Jeudi 28 novembre 2013 à 8:02

Biologie, santé.

http://lancien.cowblog.fr/images/SanteBiologie-1/papillomaviruscancermagbanner.jpghttp://lancien.cowblog.fr/images/SanteBiologie-1/3285155f339983f7e9998b31a94f96f1b78f220bc2a3e74640x280.jpg










      Je râle toujours contre l’inconséquence des journalistes qui montent en épingle des cas relativement banaux, sous prétexte de faire du sensationnel et de l’audience, et induisent ainsi dans la population, des réflexes nocifs et tout à fait injustifiés. De plus ils veulent émettre leurs informations très vite et ne prennent même pas le temps d’étudier la question. C’est particulièrement dommageable en matière de santé publique.

    J’entends depuis quelques jours à la télévision, une campagne de dénigrement du vaccin contre le cancer du col de l’utérus, tout à fait injustifiée.

    Le cancer du col de l’utérus est une maladie qui entraîne la mort de nombreuses femmes. Les statistiques de ces dernières années sont impressionnantes et probablement au dessous de la vérité :
              - Près des deux tiers des femmes ayant une activité sexuelle sont en contact avec le virus, et 1 à 2% d'entre-elles contaminées par le virus vont développer un cancer du col de l’utérus.
              - 500 000 cas dans le monde et le tiers de mortels.
              - de l’ordre de 60 000 en Europe et environ 15 000 morts
              - 2810 cas en France en 2011, dont seulement u1/4 au delà de 64 ans et la moitié chez les personnes de 15 à 50 ans.

    Ce type de cancer a une particularité, c’est que le plus souvent, il n’est pas dû, comme les autres cancers à une mutation génétique au niveau des cellules, mais, il se développe sur une période de 5 à 15 ans, débutant par une infection du papilloma-virus humain (HPV), représentant le principal facteur de risque de ce cancer.
    Les facteurs de risques sont notamment les premiers rapports sexuels précoces, les partenaires multiples, une infection du ou des partenaires par le HPV ou autres infection sexuellement transmissibles et le tabac.
    La contamination s'effectue essentiellement lors de rapports sexuels non protégés. Le virus se transmet alors par simple contact avec la peau et les muqueuses et le taux de transmission d’une personne contaminée est très élevé : environ 80%.
    L'utilisation de préservatifs lors des rapports sexuels permet de limiter la transmission du virus mais ne permet pas une éviction complète de tout contact, car il est aussi présent au niveau des muqueuses génitales qui ne sont pas recouvertes par le préservatif.
    Jusqu’à présent, la prévention du cancer du col de l'utérus passait uniquement par le dépistage des lésions pré-cancéreuses et cancéreuses causées par le papillomavirus humain, grâce à un frottis qui, en prélevant des cellules du col, permet une analyse au microscope.

    Depuis juillet 2007, il existe un vaccin contre le cancer du col de l’utérus, destiné aux filles dès l'âge de 14 ans.
    Il existe en fait deux vaccins, l’un protège contre les 4 souches (6, 11, 16, et 18) responsables d’anomalies de la muqueuse (verrues appelées condylomes) et l’autre ne protège que contre les souches  16 et 18 , responsables des 3/4 des cancers du col de l’utérus.
    Actuellement il faut pratiquer 3 injections (2 et 6 mois après la première).
    En 2012, le Haut Conseil de Santé Publique a recommandé officiellement "que la vaccination contre le papillomavirus puisse être pratiquée entre les âges de 11 et 14 ans". Mais selon une étude de l'Institut de veille sanitaire, moins d’un tiers des jeunes filles sont vaccinées.
    Son objectif est une vaccination de 70% à 80 % des jeunes filles âgées de 14 ans avant leurs premiers rapports sexuels pour réduire de 70% le risque de cancer du col de l'utérus et de 90% les anomalies des muqueuses que provoque le virus.
    La vaccination est probablement inefficace si elle est réalisée chez une patiente ayant déjà été exposée au VPH et ne s'étant pas encore débarrassée de l’infection. C’est la raison pour laquelle il faut vacciner très tôt les adolescentes, et le vaccin est aussi proposé entre 15 et 23 ans, en principes sous réserve que les jeunes femmes n'aient pas eu plus d’un partenaire sexuel (cette condition me paraît idiote, car le partenaire homme peut avoir été contaminé avant, et de plus, cela m’étonnerait que l’on réponde sincèrement à cette question ! il faudrait faire un dépistage viral avant la vaccination).
    Aux États-Unis, les recommandations préconisent la vaccination de toute femme entre 11 et 26 ans

