Vendredi 8 février 2013 à 8:45

Préférences cérébrales

            Je discute par mail avec des correspondant(e)s et je suis étonné du nombre de personnes pessimistes; je ne parle pas d'un pessimisme passager, mais d'une tendance vraiment ancrée dans leur personnalité.
 
            Certes c'est d'abord une préférence cérébrale innée : on est optimiste ou pessimiste et on peut décrire cela en 5 tendances principales :
 
                        - on a tendance à voir dans la vie les choses du bon coté (le verre à moitié plein) ou au contraire les choses sous l'angle défavorable (le verre à moitié vide).
                        - de ce fait on est face aux événements et à son entourage, soit plutôt serein, gai, soit au contraire, inquiet, soucieux, triste.
                        - l'optimiste face aux problèmes du passé en tire la leçon, puis ait tourner la page.
Le pessimiste a des remords de ce qu'il a mal fait et des regrets de ce qu'il n'a pas su faire.
                        - il en résulte que l'optimiste a une certaine confiance en lui, qui manque au pessimiste.
                        - enfin face à l'adversité et aux ennuis, l'optimiste arrive a remonter rapidement à la surface, alors que le pessimiste ne se remet que lentement et difficilement.
 
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            On ne sait pas à quoi est dû cette préférence cérébrale.
            Sans doute à l'importance plus ou moins grandes de certains neuromédiateurs chimiques, qui influent sur notre humeur, comme la sérotonine, ou sur le circuit de récompense, comme la dopamine.
            Sans doute aussi à des connexions plus ou moins fournies et rapides netre le cerveau émotionnel et le cortex frontal qui réfléchit.
            Peut être aussi à des configurations un peu différentes de notre mémoire.
 
            Mais en fait cette préférence, même si elle est innée, est fortement influencée par l'éducation et l'instruction. L'influence des parents dans l'enfance est forte, celle des problèmes qu'apporte la vie, notamment sociale aussi.
            L'optimisme et le pessimisme initiaux peuvent être ainsi fortement diminués ou accrus.
            Certes le pessimiste aura moins l'occasion de faire des erreurs, car il sera plus méfiant et aura détecté bien des risques, mais en définitive les erreurs qu'il fera cependant seront plus graves pour lui psychologiquement et en général les pessimistes sont moins heureux que les optimistes.
 
            Je disais que je trouve le nombre de pessimiste beaucoup plus grand aujourd'hui que lorsque j'étais jeune.
            Une des questions que je me pose : est ce que ce sont de vrais pessimistes, où est ce que les circonstances les rendent provisoirement optimistes.
            Pourtant quand j'étais jeune c'était la guerre, les dangers, les privations et la vie n'était pas rose.
            Est ce que l'éducation, la vie d'aujourd'hui pousse au pessimisme?
            Nous sommes à une période de grands changements techniques et dans nos habitudes de vie, un peu comme l' été la Renaissance après le Moyen Age, et qui devrait être pleine de promesses. Mais la Renaissance avait été ressentie par ses contemporains comme une période difficile, inquiétante, chaotique, incompréhensible.
 
