Dimanche 15 mars 2015 à 8:41

Actualité

   Je relève sur un site gouvernemental du Ministère de l’Education Nationale, les graphiques suivants qui sont alarmants mais ne m’étonnent pas.

http://lancien.cowblog.fr/images/Images2-1/DPcollegeconstat1398538.jpg
    Depuis 10 ans, j’ai échangé avec des centaines de jeunes des dizaines de mails, et je vois l’orthographe et les capacités d’expression en français se détériorer de plus en plus.
    Souvent l’orthographe est catastrophique, des mots sont employés les un s pour les autres et la pensée n’est pas claire. On écrit comme on parle et on parle n’importe comment sans réfléchir.
    Les jeunes ne lisent plus : le résultat est là.
    J’ai souvent aidé des élèves du lycée en mathématiques, et j’ai souvent constaté que les bases élémentaires, qui auraient dues être apprises au collège, n’était pas sues ou étaient oubliées. Aucune formule n’était apprise par cœur, comme par exemple la racine d’une équation du second degré ou les identités remarquables.
    Quant à l’histoire, aussi bien celle de la fFrance que des autres pays, les leçons étaient aussi vite oubliées qu’apprises. Pourtant cela ne nécessite pas beaucoup d’intelligence : juste comprendre la signification d’une lecture.
Oui, mais on ne lit plus .

http://lancien.cowblog.fr/images/Images2-1/711350910899746.jpg
    Alors, notre jolie ministre Najat Vallaud-Belkacem souhaite réformer (une fois de plus), simultanément les programmes, les pratiques d'enseignement et l’organisation pédagogique, et « partir de ce qui marche déjà sur le terrain, libérer les capacités d’initiatives des enseignants et leur traduire cette confiance et ce soutien dans une nouvelle organisation plus responsabilisante et collective. »
    Certes, ce sont de belles intentions, et un bel objectif.
    Mais quels sont les faits suite à ces affirmations ?.

« Cet objectif doit  nous conduire à améliorer la façon de transmettre pour les professeurs et d’apprendre pour les élèves, en donnant aux équipes une marge de manœuvre de 20 % du temps d’enseignement, dans le respect des horaires disciplinaires. Ce temps dédié à un apprentissage différent des savoirs fondamentaux, par le travail en petits groupes, des enseignements pratiques interdisciplinaires ou un accompagnement individuel particulièrement renforcé en 6e, est au cœur de la nouvelle organisation du collège.
    Si cela permet de mieux accompagner les élèves et de leur faire rattraper leur retard, on ne peut qu’être d’accord, de même que tenir compte des capacités et des personnalités des élèves. Mais je ne vois pas comment on peut faire cela dans les temps impartis, sans supprimer d’autres enseignements. Lesquels, personne n’en dit mot.?
    Que ces apprentissages soient faits en petit groupes, ce serait efficace, mais comment le faire avec les effectifs actuels et sans augmenter le temps de travail des professeurs ?
    Faire des cours plus pratiques, avec davantage d’applications pour intéresser les élèves : cela fait longtemps que je dis cela, mais as t’on formé les profs à ces méthodes ?
    Et qu’est il prévu pour développer la mémoire des enfants ?

    Deux mesures me rendent perplexes :
        - enseigner une seconde langue en 5ème.
        - donner 1h30 de pause méridienne
    Certes la connaissance des langue est importante dans notre monde moderne, mais peut on étudier deux langues si on ne sait déjà pas manier le français. Il faudrait peut être d’abord enseigner la maîtrise de la nôtre !!
    Depuis 10 ans, on a baissé considérablement le nombre d’heure de cours et cela notamment en français et en maths. Ne faudrait il pas d’abord songer à faire davantage de cours dans ces matières ?
    Et surtout les exercices d’application pratiques à la maison sont devenus peu nombreux. Comment retenir un cours, si on ne sait pas à quoi il sert et si on ne sait pas s’en servir.
    Mais on a dégradé peu à peu l’image des métiers d’ouvrier, d’artisan, voire de techniciens, et faire faire des exercices, surtout s’ils ont un caractère pratique, c’est mal vu, c’est croire que l’on fait de l’enseignement professionnel !!
    Quant à la pause de mi-journée, je comprends que les enfants aient besoin d’une coupure, d’une détente, mais que feront ils pendant ce temps là. Autrefois certes on rentrait déjeuner chez soi, mais aujourd’hui les parents travaillent tous les deux et le repas à la maison n’est guère possible.
    Qui les surveillera, qui les empêchera de sortir du collège.?
    A quoi les occupera t’on?
    Et cela retardera d’autant l’heure de sortie du collège, considérée comme une contrainte.
       
    En fait c’est aussi le climat scolaire qu’il faudrait changer. Aujourd’hui, la mode est de ne rien faire. On méprise les bons élèves en les traitant « d’intellectuels ».
    Il faudrait arriver à persuader les jeunes d’un certain nombre de points :

        - On ne nait pas intelligent, on le devient. Certains ont seulement plus de potentiel et de rapidité d’apprentissage, et arrivent donc plus facilement à développer leurs intelligences, mais dans tous les cas cela demande beaucoup de travail. Sans apprentissage (donc éducation par nos parents et instruction par nos professeurs, puis expérience acquise dans notre métier au contact de nos anciens), et sans un gros travail, on reste d’un niveau intellectuel très bas.
        - On n’invente rien : on utilise les connaissances et l’expérience que l’on a , et la créativité consiste simplement à rapprocher de façon inhabituelle des notions que l’on a mémorisées. La capacité de mémorisation, c’est au moins la moitié de l’intelligence.
        - Les études servent à développer notre intelligence et à nous apprendre à travailler, en nous donnant des notions générales de base. Elles conditionnent donc notre métier futur et toute notre vie.
Ne pas travailler pendant ses études c’est prendre le gros risque de gâcher sa vie.
        - C’est en lisant que l’on apprend à comprendre la pensée d’autrui, mais aussi l’expression française, et l’orthographe. Notre vie est faite de communication et ce ne sont pas les SMS ni Twitter et Facebook, qui nous permettront d’échanger des pensées avec autrui. Tout au plus suffisent ils à donner des nouvelles  ou à dire des banalités, en général au ras des paquerettes.
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