Mercredi 12 août 2015 à 9:06

Biologie, santé.

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     Le journal télévisé a annoncé à grand renfort de trompettes, « un traitement efficace à 100% » contre le virus Ebola, il y a 15 jours, avant que la découverte d’un morceau d’aile d’avion ne détrône cette nouvelle sensationnelle.
    Qu’en est il réellement?

    Tout d’abord il faut être plus précis, ce n’est pas vraiment un traitement, mais un vaccin préventif qu’il faut utiliser dès qu’on risque d’être en contact avec la maladie, le temps d’incubation pendant lequel se développe le virus étant compris selon les individus et l’environnement, entre 2 et 21 jours. Le vaccin bloque la prolifération du virus, et donc empêche le développement de la maladie, si le virus ne s’est pas encore développé.
    Par contre son efficacité pour soigner la maladie déclarée sera faible.

    Deux vaccins ont été essayé lors de la récente épidémie : un vaccin développé par une firme anglaise, GSK, qui est en cours de test au Libéria, et un autre développé par Laboratoire national de microbiologie de l’Agence de santé publique du Canada, qui a été testé en Guinée sur plus de 7600 adultes, le VSV ZEBOV.
    C’est ce dernier dont les résultats sont encourageants.
    Ce vaccin expérimental pourrait prévenir la maladie à virus Ebola s'il est administré avant ou immédiatement après l'exposition au virus Ebola.
    Les russes poursuivent, de leur coté, le développement d’un troisième vaccin.

    Lorsqu'une personne reçoit un vaccin, son système immunitaire se met à produire des anticorps, qui agissent en repérant et en neutralisant des corps étrangers tels que des bactéries et des virus. De la même façon, lorsqu'il est administré, le vaccin VSV ZEBOV déclenche une réaction immunitaire contre le virus Ebola.
    Le vaccin ne renferme pas le virus Ebola vivant. Il n'y a donc aucun risque que les personnes qui se portent volontaire contractent le virus Ebola en participant aux essais.
    Il a été conçu à partir d'un virus animal appelé le virus de la stomatite vésiculaire (VSV)

    Ce virus de la stomatite vésiculaire peut infecter des animaux : chevaux, bovins, porcs, mais aussi des rongeurs et des sauterelles. Il est très peu fréquent en Europe. Il peut aussi contaminer l’homme, par contact direct avec des animaux infectés, ou indirect par le biais de la piqûre d’une mouche infectée, provoquant une forte fièvre, des symptômes de type grippal, et éventuellement la formation de vésicules sur les muqueuses de la bouche, des lèvres et du nez.
http://lancien.cowblog.fr/images/SanteBiologie-1/220pxImagevsv.png    Le virus VSV a une forme cylindrique, d’environ 70 nm de diamètre et 170 nm de longueur et possède un génome constitué d'un seul brin d’ARN. Il ressemble au virus de la rage.
    Cet ARN code la synthèse de cinq protéine, dont une « glycoprotéine G », qui se lie à la surface de la cellule hôte et fait fusionner les membranes cellulaires et virales, et permet ainsi la réplication de l’ARN du virus, dans le cytoplasme de la cellule infectée.
   
    Le virus EBOLA possède des protéines G analogues, qui le recouvrent. Le vaccin, grâce à sa protéine G du virus VSV, déclenche une réaction immunitaire contre le virus Ebola, qui inhibe ses protéine G et l’empêche de se lier à des cellules hôtes.
    La prolifération du virus est donc bloquée.

    L’Agence de santé publique du Canada a donné son vaccin VSV ZEBOV à l’Organisation Mondiale de la Santé et il est fabriqué par les firmes Merck et NewLink Genetics Corp. ont conclu un accord de licence mondial et exclusif dans lequel Merck assume la responsabilité de la recherche, de la mise au point, de la fabrication et de la distribution du vaccin expérimental.
    Des essais ont été effectués sur des personnes de services médicaux ou sur des volontaires de familles où venait d’être diagnostiqué une maladie Ebola, et les résultats comparés à de personnes qui, dans les mêmes conditions,  n’avait pas reçu le vaccin.
    Aucune personne vaccinée n’a développé la maladie, d’où l’efficacité 1ààù, fièrement annoncée par la télévision.
    On n’a décelé aucun effet secondaire.

    C’est effectivement un résultat très encourageant. Il pourra y avoir toujours des patients malades d’Ebola, mais, en vaccinant alors les personnels soignants et la population avoisinante, on pourrait juguler l’épidémie.
    Bien que, jusqu’à présent, le vaccin semble être efficace chez tous les sujets vaccinés, il faudra disposer de données plus concluantes pour savoir si le vaccin peut conférer une «immunité collective» à des populations entières.
    Le vaccin n’a été essayé que sur des adultes, et il faudra l’essayer sur des enfants, et confirmer tous les essais concernant les effets secondaires.
    La prochaine étape sera l'obtention d'une autorisation de mise sur le marché, et de l'aval de l'OMS pour sa recommandation. Le laboratoire se prépare d'ores et déjà à une fabrication de masse à destination de l'Afrique, en prévision de futures pandémies.
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