Samedi 23 février 2008 à 18:38

Relations avec nos parents, famille





    Il y a, dans ma famille, des professeurs et des instituteurs, et évidemment le procès de ce professeur qui a donné une claque à un jeune qui l'insultait, a provoqué quelques discussions.

        J'ai beau avoir une âme de grand père qui aime ses petits enfants et qui a même de l'affection pour celles de ses guenons qu'il considère comme ses “petites filles virtuelless”, j'ai parfois dans le domaine de l'education l'imprssion d'être un peu “cromagnon”.
        Alors j'aimerais l'avis de vous les jeunes.
        Une claque méritée, est ce si grave ?
    J'en ai reçu quelques unes étant gosse, que je n'avais pas volées et j'en serais plutôt reconnaissant à mes parents qui m'ont éduqué le mieux quils ont pu.

        Bien sûr il ne s'agit pas d'enfants battus. Cela c'est anormal et inqualifiable. J'en ai connus aussi; j'ai même aidé certains d'entre eux à lutter contre ce traitement inepte et cruel.
    Je pense que les parents les aimaient certes quand même, mais mal et que leur méthode d'éducation était mauvaise. Certains même, étaient violents au point que leur manque de maîtrise de soi était à mon avis maladive.

        Je ne pense pas que la claque ou la fessée soit un bon moyen d'éducation.
        Il me semble que cela arrive lorsque l'on est excédé, lorsque le jeune a dépassé les bornes et qu'on ne s'y attendait pas. C'est une réaction justifiée, mais qui prouve cependant que l'on n'a pas su rester calme, se maîtriser suffisamment vite, et on le regrette d'ailleurs ensuite, même si on ne le dit pas - Je le sais, cela m'est arrivé parfois avec mes enfants, mais cela ne m'arrive plus avec mes petits enfants et ce n'est pas qu'ils soient plus sages !
        Donc la claque il vaut mieux l'éviter, mais cela pose le problème de la “sanction”.

        Pour moi, bien que les parents croient avoir fait leur devoir d'éducateur, je considère qu'ils sont aujourd'hui d'un laxisme étonnant. La punition est aujourd'hui ce que les parents craignent le plus.
        Certes toute autorité n'est pas répressive : il faut prévenir plutôt que punir, il faut expliquer et convaincre avant tout, mais je pense que l'on ne parvient pas toujours à le faire et qu' il n'y a pas d'éducation sans recours aux sanctions. Il ne faut pas tomber dans l'excès inverse de croire que toute autorité est répressive et que en conséquence il vaut mieux ne pas faire preuve d'autorité. En fait on renonce ainsi à éduquer.

     Le psychiâtre Claude Halmas écrit
“ ...Un enfant ne naît pas humanisé, il faut qu'il le devienne. C'est l'éducation qui va le tirer du côté de l'humain en le sortant de son principe de plaisir - « je veux tout tout de suite » - et de son illusion de toute-puissance - « je suis le roi du monde ». C'est l'éducation qui va l'amener à tenir compte de l'autre. C'est de renoncement en renoncement qu'il va se civiliser.
Et c'est là que l'autorité intervient. Le travail des parents sera de lui mettre des barrières et de lui faire comprendre que celles-ci sont infranchissables. Infranchissables, au risque d'une punitîon...
L'autorité parentale n'a de sens que si elle inclut la sanction. Quand une chose est interdite, il faut l'expliquer à l'enfant. S'il transgresse, lui rappeler l'interdit. S'il continue, en toute connaissance de cause, le sanctionner. C'est le seul moyen pour lui de croire dans la parole des adultes, de comprendre que l'interdit posé est incontournable. Et c'est même rassurant pour lui....
La punition effraie les parents parce qu'ils n'arrivent pas à imaginer qu'elle puisse être autre chose qu'une violence faite à l'enfant. C'est au contraire en ne le punissant pas qu'on lui fait violence, car on hypothèque ses possibilités de compréhension de l'interdit. .”

        Je dis souvent que éduquer, le latin “educare” c'est conduire dehors : rendre l'enfant devenu adulte, capable de se débrouiller un jour tout seul hors de la protection du nid familial.
    Mais pour cela il faudra qu'il respecte les règles de la société, qu'il n'empiète pas sur la liberté du voisin s'il ne veut pas qu'on trouble la sienne. Comment le fera t'il, si on ne lui a pas appris.?   

        Pour moi, le père ou la mère qui n'aura pas d'autre réponse aux transgressions de son enfant que de lui donner des coups, sera un parent maltraitant, et c'est condamnable, mais celui qui, tout en respectant son enfant, a un jour cédé à l'énervement devant une attitude provocatrice et lui a donné une claque n'a pas commis un acte répréhensif.
         Ce n'est pas destructeur pour l'enfant, mais c'est même important pour sa construction,  pour son éducation. Cest le meilleur moyen de montrer qu'il y a des limites et de lui permettre d'appréhender ce qu'est un autre être humain, dont on ne fait pas tout ce qu'on veut et que l'on doit respecter.

        Je ne dis pas que la claque est une bonne chose, je dis simplement que c'est normal que les parents (voire les professeurs) aient un accès d'énervement et qu'ils n'ont pas à se sentir coupables de la colère qu'ils éprouvent. Je dirais même que la colère, parfois, est saine, à condition toutefois de savoir le maîtriser et de ne pas “péter les plombs”.
        La claque justifiée et exceptionnelle, pour moi ce n'est pas grave.

