Mardi 6 janvier 2015 à 7:47

Zoologie, botanique, évolution


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    Un petit Yorkshire, Truffe a partagé notre vie pendant 18 ans, et il faisait partie de la famille, au même titre que les enfants et petits enfants.
    Il connaissait environ 300 mots. Je ne sais pas quelle signification exacte il leur donnait, mais il est certain qu’il savait associer des mots et des objets.
    Si on lui demandait d’aller chercher des objets qu’il connaissait, il les rapportait ou s’il ne pouvait les attraper s’asseyait devant leur emplacement.
    Il connaissait le mot « téléphone », et un jour où je ne savais plus où j’avais laissé le téléphone sans fil, je lui avais dit « cherche téléphone » et il a circulé dans tout l’appartement et a fini par le trouver.
    Il comprenait même un minimum de syntaxe : si ma femme lui disait « on fait la toilette à Truffe », il allait chercher sa brosse, mais si elle disait « on fait la toilette à maman », il la précédait dans la salle de bain (ce qui était méritoire car lui avait horreur qu’on le baigne !).
    Evidemment certains mots voulaient dire la même chose : « promener », « sortir », « dehors », « faire les courses », « chercher le pain » et il allait chercher sa laisse.
    Mais tous les mots désignant des choses à manger, l’amenaient, soit devant sa gamelle, soit devant le tiroir ou le placard, où le met convoité était rangé : il fallait éviter de parler de « chocolat » dans la conversation.!
    Sa pire hantise c’est quand on parlait de « valises ». Il allait voir si on ouvrait le placard où elles étaient rangées, il restait à coté de ma femme quand elle les remplissait, et le matin suivant, quand je descendais sortir la voiture du garage, il sautait sur la banquette arrière et plus moyen de l’en sortir jusqu’à ce qu’on parte.
    Il connaissait évidemment tous les membres de la famille par leur nom et leur faisait la fête. Il reconnaissait les pas de ma fille quand elle rentrait le soir, à une cinquantaine de mètres de la maison et même la façon de conduire une auto. Quand ma belle fille venait, et qu’elle rentrait dans la cour de l’immeuble, il aboyait d’une façon particulière et allait l’attendre devant la porte.
    Une fois, il s’est manifesté ainsi et il ne s’est rien passé. Nous nous sommes moqués « tu t’es trompé Truffe ! ». Mais quand on a raconté cela à ma belle fille, elle nous a dit que ce jour et à cette heure là, elle était passé en voiture dans notre rue !
    Une de mes filles était à Toulouse et venait nous voir en avion et j’emmenais Truffe l’attendre à l’aéroport d’Orly. On se mettait au bout du couloir de débarquement et quand il l’apercevait, il courait à toute allure et lui sautait dans les bras pour la lécher, à la grande joie des autres passagers.
    Il adorait courir après des balles, et mes enfants mettaient deux quilles pour marquer les limites d’un « but » et il se mettait au milieu. Les enfants lançaient des balles à la main, de quatre mètres environ, au ras de terre et il les arrêtait presque toutes.
    Mon bureau était juste à coté de mon logement, au bout d’un bâtiment où il y avait un long couloir de plus de 50 mètres et il m’arrivait, le week-end, d’aller y chercher un dossier. J’emmenais Truffe qui enfilait le couloir à toute vitesse et 10 mètres avant la fin du couloir, il bloquait ses pattes et glissait sur le lino ciré, comme sur une patinoire; puis il revenait de même vers mon bureau, et répétait cela trois ou quatre fois.
    Un jour, je l’ai beaucoup inquiété : il y avait dans mon appartement un téléphone sans fil avec un combiné dans la salle de séjour et un dans la chambre.J’avais décroché les deux combinés et de la chambre, j’appelais Truffe dans la salle de séjour; il était perplexe puisqu’il m’entendait parler et ne me voyait pas. Alors il a couru dans tout l’appartement et m’a trouvé dans la chambre, puis il est retourné dans la salle de séjour et ne comprenait toujours pas pourquoi il m’entendait. Il est venu alors perplexe m’interroger. J’ai demandé à ma femme de prendre ma place, je l’ai pris dans mes bras et je lui ai montré les téléphones dans lesquels ma femme parlait. Par la suite, il ne se laissait plus prendre au piège, et venait me voir dans la pièce où je parlais.
   
    Je me suis souvent demandé si Truffe était un chien exceptionnel, mais j’ai lu depuis des compte-rendus de recherche de chercheurs allemand de l’institut Max Plank, de Leipzig.
    Ils ont étudié la mémoire lexicale de divers chiens Border Collies, en leur apprenant à reconnaître des objets d’après leur nom. Puis ils plaçaient un objet inconnu et demandait au chien de le chercher, mais le chien ne connaissait pas le nom. ALors il allait devant un autre objet et évidemment on lui disait « non ». il le faisait une deuxième fois, puis ayant compris que les objets avaient toujours le même nom, il allait chercher l’objet inconnu. Et cela suffisait pour que le chien retienne le nom de l’objet.
    Quand on mélange deux objets inconnus, le chien choisissait un des deux objets au hasard et si on lui disait « non », il allait chercher l’autre. Puis il revenait vers le premier objet et attendait qu’on lui dise son nom. Mais il ne retenait pas tout de suite les deux noms et il fallait répéter deux ou trois fois l’opération.
    Ces chiens connaissaient plus de cent objets dans la maison, et ils comprenaient un embryon de syntaxe, notamment sur des verbes d’action : chercher, apporter, trouver, montrer….
    Certes tous n’avaient pas la même facilité d’apprentissage, surtout en début de dressage, mais ils faisaient rapidement des progrès, et pour eux, c’était une sorte de jeu.
Pour beaucoup il fallait un nombre plus grand de répétitions pour qu’ils comprennent et retiennent, mais le nombre de mots retenus était en général, important.
   
    Finalement ce qui apparaît surtout, c’est la faculté du chien, notamment des petits chiens de compagnie, de partager la vie de l’homme, et si celui-ci apporte son attention et son amour - qui lui ait largement rendu - et accepte de « parler » avec lui, le chien est capable de montrer l’intelligence d’un enfant de dix huit mois, avant qu’il ne sache parler, mais alors qu’il comprend déjà une partie simple du langage.
Par alyane le Mardi 6 janvier 2015 à 21:45
Les animaux comprennent beaucoup de mots.
J'avais un labrador qui comprenait des mots en français et en allemand.
Joli récit que vous avez écrit.
 

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