Mercredi 4 février 2009 à 8:34

Notre cerveau : émotions

    Qu’est ce que la tristesse ?
    La tristesse est une émotion naturelle de la vie, "négative" comme la peur ou la colère. (C’est ce que racontent les livres !)
    La tristesse relève d'un besoin, d’un manque affectif.
Il est normal d'être triste, parfois de façon prolongée, (perte d'une personne, d'un animal, d'un objet qui ont une valeur affective, échec ou regret de n’avoir pas fait une chose importante).
    La tristesse est d'autant plus intense que la perte ou le manque est psychologiquement et subjectivement important. Les raisons de tristesse sont donc très différentes d’une personne à l’autre. Ce n’est pas un sentiment qui repose sur la logique objective et donc certaines raisons qui peuvent nous paraître futiles peuvent engendrer chez d’autres personnes une tristesse réelle.
    La tristesse est donc  le signe d’un “déficit" au plan émotif.
    La tristesse n'est pas la dépression et ne conduit pas à la dépression. Il faut savoir l'accepter, la laisser "sortir", pleurer si le besoin s'en ressent, sans se culpabiliser, ni se dévaloriser.
    Mais la tristesse peut devenir permanente et elle peut mener à l’anxiété.
Elle peut aussi avoir des “pics” et ces paroxismes provoquent des angoisses.

Ce sont donc des mécanismes qu’il va falloir que nous examinions.

    Les pensées tristes peuvent tourner en rond dans notre cerveau émotionnel, alors que normalement, le cortex frontal devrait intervenir et raisonner notre tristesse pour la faire cesser et nous inciter à des activités qui nous rendraient plus joyeux.
    On ne sait pas exactement quelle est à l’intérieur du cerveau émotionnel, l’origine des pensées tristes. On a simplement constaté que la tristesse et la joie activent les mêmes centres cérébraux dans le cerevau émotionnel et le cortex  préfrontal, la tristesse étant davantage prise ne compte par l’hémisphère gauche et la joie par l’hémisphère droit.

http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau1/Papez.jpg

    On constate aussi que le circuit de Papez qui intervient dans la mémorisation (voir l’article récent sur les mémoires), intervient aussi car les pensées tristes peuvent  activer les connections des neurones du circuit de Papez et ainsi “tourner en rond” dans le cerveau émotionnel, sans que les cortex préfrontal et frontal n’interviennent efficacement pour arrêter ce manège.
    Les centres amygdaliens sont ainsi sollicités en permanence et leurs réactions qui interviennent de façon analogue à la peur, constituent alors un malaise permanent que l’on appelle anxiété ou stress.


    L’environnement est un facteur important dans le cas de la tristesse.
J’ai connu bien des jeunes qui avaient dans leur chambre des tentures sombres, et affichaient des posters de sang et de catastrophes,qui s’habillaient tout de noir et se fardaient aussi tristement, qui n’écoutaient que des chansons tristes évoquant des horreurs et des souffrances, lisaient des livres évoquant l’angoisse,  et la peur et n’aimaient au cinéma que les films d’horreurs et de violence, ou les films psychologiques évoquant des personnages au cerveau troublé et au bord de la dépression ou de la maladie mentale. Ces jeunes étaient souvent au bord de la dépression.
    Ce type d’environnement favorise les idées tristes et finit par établir comme une addiction à cet situation morbide et rend peu à peu la tristesse chronique en empêchant le cortex d’intervenir rationnellement et objectivement pour rétablir le contrôle du cerveau émotionnel par le cortex frontal.
    Le retour à la normale passe par l’abandon de ces pratiques : des couleurs vives , des lectures et des distractions gaies, des ami(e)s joyeuses et éventuellement le détournement de l’agressivité vers une activité sportive.
    J’ai déjà fait dans mon blog des articles sur ce sujet..
    Mais, si la tristesse se prolonge pendant des semaines, est omniprésente dans la vie quotidienne, se répercute sur la perception du passé, du présent et de l'avenir, reste insensible à des événements heureux, engendre une incapacité à éprouver du plaisir et s'accompagne d'une dévalorisation et d'une vraie douleur morale, on peut alors se demander si on ne va pas vers un état anormal qui est semblable à une maladie, la dépression, qui relève non plus du contrôle des émotions par le cortex, mais du médecin.

    Quelques mots sur l’anxiété (que l’on appelle aussi stress).

    La peur est une réaction ponctuelle qui n’a qu’une durée limitée. L’anxiété, c’est une réaction analogue à la peur (et qui concerne donc les centres amygdaliens), face à une situation nouvelle ou menaçante qui a une certaine permanence. L'anxiété pourrait aussi naître lorsque les prédictions qui sont faites par notre cortex préfrontal, en se basant sur la mémoire de nos expériences passées, ne sont pas confirmées par l'expérience présente.
    Le stress, c’est en quelque sorte une peur permanente.
    L’évolution a mis dans notre cerveau ce mécanisme pour que nous puissions survivre à ces changements ou à ces menaces et  le stress peut donc être très utile
    Nous ne sommes plus à la préhistoire et le danger stressant est rarement un prédateur, mais beaucoup plus souvent une situation sociale, comme un examen ou une menace verbale d'une autre personne.
   Notre cortex peut se représenter des situations qui auront sur notre cerveau le même effet que la menace concrète d'un prédateur. L’environnement a changé depuis la préhistoire, mais les réactions émotives de base restent les mêmes.

