Dimanche 27 octobre 2013 à 8:51

Relations avec nos parents, famille

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       Mes articles sur l’adolescence (8 et 9 octobre), m’ont valu quelques mails, surtout de parent, qui n’ont pas apprécié que je dise que la crise de l’adolescence était moins répandue que l’on ne pensait et était souvent une inadaptation des parents à l’évolution actuelle de la société. Ils ne m’ont pas fait changer d’avis cependant et je vais essayer de répondre à certaines de leurs remarques.

    Je ne pense pas que la plupart des enfants d’aujourd’hui ne respectent plus leurs parents et l’autorité, par rapport au passé. Cette réflexion, on la retrouve à toutes les époques, même dans l’antiquité (voir des écrits célèbres de Socrate à ce sujet), et je connais par ailleurs de nombreux jeunes qui respectent leurs parents et acceptent une discipline bien comprise (et donc expliquée au préalable).
    Par contre peut être que le nombre de parents qui ne savent pas inculquer ce respect à leurs rejetons a augmenté. Le comportement de certains enfants dans les magasins, sans que leurs parents réagissent, me semble conforter cette idée.
    Les parents pensent souvent également que les jeunes ne respectent plus frustrations et règles qui limitent leur liberté.
    C’est sûrement vrai pour certains, mais c’est parce qu’on ne les a pas habitués très jeunes, à respecter ces règles.
    Mais beaucoup de parents satisfont tous leurs caprices, de peur d’être mal aimés par leurs enfants. Ils passent leur temps à leur trouver des occupations et à en changer dès quelle n’a plus les attraits de la nouveauté. Il vaudrait mieux les laisser s’ennuyer un peu et s’inventer des occupations. Par contre orienter leurs lectures, leur choix de vidéo et de télé, et surtout leurs jeux d’ordinateur, serait sûrement bénéfique, car nombre de ces distractions incitent malheureusement à un non respect des règles et des autres hommes, voire même explicitement des femmes.
    Mais je connais beaucoup de jeunes qui ont des valeurs saines de justice notamment sociale et de solidarité, et qui se préoccupent de la défense de l’environnement.
   
    Vous reprochez aux ados de ne penser qu’aux occupations multimédia (télévision téléphone, internet et jeux vidéo), de ne pas faire grand chose en classe, et de rester peu matures pendant longtemps.
    Je suis du même avis que vous quand je regarde le comportement de beaucoup d’ados; mais je me demande pourquoi sont ils ainsi ?
    Leur désintérêt pour le travail de classe est, je pense, davantage dû aux programmes actuels, au manque de formation pédagogique des professeurs, et au manque de surveillance et d’autorité des parents vis à vis du travail demandé par une bonne instruction. J’en ai parlé dans mon article d’hier.
    Les jeunes vivent dans un environnement numérique que nous avons mis en place, et que nous utilisons nous mêmes (bien ou mal ?). Un enfant qui n’utiliserait pas un ordinateur, internet et qui n’irait pas sur les réseaux sociaux ou ne téléphonerait pas, serait anormal.
    Par contre c’est à nous de leur apprendre à limiter cet emploi, à leur en signaler les dangers, à canaliser leur énergie pour qu’elle soit plus utile.
    D’ailleurs les autorités ont aussi leur responsabilité, de même que les journalistes : les jeunes entendent tout le temps parler de loisirs, de vacances, de RTT, de retraite; alors comment prendre au sérieux le travail dans cet environnement.
    D’autant plus qu’on licencie ceux qui semblent travailler le plus.
    C’est sans doute cet environnement de dévalorisation du travail et de distractions peu formatrices et un peu illusoires qui fait que les jeunes restent immatures pendant plus longtemps.
    Mais paradoxalement beaucoup de parents traitent leur enfant comme s’il était un ado, et leur ado comme s’il était un adulte. Alors pourquoi voulez vous qu’il évoluent et se rendent compte que le chemin est encore long avant d’atteindre ce stade.

    Vous dites que les ados manquent de courage et d’attention parce qu’ils sont très préoccupés de leur avenir, et pensent que, même s’il font des études, ils ne trouveront pas de travail.
    J’avoue avoir rarement constaté cela chz les jeunes avec lesquels je correspond, du moins tant qu’ils sont au lycée.
    Je pense que c’est là plutôt une préoccupation des parents pour l’avenir de leurs enfants. Les ados sont insouciants par nature et ne réfléchissent que rarement aux conséquences de leurs actes. C’est pour cela qu’il faut les guider.
    Il constatent effectivement le chômage, mais pensent que cela passera d’ici à ce qu’ils soient adultes.
    Et malheureusement leur parler d’avenir a peu d’influence sur eux : ce n’est pas en parlant de cancer à un ado qu’on le dissuade de fumer, et m^me s’il connait les danger de conduire après avoir bu de l’alcool ou fumé du cannabis, cela n’empêche pas que les accidents de la route soient la première cause de mortalité des jeunes.

    Certains parents me disent qu’ils ont peur de ne pas compter pour leurs enfants, que ceux ci ne les aiment plus et préfèrent leurs copains.
    Je pense qu’il y a là un malentendu.
    D’abord l’adolescence est une période de début d’émancipation, de formation d’une personnalité propre pour l’enfant. Il est donc normal qu’il s’éloigne des parents et commence une vie sociale, donc avec des copains. Mais les parents, pris par leur travail s’occupent ils assez de lui, autrement que pour lui assurer le vivre et le couvert et des activités ludiques?
    Je constate au contraire que les parents comptent beaucoup pour les enfants et qu’ils souffrent énormément des dissensions familiales et des divorces. Mais ils ont moins tendance à prendre leurs parents pour modèles et sont plus influencés par le comportement de leurs camarades et ont l’esprit beaucoup plus moutonnier.
    Cependant j’ai vu le grand désarroi de jeunes dont l’un des parents avait de gros défauts et ne se conduisait pas correctement. Les parents restent malgré tout une référence.

    Vous me dites aussi que je nie la «crise de l’adolescence». Tout dépend ce que l’on entend par là.
    Il y a une crise pour tout jeune, mais je l’appellerai plutôt «la crise de la puberté», car l’ado subit alors de grands bouleversements physiques et psychiques. Mais la plupart surmontent cette période sans trop de problèmes.
    Il y a crise de l’adolescence pour certains, qui alors s’en sortent moins bien que leurs camarades, et certains peuvent faire les pires bêtises, compromettre leur avenir, voire devenir délinquants.
    Mais l’adolescence a bon dos, de même que c’est trop facile de dire que c’est la société qui est responsable. Certes c’est en partie vrai, mais la cause principale, c’est en général le laxisme et l’éducation insuffisante des parents, éducation qui doit commencer dès la première année de la vie d’un enfant.
    La plupart des «mauvaises habitudes» sont acquises avant 8 ans, donc avant l’adolescence, qui ne fait que les exacerber.
    Presque tous les parents essaient de faire pour le mieux, mais certains ne sont vraiment pas doués, notamment pour la communication et les méthodes d’apprentissage.
Par kaa le Mardi 29 octobre 2013 à 13:14
La fameuse crise d'adolescence n'a-t-elle pas toujours existé ? Tout mettre sur le dos de la société est parfois un peu facile. Alors parents, un peu de patience et de compréhension ...
 

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