c’est donc choisir l’esclavage; la liberté semble avoir plus de valeur que le bonheur; alors sommes-nous condamnés à essayer d'être libres tout en renonçant à être heureux ?

    Peut être faut il que nous redéfinissions le bonheur.
  
 Evidemment ma petite amie La Rousse ne s’est pas cassé la tête : j’ai trouvé que «heureux, c’est « ressentir le bonheur » et que le bonheur c’est « l'état de la conscience pleinement satisfaite : ce qui rend heureux » !!!.
    Si nous écoutons les stoïciens et les épicuriens antiques, c'est un état de bien-être que nous ressentons, et si nous n'avons pas ce bien être, il n'y a pas de bonheur et donc le bonheur c'est d'abord l'absence de peine. Ils parlent de "l'ataraxie", qui est "l'absence de troubles"; l'état mental, l'éthique, la paix intérieure, où l'on n'est plus atteint par ce qui se passe autour de nous, où toutes les préoccupations nous semblent étrangères et dérisoires. Pour eux, bonheur, sagesse, vertu et liberté ne font qu’un.
    Ne peut être heureux, que « celui qui s'est libéré de ses désirs en apprenant à les contrôler et à les trier, par une connaissance rationnelle du monde et de la nature des choses »
    Bien sûr c'est de la philo et un peu utopique, mais il faut cependant d'abord chasser la tristesse et le stress pour être heureux
    En pratique il faut d’abord voir le passé autrement : ceux qui n'ont que remords (de ce qu'ils ont fait) et regrets (de ce qu'ils n'ont pas su/pu faire) ne peuvent être heureux. Il faut se dire que l’on ne peut plus rien changer du passé et qu’il faut donc voir le présent et l’avenir.
    Goûter les joies du présent demande de regarder dans la bonne direction.
        Certaines personnes ont tout pour être heureuses, mais elles ne regardent pas ce qu'elles ont, notamment les petites joies de la vie de tous les jours. Soit elles passent leur temps à regarder ce qu'a le voisin et qu'elles n'ont pas, soit elles attendent des grandes satisfactions, l'accomplissement de leurs rêves les plus fous, de choses extraordinaires.     Certes cela arrive parfois, mais l'idéal est rarement atteint et le bonheur du présent est fait d'une multitude de petites joies quotidiennes.
    Certaines personnes ne sont jamais satisfaites et se fixent des objectifs difficiles, et, dès qu'ils sont atteints, ne profitent pas de ce succès, s'en détournent pour vouloir atteindre dans l'avenir un objectif encore plus ambitieux. Elles sont alors tout le temps dans l'avenir, à courir après un nouveau souhait et sont donc éternellement insatisfaites.
         Certaines également n'ont pas confiance en elles et en leur avenir, et doutent en permanence d'avoir fait le bon choix, remettant sans cesse en cause leurs décisions, se condamnant ainsi comme les précédentes à une éternelle attente du bonheur.

    Dans la pratique, certes pour être heureux il faut être libre, mais l’exercice de la liberté, cela s’apprend. Si l’on sait modérer ses désirs, ne pas en faire des pulsions, mais les rationaliser, si l’on apprend à faire raisonnablement des choix, en prévoyant leurs conséquences et en évitant ceux trop risqués, si l’on sait rester optimiste, alors on peut réconcilier liberté et bonheur
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