Lundi 9 mai 2011 à 7:45

Amour et peines de coeur

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Mon article d’hier m'a valu beaucoup de visiteurs et de mails et il a suscité quelques remous, parce que j’ai eu l’air de dire qu’on ne pouvait aimer vraiment quand on était très jeune (avant 20 ans), et cela a fait “hululer” certaines de mes correspondantes qui m’ont écrit “L’amour, c’est chouette à tout âge”
    En fait je n’avais pas tout à fait dit cela :


    Ce que j’ai dit c’est que :

            - aux âges de l’adolescence, il y a en général un décalage important entre la matûrité sentimentale, les attentes et les désirs sentimentaux des filles et ceux des garçons. Cela rend difficile l’éclosion d’un sentiment durable.
            - les buts poursuivis par les uns et les autres peuvent être très divers, certains souhaitent des camarades avec lesquels délirer et s’éclater, d’autres rêvent d’un véritable ami, d’un confident qui vous console et vous conseille, sans rien exiger de vous; d’autres ne souhaitent que des aventures, sentimentales, ou physiques ou les deux; certains veulent vivre une amourette parce qu’elle apporte une présence, une amitié et qu’elle répond à une mode, à un souci du regard des autres. Certains enfin rêvent du grand amour mais sans toujours se rendre compte de ce que c’est.
            - pour vivre vraiment un amour, il faut être au même niveau de souhaits sentimentaux; l’amour doit être réciproque et de “même grandeur” ou bien il meurt. Il faut donc que les deux amoureux ne soient pas “décalés”.
        - un véritable amour n’existe pas sans sa part de rêves, de projets d’avenir, de souhaits de vivre ensemble. Certains ne souhaitent pas s’engager ainsi, alors que leur vie est encore tellement remplie de points d’interrogations quant à l’avenir.
            - pour compliquer les choses, le cerveau des adolescents n’est pas mature en ce qui concerne la prévision de l’avenir et notamment des conséquences des actes que l’on projette. Cela ne facilite pas les choses.
            - l’adolescent qui s’éloigne peu à peu du nid familial est en manque d’amour maternel et paternel. Il a donc un désir de combler ce vide et il voudrait trouver cela dans l’amour d’une personne du sexe opposé, cela d’autant plus que, par ailleurs, le désir est normal et résulte de la puberté et des hormones.
        Je pense que c’est une des raisons de cette soif d’amour.
        Mais je constate que, parmi mes correspondantes, ce désir est beaucoup moins grand si elles ont un ami, un grand ami sincère qui leur apporte ce qu’il leur manque, et elles hésitent souvent à transformer cette amitié qu’elles jugent stable, en une amourette sans lendemain qui pourrait la détruire.
        Celles qui ont vraiment un ou plusieurs amis se passent plus facilement d’un “petit ami”, du moins pour elles mêmes, peut être moins lorsque le regard des autres les préoccupe.
        - la mode, le martelage des médias, le “qu’en dira t’on” des copains, le désir d’être ce que l’on voudrait être sans se contenter de ce que l’on est, tout cela influe sur cet engouement de vivre un amour quel qu’il soit.
        Et l’image que nous donnent les médias ou également les adultes n’est pas celle du grand amour : celui là est sans histoire, il ne se remarque pas. Il ne fait pas sensation, donc il ne convient pas aux médias.
   
        Je crois donc que le grand amour peut arriver, qu’il est même possible très jeune, mais qu’il est très rare et qu’il a peu de chance de déboucher sur le long terme, et cela encore plus aujourd’hui qu’hier, car les médias et l’exemple des adultes d’aujourd’hui ne va pas dans ce sens et que le sexe a diminué la place des sentiments, surtout chez les garçons.
        A vrai dire je crois que la plupart d’entre vous se contentent facilement d’un(e) petit(e) ami(e et ne souhaitent le grand amour que comme un désir lointain, qu’ils ou elles espèrent pouvoir réaliser un jour, quand ils ou elles seront adultes et “installé(e)s dans la vie active”.

    Je peux vous donner un exemple de grand amour entre ados.
    Quand j’étais jeune j’ai connu deux adolescents de 14/15 ans qui habitaient deux maisons voisines et venaient ensemble, main dans la main, au lycée; assis l’un à coté de l’autre en classe, ils étudiaient ensemble chez eux devoirs et leçons, et venaient le dimanche faire du sport avec nous. Quand on ne savait pas faire un devoir, ou qu'on n'avait pas compris un cours, ils nous aidaient, complétant chacun les explications de l'autre.
    Ils passaient douze heure par jour ensemble et avaient acquit une ressemblance intellectuelle comme deux jumeaux.
    Nous ne savions pas s’ils s’aimaient, car on ne les a jamais vu s’embrasser. Parfois la jeune ado avait la tête sur l’épaule du garçon, alors qu’assis contre un mur, ils lisaient le même livre.
    Mais devant toute difficulté, ils faisaient front commun, comme un vrai couple et on les voyaient rarement l’un sans l’autre.
    Puis ils sont partis à Paris préparer les grandes écoles d’ingénieurs et nous les avons perdus de vue.
    J’ai su plus tard, alors que la mort les avait séparés, qu’ils avaient fait maints projets d’avenir, sur leur métier futur de chercheur, sur les enfants qu’ils auraient, la maison qu’ils habiteraient, les animaux qu’ils élèveraient. Bref leur bonheur à deux.
    Je pense que si le sort avait été plus clément, ils auraient pu vieillir ensemble.
    Je sais donc que l’amour peut exister entre deux jeunes, mais il faut qu’il soit très fort, très complet, très réciproque pour être durable et cela ne se construit que sur le long terme.
Par jazz le Lundi 9 mai 2011 à 12:01
bonjour Jean-pierre
oh mystère de l'amour à tous les ages, merveilleurs amours dont certains feront un très long chemins ensemble et moins bons pour d'autres qui se perdront en route.