            Une tendance que je constate c'est l'immobilisme de beaucoup de personnes, jeunes ou âgées, face à ce pessimisme. Cela me rappelle une phrase de Goethe, souvenir du lycée, "Le pessimisme condamne à être observateur et non acteur".
            Mais est ce étonnant ?
            On nous abreuve d'information malheureuses et inquiétantes à la télé et dans les médias : meurtres, accidents, attentats, guerre, chômage, risques pour notre santé.....
            Bien sûr i et normal de nous informer, mais pourquoi ne voit on que très rarement des situations bénéfiques, agréables. On nous dira que les "gens heureux n'ont pas d'histoire" et évidemment seul le sensationnel intéresse les médias.
            Un autre aspect est celui de l'incertitude qui règne et qui nous donne l'impression de n'avoir plus d'action sur les événements et sur l'avenir. C'est peut être ce sentiment de perte de contrôle pour nos capacités d'action qui perturbe notre équilibre émotionnel et nous empêche d'agir.
            Mes ancêtres et même moi quand j'étais jeune, vivions dans un univers au sein duquel on pouvait exercer un certain contrôle : on maîtrisait d'ou venait la nourriture et les produits fabriqués dans des usines en France; nous voyions à quoi aboutissait notre travail ; nous comprenions comment fonctionnaient les outils et techniques qui facilitaient le quotidien. Ce n'est plus notre cas. Même si la santé était pus précaire car la médecine moins performante, on avait confiance dans le médecin, comme dans l'instituteur ou le professeur, que l'on respectait pour leur savoir et leur dévouement.
            Aujourd'hui nous disposons de beaucoup plus de moyens, mais les professeurs ne nous apprennet plus que des connaissances théoriques et ne savent plus nous enseigner la maîtrise de ce qui nous entoure, le médecin est impersonnel et ne vient plus à domicile, mais reste au milieu de tous ses instruments électroniques, nous avons d'énormes moyens de communication, mais nous ne comprenons pas comment ils fonctionnent et nous ne les maîtrisons pas. Enfermés dans nos villes, nous ne voyons plus les paysans cultiver la terre (d'ailleurs de façon très automatisée) et nous ne savons plus d'où vient notre nourriture (d'ailleurs il vaut peut être mieux que nous ne voyions pas les batteries d'élevage de poulets !!).
            Quant aux produits industriels, certes ils sont moins chers, mais de moins en moins sont fabriqués en France et nous sommes totalement impuissants quant à leur qualité.
            Surtout le chômage grandissant, le manque d'humanité des entreprises, plonge les jeunes dans une crainte lancinante de ne pas trouver du travail et d'y être exploités
            Les limites tolérables d'incertitude, de complexité et de manque de contrôle ont peut-être été dépassés, ce qui nous incite au pessimisme.
 
            Nous devrions cependant garder un certain espoir.
            D'abord, l'intelligence de l'espèce humaine, capable de trouver des solutions, y compris aux problèmes qu'elle a elle-même créés !
            Ensuite, l'accélération des progrès scientifiques et techniques, les révolutions informatiques et biologiques.
            Le péril n'est peut-être pas si grand, même devant les catastrophes : " I'arbre qui tombe fait beaucoup plus de bruit que la forêt qui pousse" disait mon grand-père avec optimisme.
En général quand le danger grandit, les moyens d'y remédier et de sauver augmentent.
 
            Certes pour surmonter la crise ou nos problèmes personnels, nous devrons faire de nombreux efforts, mais le premier à faire c'est de retrouver notre optimisme pour augmenter notre motivation et notre désir d'action.
Par alyane le Vendredi 8 février 2013 à 11:34
Regarder les infos à la télé, ruine le moral, je préfére vivre en gardant un recul par rapport aux événements et dans ma bulle.
Par cumulus le Vendredi 8 février 2013 à 14:53
Oh ce n'est pas une rupture. C'est un amour à distance, on s'éloigne, on se retrouve, on repart à nouveau.. et du coup, si, ça dure, encore et encore. et parfois l'absence est épuisante, parfois on voudrait juste être près de celui qu'on aime, et c'est tout.
Merci d'être passé et de m'avoir lue. :)
Par coldtroll le Vendredi 8 février 2013 à 16:52
et pourquoi ça ne serait pas le pessimiste le plus rationnel, le plus objectif ?
c'est subjectif comme idée, tu dois être un indécrottable optimiste !
Par Shonnie le Vendredi 8 février 2013 à 20:57
Je comprends maintenant d'où vient l'intelligence de ton commentaire. Je suis épatée par les articles que tu fais !

Si tu as des articles sur les rêves, indiques les moi volontiers !

Et merci pour ton commentaire :)

Bisou
Par Renovatio le Samedi 9 février 2013 à 11:35
Je suis bien à droite et c'est bien ancré dans ma personnalité je pense…
 

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