    Ce vaccin a été l'un des plus étudiés avant d'être mis sur le marché mais il est aussi le plus décrié, en raison de l’irresponsabilité des journalistes et des rumeurs sur internet.
    Son efficacité est souvent remise en cause, d’une part parce que les résultats ne sont vraiment apparent dans le monde réel qu’après les délais d’apparition de la maladie, supérieurs à 10 ans, et donc ne reposent jusqu’en 2030 que sur des études de laboratoire, et parce que beaucoup de jeunes filles ne vont pas jusqu'aux trois injections.
    Pourtant les études sont probantes, car elles mesurent le taux d’anticorps viral contenu dans le sang des personnes vaccinées.
    En ce qui concerne les effets secondaires, sur 4 millions de doses délivrées en France, une enquête de pharmacovigilance de l’Afssaps n’a décelé que que 1 672 cas d’effets indésirables, dont 352 cas graves depuis sa commercialisation jusqu’au 20 septembre 2011.
    Les effets les plus fréquents étaient fièvre, douleur au point d’injection, malaise, céphalées, urticaire
    Les journalistes font tout un cirque car actuellement une personne a déposé une plainte pour des vertiges et vomissements et une inflammation du système nerveux central, maladie autoimmune survenue après la vaccination, mais son état semble stabilisé depuis; deux autres patientes ont déposé plainte contre le laboratoire, en raison d’une maladie de peau qui se serait déclarée deux ans après la vaccination.
    Il est possible que ces effets très graves soient dûs à la vaccination, mais ce n’est pas certain et des études sont en cours.Dans le cas de la maladie aut-oimmune, il est très peu probable que le vaccin soit en cause.
    Certes ces cas sont regrettables, mais leur nombre est faible en regard des 1000 personnes au moins qui décèdent tous les ans d’un cancer du col de l’utérus.
    Le plus grand reproche qu’on puisse faire à ce vaccin est qu’il est très cher  : 405 € pour les trois injections, dont 65% sont remboursés par la sécurité sociale. Mais il reste donc hors de portée des personnes qui n’ont pas de mutuelle.
    Toutefois une étude récente américaine d’un chercheur de betesda semblerait montrer qu’une injection unique pourrait suffire

    Sceptique ou non, un point fait consensus : l'importance de pratiquer les frottis, un dépistage régulier qui permet à lui seul de dépister près de 90 % de cancers du col de l'utérus de façon suffisamment tôt pour qu'on puisse les soigner efficacement.
    Certes le principe de précaution est une bonne chose, mais l'appliquer à outrance à cause des velléités de notoriété des médias n'est pas raisonnable. Si l'on avait eu les mêmes pratiques du temps de Pasteur et de celui de Fleming, nous n'aurions aujourd'hui aucun vaccin et aucun antibiotique..
Par maud96 le Jeudi 28 novembre 2013 à 12:49
100% ok ! Encore plus que dans d'autres pays, les médias français me semblent en ce moment délirants... et c'est grave ! raccourcis, titres faux, enquêtes bâclées, aucun raisonnement de fond. Le culte du "sensationnel" ou du "buzz" fait des ravages...
Par Yggdrasil le Jeudi 28 novembre 2013 à 18:42
Les dires des journalistes me dépitent souvent, et ont tendance à me faire répugner de regarder le journal --' c'est malheureux.

Le pire dans cette histoire, c'est que s'il y a des gens pour se rendre compte qu'on les prend pour des idiots, une partie ne voit pas qu'ils ne disent que ce qui les arrangent ou qu'ils font des raccourcis pour faire du sensationnel. J'essaye d'avoir encore l'espoir de l'existence d'un esprit critique à peu près en chacun quand il s'agit d'écouter les informations...

Ça me rappelle également l'affaire des pilules de 3e et 4e génération, où ils affirmaient que le risque de phlébite et d'AVC était doublé par rapport aux 1ère et 2nde générations. Effectivement, le risque était doublé, mais il passait de 0,02% à 0,04% de cas, ce qui reste minime - la majorité des cas arrivant à des femmes fumeuses qui prenaient également la pilule ce qui est de base fortement déconseillé, et autres comportements à risque. Je me suis énervée devant la télé pendant tout le temps de cette polémique qu'ils ne précisent pas les vrais chiffres, sinon les vrais pourcentages, et qu'ainsi ils alimentent la psychose en ne faisant finalement pas leur travail.

Le pire c'est qu'on finit par donner la peur aux gens de pratiquer la vaccination, alors qu'elle a montré son efficacité depuis des décennies. La preuve, le refus de vacciner ou le manque de vigilance niveau respect des rappels des parents aujourd'hui fait qu'on voit des maladies disparues depuis longtemps revenir sur le devant de la scène. Ce n'est pas parce qu'on ne les contracte plus qu'elles n'existent plus, c'est parce qu'on est vacciné!

Bref, je pourrais continuer des heures ainsi x) mais je vais m'arrêter là. Pour répondre à votre question posée il y a quelques temps sur mon blog en commentaire - je ne passe plus que rarement sur cowblog, désolée donc du retard - je compte tenter l'agrégation d'histoire après mon M2 d'histoire si tout se passe bien ^^. Je m'accorde maximum deux années pour l'avoir, et si à l'issue je ne l'ai pas, j'essayerai de décrocher une thèse et de repasser l'agrégation en interne =).
 

Ajouter un commentaire









Commentaire :








Votre adresse IP sera enregistrée pour des raisons de sécurité.
 

La discussion continue ailleurs...

Pour faire un rétrolien sur cet article :
http://lancien.cowblog.fr/trackback/3256150

 

<< Page précédente | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | Page suivante >>

lancien

sortir de la tristesse

Créer un podcast