te proposant de découvrir sur "jazz"les talents de musicien de l'acteur Hugh Laurie bien connu pour son role du dr House.

bien amicalement et A+ d' Emmanuel
Par Roni le Lundi 9 mai 2011 à 15:45
Wait an see

Pourquoi toujours chercher à catégoriser ? Pourquoi définir ?
Peut-importe que ce soit le grand amoure ou quoi, peut importe comment on l'appel. Dès lors que deux personnes sont bien ensemble, elles ne se posent pas la question de leur amoure ou non.
Il n'y a pas de date de péremption quand on rencontre quelqu'un. Donc les gens ados ou non sont ensemble par plaisir et on pourra parler de grand amoure ou non à la fin de l'histoire (si tenté qu'il y en ait une).
Un petit peut d'existentialisme ne fait pas de mal de temps en temps.

Au plaisir !
Roni
Par with-the-light-out le Dimanche 15 mai 2011 à 9:59
Ce qui m'ennuie, un peu, dans ton texte, c'est que tu parles "d'un amour" et "du grand amour" .. Certes c'est un peu la norme, de ne vouloir que d'un unique et tendre grand amour, à trouver au milieu d'amours plus petits et moins solides, pourtant je ne suis pas sûre qu'il y ait plus de valeur dans l'un ou l'autre.

Puis la réalité n'est pas un conte d'Andersen, nous le savons très jeune maintenant. J'ai eu des grands amours, des amours tendres, des béguins enflammés, des obsessions non partagées qui font crever de douleur, et je crois que l'âge dans les souffrances amoureuses, ne compte pas beaucoup. Plus vieux se sont les obligations qui finalement nous sauvent d'elles.
Ado, il y a tout ce mal, les hormones, un trouble que l'on connait tous. Les peines de coeur, si elles doivent être conclues sur un "ce n'est pas un grand amour" sont encore plus cruelles je crois, et c'est une conclusion finalement banale dans l'entourage adulte.
Nous sommes les seuls à connaitre la valeur de notre souffrance, il en va de même pour les sentiments. Si le coeur nous dit que c'était un grand amour, une de ces relations qui marquent et façonnent, croyons le. Mais de toute évidence, il y en aura d'autres. Sous d'autres formes, l'amour n'a pas besoin de normes.

Je me suis séparée vendredi du jeune homme dont j'étais, intimement persuadée qu'il serait le père de mes enfants, si jamais l'envie me prenait un jour. C'est fini, pour des raisons x, y, et peut être z si on voulait en trouver d'autres, mais je pense que ça restera une de mes plus jolies histoires.

Tu as dit dans l'article précédent je crois, "Mais il faut savoir qu’elle n’est que provisoire et il ne faut pas que l’un des deux s’engage trop loin, sous peine de souffrir ensuite." Pourtant si personne ne s'engage trop loin, il y a aussi un moment où l'amourette ne peut pas passer le cap de l'amour ? Je ne pense pas qu'il y ait de "grand amour" qui apparaisse seul, sans période d'amourette .. Et puis le risque de souffrir, il existe dans toutes les relations où la confiance rentre en jeu. Elle permet aussi de grandir, et d'apprendre, cette souffrance.

Bref, je suis une amoureuse convaincue, je crois, c'est un sentiment dont j'ai du mal à me passer. J'aimerais des fois.

Mon premier "vrai grand amour", tient Poulpy contre sa joue. Il sourit quand je le prends en photo alors qu'il aurait mille autres choses à faire. Nous avons rangé le costume du couple amoureux, pour d'autres histoires, il y a de ça un peu moins de deux ans maintenant je crois.

Désolée de m'être un peu emportée dans ta boite à commentaire, mais je trouvais tes deux articles un peu trop pessismistes. ( Hétéro-normé aussi un peu, mais peut être que je vois le mal partout en ce moment, donc je me tairais là dessus. :) )
Par invisible.evidence le Dimanche 15 mai 2011 à 20:19
Je ne suis pas dans le cas d'un amour de jeunesse, mais je suis dans le cas où je suis plus jeune que l'homme que j'aime. Il y a des moments tendus, et puis il y en a d'autre où il m'apporte les réponses aux questions que je me pose. On me dit que je l'aime parce que mon père me manque (c'est vrai, mon père me manque parce que je ne le vois que lorsque je rentre chez mes parents pendant les vacances). Mais ça n'a rien à voir. Parce qu'avant de découvrir que l'amour pouvait nous lier, nous avons mis au jour une belle amitié qui grandit chaque jour. Je n'ai jamais été aussi proche de quelqu'un. Quelques heures ensemble aujourd'hui et j'en découvre encore un peu plus sur lui, qui s'ouvre à moi en toute liberté, sans peur de jugement. Et c'est là que tout s'épanouit, l'amitié comme l'amour, sans ressentir le besoin d'exprimer d'attentes. J'en ai mais pas pour tout de suite, j'étudie d'abord, je dois obtenir mon diplôme dans un an, rembourser un prêt, commencer à travailler.
On a un projet : nous aimer.
J'en ai un, que je voudrais réaliser avec lui, pour lui surtout et un peu pour moi aussi, il faut bien le dire : avoir une moto de tourisme et aller en Inde, aller en Amérique Latine. Faire le tour du monde avec lui.
Par bethina le Jeudi 21 juin 2012 à 2:39
Moi je pense que a l'age de 16 ans,l'enfant peut ressentir le vrai amour,et je sais que en realite l'amour n'a pas d'age
Par belles femmes russes le Lundi 1er octobre 2012 à 16:43
l'histoire de des adolescents est très belle, un peu triste aussi..
 

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