Vendredi 10 avril 2009 à 14:16

Amour et peines de coeur

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    Dans mes conversations avec mes correspondantes qui souffrent de chagrins d’amour, je constate souvent deux approches très différentes de l’amour, deux sortes de liens dont elles n’ont pas totalement conscience, mais que souvent elles opposent, et que j’appellerai “l’amour tendresse” et “l’amour passion”, d'un côté, des liens que nous tissons dans des attachements rassurants et sans histoire ; et de l'autre, ceux qu’imposent les pulsions de la passion et du désir.

    Je suis étonné de ne trouver le plus souvent que ces deux approches dans les couples ou dans la recherche du (ou de la) petit(e) ami(e).
Alors je finis par penser à l’article de Monochrome dream sur notre tendance à suivre l’opinion majoritaire et à en faire un dogme (je vais faire des articles sur ce sujet dans les prochains jours).
    Alors réfléchissons à cette dualité et cet antagonisme, cette alternative de l’amour tendresse et de l’amour passion.

    Pas étonnant que tout le monde y pense : c’est pratiquement le sujet de toutes les intrigues amoureuses des films américains.
    Tout jeune premier américain se trouve dans une intrigue amoureuse de film ou dans son couple de scène, devant deux éventualités entre lesquelles il croit balancer, se réduisant en fait à une seule : soit épouser quelqu'un qu'il n'aime pas, et dont il ne se sentira donc jamais prisonnier, soit partir avec une femme qui ne l'aime pas, (ou a une passion violente mais de courte durée), et dont il peut imaginer qu'elle ne le retiendra donc jamais s'il veut partir ! Deux femmes très différentes, mais un seul choix : un amour quasi-unilatéral !
   
    Alors je me demande si dans la vie des jeunes ados que je cotoie, voire même des couples plus âgés, ces deux choix d’amour tendresse et d’amour passion sont-ils finalement si différents ?
    Si l'amour totalement et également partagé dans le couple est si rare chez mes “guenons”, n’est-ce pas parce que nous faisons tout pour que cela ne nous arrive pas ? C'est qu'un tel amour présente un risque considérable, celui de la confusion des rôles et des sentiments.
    Quand je regarde autour de moi, j’ai souvent l’impression que les couples semblent divisés en deux camps : d'un côté, ceux qui sont seuls et rêvent tout haut d'être en couple ; et de l'autre, ceux qui sont en couple et rêvent tout bas d'être seuls. Mes guenons qui n’ont pas de petit ami se sentent ridicules et anormales, sans penser à la liberté qu’elles ont d’avoir beauoup d’amis, et celles qui ont un petit ami dont elles se sont lassées, ne veulent pas le quitter de peur d’être seules et de paraître insociables aux yeux des autres.
    Ce n'est pas un hasard. C'est qu’aussitôt seuls, nous nous angoissons d'être abandonnés, tandis qu'aussitôt en couple, nous craignons - (et surtout les garçons) - de perdre notre liberté.
    Tromper sa petite amie (souvent avec sa meilleure copine !) obéit bien souvent à une logique qui a peu de choses à voir avec l’amour physique et beaucoup avec l'esprit. En s'imaginant ailleurs à tout moment, l'infidèle échappe à l'angoisse de se trouver pris dans le filet d'une relation exclusive et sans échappatoire. Je ne cherche ni à excuser, ni à juger, je constate des faits.
    C’est l’influence du “vivre son temps inconscient” que dénonçait ma “muse philosophe”.

    Ce qui est curieux c’est que ce type d’amour “unilatéral” ou en tout cas “disproportionné et inégal dans le couple” semble une clé du succès puisqu’il est adopté par la majorité. Le couple peut peut être avoir une certaine durée parce que chacun des deux partenaires y est rassuré: celui qui aime n'est pas livré à l'angoisse d'un conjoint qui ne le lâcherait jamais, et celui qui est aimé se sent libre, dans sa tête ou en réalité, sans crainte d'être abandonné.
Les hommes et les femmes ne sont pas égaux dans la façon de résoudre ce dilemme. Les uns ont envie d'aimer et de rester insaisissable tandis que les autres ont plutôt envie d'être aimées mais de pouvoir maintenir parfois leur ami à distance.

    C’est vrai que personnellement je comprends mal ce choix obligatoire entre ces deux attitudes de l’amour sécuritaire et de l’amour passion.
    Mais comme me diraient  Monochrome dream ou Maud, qui aiment bien discuter sociologie de la vie, “toi tu es d’une autre époque, qui avait ses normes différentes, tu as vécu ton temps, qui n’était pas aujourd’hui”.
    C’est sans doute cela : pour moi, comme pour des jeunes de mon époque, on n’avait pas à choisir entre l’amour tendresse et l’amour passion, on voulait les deux à la fois, sachant qu’au début ce serait plus de passion et dans un vieux couple plus de tendresse, et finalement on l'obtenait.
    Mais à condition de s’aimer beaucoup vraiment dès le début et de façon à peu près équilibrée, et d’avoir beaucoup en commun : façon de penser, qualités et défauts qui se complètent, respect mutuel l'un de l’autre et effort vers lui, goûts et désirs voisins bref 
deux personnalités et deux conceptions de la vie qui ne soient pas trop différentes et ne risquent pas trop de diverger avec le temps.
    La recette pour cela ce n’était pas le ou la petit(e) ami(e). C’était avoir des amis du sexe opposé que l’on connaissait de mieux en mieux. Et puis il y a l’un d’eux avec lequel peu à peu, se crée une relation privilégiée, une certaine communauté d’esprit, un certain fusionnement et aussi l’impression d’être indispensable l’un pour l’autre, puis on découvre un jour qu’on s’aime, mais ce choix progressif fait de cet amour quelque chose de sérieux qui a quelques chances de durer, dans la mesure où l’on a suffisamment de choses en commun pour qu'elles soient durables et qu'on ne s'éloigne pas l'un de l'autre et qu'il n'y ait pas trop de disproportion entre les deux amours.

Par MiMiNe le Vendredi 10 avril 2009 à 17:47
Le dernier paragraphe résume bien mon histoire ça me plait bien :)

Et ça me fait dire ce que j'ai remarqué depuis quelques temps c'est que au niveau des relations d'amours à distance par internet et bien maintenant les gens vont se voir en se disant on sort ensemble sans avoir réellement créer cette relation privilégié d'amitié. Je trouve.
Car je peux comprendre qu'on apprécie quelqu'un qu'on éprouve un sentiment d'amour mais sans s'être réellement vu rien ne peux être sûr. Attention je dis pas que ça marche pas mais pour la suite...

Je pense aussi que à cause de la télé etc on s'imagine une forme de
couple qui n'existe pas au final... Tout n'est pas toujours rose ou noir. Le rouge me suffit bien ;)
Par maud96 le Vendredi 10 avril 2009 à 18:33
Je réfute : je n'oserais surtout pas dire pareille ineptie sur toi... surtout sur le sujet des "jeux de l'amour", qui sont quasi-éternels.
Mais ton article me donne une idée : je vais privilégier parmi mes copines celles qui ont un "chum" attitré pour essayer de jouer la tentatrice : puisque la "meilleure" amie de la copine est un hameçon ! ... enfin, après les examens, bien sûr !
Par Arisu le Samedi 11 avril 2009 à 23:06
Je comprend pourquoi Mimine m'a dis de venir lire cet article. Ton dernier paragraphe répond à certaines de mes questions.

Biz
 

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