    Nous avons vu les réactions physiologiques que déclenchaient les amygdales en cas de peur. Ces modifications engendrées via le système sympathique sont toutes orientées vers une dépense importante et immédiate d'énergie et elles ne peuvent être maintenues trop longtemps sans que cela cause des problèmes à l'organisme.
    L'hypertension et les ulcères d'estomac sont par exemple des symptômes attribués au stress.
    Sous l’effet de l’anxiété, les amygdales via l’hypothalamus et l’hypophyse vont faire sécréter aux glandes surrénales une hormone anti-stress, le cortisol qui est un corticoïde analogue à la cortisone.
    Ces substances anti-inflammatoires naturelles sont reconnues pour affaiblir à la longue notre système immunitaire.
Donc quand l’une d’entre vous me dit qu’elle a raté un examen ou vécu une rupture amoureuse et qu'en plus, comme si le sort s'abattait sur elle,  elle a attrapé la grippe, ce n’est pas le fait du hasard. Il arrive également souvent que des personnes âgées meurent de chagrin quelques mois seulement après la mort de leur conjoint, alors qu’elles étaient en relative bonne santé.
    Je pense qu’il faudra peut être que je refasse un ou deux articles sur les moyens de lutter contre l’anxiété.

    Deux mots enfin sur les angoisses.
    L’angoisse est, comme la peur un phénomène temporaire et provient d’une réaction trop importante des amygdales.
    L’angoisse se caractérise par l'intensité du malaise psychique ressenti qui résulte d'une extrême inquiétude, d'un danger vague mais imminent devant lequel on serait désarmé et impuissant. L'angoisse survient souvent sous forme de crises qui sont très difficiles à contrôler. L'individu a alors du mal à analyser l'origine de son angoisse, et s'affole d'autant plus qu'il sent les palpitations, les sueurs et les tremblements l'envahir. L'angoissé se concentre alors sur le présent et ne peut plus assumer qu'une tâche à la fois. Il présente des signes de tension musculaire et respire avec peine, son système digestif se contracte  et digère mal. C'est une intervention des centres amygdaliens trop forte et ui ne cesse pas suffisamment vite.
    Le trac ressenti avant d'affronter un public ou le stress qui nous envahit avant une épreuve d’un examen scolaire sont aussi des formes d'angoisse, que l'entrée en scène et l'action dissipent généralement. L'angoisse peut donc aussi avoir un aspect positif si elle permet de mobiliser nos énergies pour donner le meilleur de nous-même à des moments clés, mais elle est nocive lorsqu'elle paralyse et empêche l'action.


Demain j'aborderai le mécanisme d'effet des anxiolytiques (ou tranquillisants).
Par repermusiques le Mercredi 4 février 2009 à 21:25
Les crises d'angoisses ne sont hélas pas maitrisables... Cela m'est arrivé... J'ai beaucoup aimé cette explication.

Bonne soirée
Par plop-maw le Samedi 7 février 2009 à 16:41
hum... Je suis quelqu'un de TRES anxieu, je fait des crises de spasmofilie, j'ai du psoriasis, de l'eczema bref tout le tralala super sympas. Je prenais du lyxancia pendant mes gros stress mais son effets n'etait pas celui que l'on voulait alors je prends du stresam, on teste voir si sa marche... J'ai un oral blanc apres demain. L'annee dernier j'avais rate mes deux oraux a cause d'une perte totale de control. Pendant ce genre d'epreuve je sait que si je m'evanoui ou autre je devrais repasser alors je me contient mais je bafouille je ne peux plus reprendre le fil, je tremble de devient rouge et brulante c'est tres genant en plus ce qui empire le phenomene... Generalement en plus je m'embarque en essayant par exemple de cacher mes mains et puis finalement je me dit que sous la table c'est mal poli bref je suis incontrolable ^^' enfin je me soigne il n'y a que l'entrainement pour faire passer ca...
Par lavieselonmoi le Samedi 7 février 2009 à 19:57
Ma dernière fille est passée par des moments de tristesse et de stress profond. A force de la voir ainsi, je l'ai conduite chez une psychothérapeute, qui l'a aidé. En quelques séances, la vie avait repris un sens, les couleurs noires oubliées, et le sourire refleurissait sur ses lévres. Voir ma fille de 14 ans au bord du gouffre m'a fait réagir très vite. Il ne faut jamais hésiter à se faire aider.
Par lavieselonmoi le Samedi 14 février 2009 à 8:53
Merci pour le commentaire dans mon Tagboard.
Je vois tellement d'adolescents autour de moi, se débattre seuls avec leurs problèmes. Bon nombre de parents actuellement, ne regardent pas leurs enfants, et vivent pour eux, laissant les enfants à la dérive.
Le nombre de fois que j'ai vu des jeunes arriver chez moi, sans avoir de quoi déjeuner, sans savoir où dormir, est impressionnant.
J'ai toujours ma porte ouverte pour écouter, et aider. Mais je ne peux pas prendre la place de ces parents démissionnaires, peu soucieux de leur progéniture. Je ne peux être qu'un relai, et donner un peu de mon temps; Ils sont gentils et bien sympathiques, ces petits jeunes, mais tellement malheureux. Ma fille à une copine, qui m'a dit: ma mère n'en a rien à faire de moi, mon père vit dans un F1 et n'a pas de place pour m'accueillir bien souvent, alors je vais chez ma sœur. C'est dur à 15 ans de vivre sans cocon familial. Et ils sont combien comme cela ?
J’ai aidé mes enfants, j’aide mes enfants et aiderai mes enfants, dans la mesure de mes moyens et mes possibilités, sans m’ingérer dans leurs vies. Je suis là, et ils le savent, pour le bon comme pour le mauvais. Je suis loin d’avoir la science infuse, mais Je crois que c’est tout simplement le rôle de parent. Etre vigilant, à l’écoute et présent sans être envahissant, ni indiscret.
 

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