Vendredi 27 avril 2007 à 10:31

Scarification, suicide



         Dans l'article précédent j'ai évoqué les circonstances qui peuvent amener un(e) ado à se scarifier. Je voudris 'revenir sur la principale d'entre elles.

        La première motivation  de nombreux ados est de lancer une avertissement, un appel au secours à leur entourage. C'est vouloir avant tout attirer l'attention sur soi, sur sa peine que les autres ne voient pas ou ignorent volontairement.
        C'est en quelque sorte un moyen de s'exprimer lorsque personne ne vous entend.

        Plutôt que vous faire un grand discours, je préfère vous citer un témoignage
 d'une de mes correspondantes, adolescente qui m'a autorisé à publier son texte, qu'elle écrivait pour aider tous ceux qui se scarifient :.

  "....Je ne vous connais pas, et vous ne me connaissez pas.
      Aujourd'hui, j'en aurais besoin. Mais je puise les dernières parcelles de force qui survivent en moi pour m'en empêcher et j'espère vous aider à diminuer ou à arrêter en écrivant ceci, autant pour vous que pour moi.

      Qui suis-je?
      Personne en fait. Enfin, pour vous, je ne suis personne d'autre que quelqu'un comme vous, aussi mal et aussi seule, et munie d'un outil de communication de derniere ressource. J'ai envie de dire quelque chose sur ce que je vis depuis quelques années et je suis convaincue que je ne suis pas la seule à vouloir comprendre ce que je dis mais je ne trouve RIEN.

  Alors voici...

 L'automutilation n'est pas une maladie.
  L'automutilation n'est pas un acte positif.
  L'automutilation n'est pas quelque chose de constructif.
  L'automutilation n'est rien de justifié.

  Parfois j'en viens a me demander ce qui me pousse à faire cela, ce qui pourrait bien justifier le mal que je m'inflige et que j'inflige à ceux à qui je ne réussis pas à le cacher. Parfois, j'en viens a me demander pourquoi je blesse autant, sans raison apparente.

  MAIS IL Y A UNE RAISON.

  Parfois, j'en viens a me sentir tellement coupable de faire ça, sans pouvoir me justifier, que je DOIS continuer, que je DOIS me punir, que je DOIS me détruire et faire couler jusqu'à la dernière goutte de mon sang.

  MAIS IL Y A UNE RAISON.

  Je cesse de me le répéter, et je réussis tant bien que mal à m'empêcher d'agir et à me calmer.

  J'AI BESOIN DE M'EXPRIMER !!!!!!!!!

  ...et c'est le seul moyen que j'ai trouvè.

  J'ai besoin simplement de me débarasser de l'angoisse qui vit au fond de moi. J'ai besoin de me vider. J'ai besoin pouvoir respirer sans ressentir le poids de ma vie sur mes èpaules.

 Et le seul moyen que j'ai trouvé est de me couper.

  Qu'est-ce que ça me donne réellement?
  Je me sens bien, quelques minutes, et ensuite je dois ABSOLUMENT tout cacher.
  Et après, je me sens tellement coupable...............
  Après, je me sens nulle, inutile, nuisante....
  Mieux? Vraiment?
  Non...

  Seulement, quand j'ai vraiment besoin de m'exprimer, je le fais. Je ne me gêne pas. Ou enfin, ce qui reste de lucide en moi ne se gêne pas. Généralement, quand je le fais, il ne reste a peu près rien de lucide en moi. Il reste a peu près rien du contrôle de mon cerveau.
  Mais au moins, j'ai exprime quelque chose.
  Etait-ce vraiment nécessaire d'employer ce moyen?
  Je crois que oui.
  Je crois que rendu a un certain point, il est inutile de contrôler ses pulsions ou ses réflexes. Je crois que si je m'étais retenue, ça aurait été beaucoup plus grave qu'une petite étendue de peau coupée.
  Ce qui est grave, ce n'est pas le geste en tant que tel. Ce qui est grave, c'est d'avoir à le faire, c'est de ne plus pouvoir se contrôler.
  Ce qui est grave, c'est d'y avoir pensé une première fois.
  C'est la première erreur de toute personne qui s'automutile.
  La deuxieme est sans aucun doute d'avoir apprecié le geste et de ne pas résister a l'envie de recommencer.
  Et plus le temps passe sans résistance, plus il devient difficile de cesser.

  MAIS C'EST POSSIBLE !!!!!!!!!
  MAIS C'EST POSSIBLE !!!!!!!!!
  MAIS C'EST POSSIBLE !!!!!!!!!

  Depuis presque 3 mois, je n'ai rien fait. Ni couteau, ni ceinture, ni feu, ni RIEN.
  Je suis fière de moi, je suis encouragée.
  Chaque fois que j'y pense, je me repète que je ne dois pas briser mes efforts.
  Je sais que je ne suis pas "guérie". Je sais que tant que j'en aurai envie, je ne le serai pas.
  Mais je cherche de nouveaux moyens de m'exprimer.
  Je cherche comment vivre une vie saine, et sincèrement, sans me blesser, les méthodes semblent beaucoup plus évidentes.
  J'ai tellement perdu a cause de cela. J'ai tellement détruit. J'ai brisé des amities de longue date, j'ai perdu mes convictions et mes espérances.

  L'automutilation me détruisait beaucoup plus que seulement la peau...
  Je me sens deja beaucoup mieux, juste d'avoir écrit ceci.
  Je me suis exprimée.
  J'espère vous avoir aidé aussi mais je ne m'en demande pas tant..."

        Et je peux vous rassurer, cette jeune a remonté la pente et s'en est sortie finalement.

   

















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