         Et me direz vous tu as eu des claques toi, étant enfant. Mais oui.
    Quand j'avais une dizaine d'années, Maman et la mère d'une de mes copines, Hélène, nous avaient emmenés à un enterrement et au cimetière. Nous nous embêtions, alors on regardait autour de nous et Hélène me montre une tombe sur laquelle il y avait écrit “ci git dans l'attente de la résurrection Zoé Nomdedieu”.
    On n'a pas idée d'avoir un nom pareil et à l'époque c'était un juron assez mal vu et en plus j'ai pensé à ma girafe rose en peluche qui s'appelait Zoé!  Alors bêtement j'éclate de rire au beau mileu du discours d'enterrement du curé. Clic, clac : une belle paire de gifles. Du coup c'est Hélène qui avait envie de rire, le chameau!.

Par welcometomymind le Samedi 23 février 2008 à 19:59
Je ne sais pas si je correspond encore avec mes 24 années à votre appel à destination des "jeunes" mais je pense que beaucoup d'enfant manquent de gifle de nos jours. Tout les jours dans le tram j'entends des enfans raconter à leur parent les betises qu'ils font, et les parents ne disent rien du tout ... c'est affligeant... Mais ce n'est qu'un exemple qui rejoind tout ce que vous dites parfaitement sur le laxisme.
Pour rester dans la généralité je pense que c'est complètement utopiste de s'imaginer qu'un jeune enfant puisse comprendre quoi que ce soit à un "non" ou à un discours rationnel. Ce n'est pas parce qu'on lui aura expliquer le pourquoi du comment de la morale de "il ne faut pas faire ça" qu'il ne le fera pas... au contraire ...
C'est partie intégrante du processus de formation psychique de l'enfant et donc de l'adulte en devenir de tester les limites de l'autorité jusqu'à ce qu'on le stop (et donc des parents) et je suis peut-être pessimiste au sujet de nos têtes blondes mais je ne les pense pas capable de comprendre (avant un certain âge) autre chose que la douleur physique (même si il ne faut pas lui faire de bleus tout de même!) ou la peur de celle-ci. Personnellement la seule menace de la giffle après en avoir connue une ou deux me calmait tout de suite de continuer dans mon défi de l'autorité...
Par maud96 le Lundi 25 février 2008 à 13:46
J'ai 18 ans, petite sœur "tardillon" de 2 frères que j'adore (mariés maintenant... et donc je suis "tata") Il y a eu une seule claque (dont je me souvienne !) dans ma famille : c'est un de mes frères qui avait "écopé" (à 11 ans) parce qu'il s'amusait à me faire hurler... Je ne sais pas si j'étais alors une petite sœur "impossible", mais cette claque a ensuite "calmé" les "ardeurs" de mes frangins, et on a été heureux ensemble... Je pense que ce qui compte dans une "claque", ce n'est pas la claque, mais le contexte...
Par angelynne le Jeudi 6 mars 2008 à 23:00
Peut-être que ce n'est pas toujours la solution...
Certais parents ne jurent que par la gifle, la fessée pour faire respecter leur autorité; d'autres sont horrifiés rien qu'à entendre ces mots. Question du trop et du pas assez. Il faudrait peut-être simplement trouver le juste équilibre...
Je pense que cela dépend du contexte et de l'enfant lui-même. Pour vivre en casi-permanence avec eux [(très) bas âge], je vois bien qu'il y a diffèrents caractères et réactions à une situation particulière. Et ils sont tout à fait capables de comprendre autre chose que la douleur physique ! Je dirai que c'est presque dangereux de penser le contraire puisqu'ils comprennent ce que l'on dit avant même de savoir parler ! Il faut donc savoir leur dire "non" très tôt et "correctement", le répéter, mais ne pas agir tout de suite. Je crois que l'enfant risque, au contraire, de ne pas saisir pourquoi il reçoit une gifle. Une explication préalable ne serait-elle pas mieux ?
Quant à l'histoire de la claque donnée à l'élève par le professeur, c'est un drôle de débat. Autrefois, c'était diffèrent. Mais actuellement, les profs n'ont pas le droit de toucher leur élèves, et eux n'ont pas à manquer de respect aux adultes, bien sûr. Encore une fois, les circonstances sont bien trop vagues pour établir un quelconque jugement fondé.
Sujet très intéressant en tout cas (et il y aurait tellement de choses à dire...)

[Merci. Ravie d'être de retour :)]
Par little-slug le Mardi 23 août 2011 à 0:35
Parfois quand je sors, je vois des enfants se comporter en petits diables, faisant des caprices pour un jouet, un bonbon, et parfois même pour des choses impossibles. Les parents laissent faire, ou se contentent de gronder un peu. Ce n'est pas spécialement la claque en elle-même qui manque parfois à notre époque, c'est l'autorité tout court. Les parents ont peur qu'après s'être mis en colère, après avoir puni ou même giflé, leurs enfants ne les aiment plus.

J'ai reçu quelques claques, souvent bien méritées je l'admet même si je n'étais pas une enfant à caprices ni à bêtises, et mon frère a du recevoir le double, et je pense que j'en suis reconnaissante à mes parents maintenant, lorsque je vois à quel points les autres enfants maintenant sont insupportables avec leurs parents trop laxistes, parents qui, une fois qu'ils oseront poser des limites, seront dans la tête des enfants trop "chiants", trop "sévères" etc... Alors oui, il y a des claques qui se perdent, mais surtout un bon coup d'autorité !
 

Ajouter un commentaire









Commentaire :








Votre adresse IP sera enregistrée pour des raisons de sécurité.
 

La discussion continue ailleurs...

Pour faire un rétrolien sur cet article :
http://lancien.cowblog.fr/trackback/2460680

 

<< Page précédente | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | Page suivante >>

lancien

sortir de la tristesse

Créer un podcast